CHAPITRE VIII
DLS SKiNLS LOLUMS AL DLMiNoSTIC LAR l'eXAMEN Dr SAXo
Los signes fournis au diagnostic par Lexamen du sang, sont tirés de b vonlcnr de ce liquide; de sa componilion chimique ; du nombre de ses 'jhi- Indes Uhxncs et rouges; de la ijiuintité dltèmoijlobine par globule ;de> produits élraut/ersy parasites ou autrcis, qui peuvent s'y rencontrer.
1. Couleur du suuy. — La couleur du saug peut s'apprécier d'une façon très incomplète par la coloration des téguments et à travers le tissu de la peau. Mais si ce moyen suflit pour la clini(|ue, il est fort imparfait. S'il donne une vague indication sur la diminution des globules, dans ranemie el la chlorose, sur l'augmentation des globules blancs, ou sur la preseiuv de la bile dans le sérum ; il a le défaut de manquer de précision. Le procédé scientifique em|)loyé pour apprécier la couleur du sang, est le co/"rimilre, dont jai parlé précédemmenL Alais les résultats fournis jusqu'à ce jour |)ar celle élude de la matière colorante rouge des globules, ou hémoglobine, ne sont pas assez nets, pour qu'on en puisse tirer une indication certaine de diagnostic.
Le sang est rouge chez les sujets pléthoriques, dont la peau du visage
SIGNES FOURNIS PAH l'eXAMEN DU SANG. 43t
présente un aspect rosé caractéristique. — Il est rouge, livide, dans la fièvre typhoïde, là où les pommettes sont colorées en rouge tirant sur la teinte yiolette, et où le sang des épistaxis est très brun. — Il est brunâtre chez les individus fatigués, dont le teint est terreux. — Il est bistre, couleur sépia, chez certains sujets affectés de septicémie diphthéritique. — Il est noirfttre chez les sujets dont le sang circule mal, par suite d'un obstacle à rhématose, causé par une maladie organique du cœur et des gros vaisseaux, ou bien lorsque le larynx est fermé pai* un oedème aigu delà glotte^ par les fausses membranes du croup ou par tout autre corps étranger. — il est presque noir dans la cyanose cardiaque congénitale, dans Taspbyxie du choléra, et dans Taspbyxie du protoxyde d'azote.
11 est jaunâtre dans les obstructions passagères ou permanentes des conduits biliaires ou du canal cholédoque, par suite de la présence des matières colorantes de la bile dans le sérum sanguin.
Il est pâle et tache le linge en rose, avec auréole claire au pourtour,, dans la chlorose et Tanémie, lorsque l'hémoglobine a diminué, et que la proportion d'eau relativement aux globules a augmenté; dans la leucémie aiguë ou chronique, lorsque la proportion des globules blancs sur les rouges est au*dessus de Tétat normal.
11 est blanc laiteux, chyleux, dans la digestion, mais seulement dans les vaisseaux portes.
Il est écumeux iiitilant lorsqu'il sort subitement des bronches à la suite d'une hémoptysie ; mais il devient brun noirâtre s'il a séjourné quelqu e temps dans la poitrine.
Il est noirâtre, liquide, mêlé de détritus alimentaires, s'il vient de Testomac atteint d'ulcère simple ou cancéreux ; mais, s'il séjourne dans ce viscère, il est rendu dénaturé, en partie digéré par le suc gastrique, et son aspect ressemble à de la terre, à de la suie, ou à du marc de café délayé dans l'eau.
II. Analyse chimique et spectrale. — L'analyse chimique^ très imparfaite, du sang, publiée par Dumas, Lecanu, Andral, Becquerel, Rodier, etc., a cependant éclairé d'une façon remarquable le diagnostic et la pathogénie de certaines maladies. — C'est en étudiant certains éléments du sang, par leur poids sur 1000 parties, que l'on a vu que la fibrine, les globules i-ouges, le fer, l'eau augmentaient ou diminuaient d'une façon instructive pour le diagnostic. ()n a ainsi découvert que l'augmentation de la fibrine au-dessus de 3 millièmes et allant jusqu'à 9 et il était le signe d*une phlegmasie aiguë, rhumatisme articulaire ou pneumonie franche; que sa dimi nution ou son défaut de cohésion était le caractère des pyrexies et de toutes les fièvres graves. — Sans doute ces analyses ne sont pas à l'abri de tout reproche, et les chimistes de notre temps semblent les dédaigner, mais, telles qu'elles sont, elles servent de base au diagnostic de deux grandes classes de maladies, les fièvres et les inflammations. iviS(\u*k ce qu'on ait démontré leur fausseté absolue, ces analyses resteront comme un bit clinique des plus importants.
432 TROUBLES DE L'aPPAREIL CIUCULATOIRE.
CVsl à l'analyse chimique (ju'on doit aussi la connaissance de l'augmentation d'eau sans diminution d'albumine caraclérisanl la chlorose, el d«- Taugmentation d eau et d'albumine, caractérisant l'anémie des hénjorrhagies et des hydropisies. Il y a là un diagnostic anatomique d'une réelle importance.
Des laits analogues résultent de l'analyse quantitative des ^lohult^s rouges, et le diagnostic anatomique de la chlorose repose sur ce fuit, que le cliiiïre normal de 127 millièmes s'abaisse dans la chlorose, et tombe a 100 à 80 et même au-dessous, ce qui est en rapport avec toutes les autres recherches faites sur les globules par une numération plus précise.
Quant à V analyse sprctralOy elle n'a servi jusqu'alors qu'au diagnostic de l'asphyxie par l'oxyde de carbone. On sait, en elïet, par les recherches de Cl. Bernard, que dans cette asphyxie, l'oxyde de carbone déplace Toxyg^ène des globules rouges et se (ixe sur eux. Or, le sang ainsi rempli de globules saturés d'oxyde de carbone, donne au spectroscope deux raies brunes caractéristiques, dont la représentation se trouve page 218, fig. 9i.
111. Nombre des globules. — Par une piqûre faite au doigt des malades et par les procédés de préparation ou de recherche microscopique indiqués plus haut pour la numération des globules rouges, des globules blancs et des hématoblastes, ou globulins, on arrive à éclairer le diagnostic de certaines maladies, d'une façon remarquable. — C'est là un procède facile à employer dans la clinique, et je m'en suis servi avec avantage pour le diagnostic de certaines alTections difliciles à reconnaître sans ce moyen. — (hi peut lui reprocher le défaut de précision, puisque celle numération des globules se fait par millimètre cube de sang, et que les erreurs sur un millimètre, multipliées par le nombre des millimètres cubes de la masse lotale du sang, donnent des chiflVes absolument mensongers el fanlasliques.Tel (|u'il esl cependant ce procédé a des apparences d'exactiluile auxquelles on se laisse prendre.
D'après de nombreuses recherches, le chiffre des globules rouges serait de r)(K)OO0() à peu près par millimètre cube, et celui des globules blancs de 7)01)0 environ. Mais cela varie du jour au lendemain, avant et après le repas, et même à la niéme heure dans des numérations faites par plusieurs observateurs.
La proportion des globules blancs aux globules rouges est de 1 pour tKK.> selon moi, de 1 sur lOGi pour llayem, de 1 sur 2000 pour Graucher. Comme on le voit ces chiffres sont bien variables.
Ouoi qu'il en soit, dans les cas d'anémie essentielle, d'anémie symptomatique, de diarrhée chronique, de diphthérite, etc., le nombre des globules rouges diminue et s'abaisse à 2 et 3 millions, — Dans ces cas, le diagnostic de l'anémie résulte de la constatation du fait de la diminution des nombres des globules rouges, et, si les globules blancs gardent leur chiffre norinal, il y a une j)roj)ortion de 1 sur 3 ou 400 qui est la caractéristique de l'état morbide.
En général, dans les études de diagnostic faites par la numération des
globules, on ne lient pas assez comple de la proportionnalité des globules blancs aux rouges.C'estlàJe crois, cependant un fait capital, qui renseigne absolument sur la crase sanguine, et sur Tissue probable des maladies.
La constatation du nombre absolu et du nombre proportionnel des globules, est aussi d'une grande importance pour le diagnostic et pour le pronostic. — Cette espèce de globules dont le nombre varie par millimètre cube entre 4000 et 5000, est dans la proportion de 1 sur 600 rouges, et de 1 sur i064 selon Hayem. — Leur augmentation proportionnelle est un si^nc de leucémie aiguë ou chronique, — Quand ils augmentent rapidement dans l'état aigu, c'est, comme je Tai démontré, un signe de septicémio grave, ce qui se voit dans X^iiphthérite infectieuse ^àxa^ l'infection parnlente et dans les suppurations aiguës. On les voit monter à 15 000» à 30000, et à plus de 60000 par millimètre cube, soit une proportion de 1 sur 50 sur 100 ou 150. — On peut consulter à ce sujet le mémoire que j'ai publié avec Dubrisay sur la leucocythémie diphthéritique.
Quand au contraire, la leucocythémie se produit lentement et reste en permanence, c*est qu1l existe une splénite chronique avec hypertrophie, une adénie généralisée, ou une hypertrophie chronique du foie. — C'est ce que Bcnnctt et Virchow ont appelé leucémie splénique, ganglionnaire ou hépatique.
IV. Quantité d'hémoglobine d'un seul globule. — Notre confrère Hayem a voulu estimer en chiffres le nombre des globules rouges d'après leur coloration et la quantité d'hémoglobine dans un seul globule. C'est la colorimétrie. Après avoir fait une échelle de dix teintes rouges décroissautes, depuis le rouge jusqu'à la teinte rosée, chacune correspondant à un nombre déterminé de globules rouges par millimètre cube, on a pensé servir le diagnostic en établissant une couleur d'une certaine quantité de sang, répondant à un chiffre déterminé de globules. Dans l'échelle, il suffisait de diviser le chiffre par le nombre des globules d'un millimètre cube, pour avoir la quantité doxyhémoglobine d'un seul globule. Ces recherches sont bien hypothétiques et trop peu précises encore, malgré les chiffres sur lesquels elles reposent, pour qu'on puisse les utiliser dans le diagnostic; mais, telles qu'elles sont, il était utile de les indiquer.
V. Corps étrangers du sang. — L étude du sang, tiré de la peau à l'aide d'une piqûre, fournit encore, au diagnostic des maladies, des signes importants sur leur nature ou sur leur gravité.
C'est en étudiant le sang des maladies infectieuses, virulentes et infecto^ontagieuses, qu'on y a découvert des spores, des bactéries et des bactéridies, qui expliquent la contagion ou l'épidémicité, et qui montrent la nature parasitaire de ces maladies. Chez les animaux, cette étude a dévoilé la nature du charbon, du choléra des poules, et de la rage. Chez l'homme, les études ne sont pas aussi avancées et aussi indiscutables : mais les spores découverts dans le sang de la lèpre par Cornil; les oscitlaircs signalés dans la fièvre intermittente par Laveran ; les microbes vus dans le sang des varioleux par Coze et Fellz, dans le sang de la fièvre typhoïde
B. — DUGNOSTIC. -S
.i3i TIJOIDLES HE l'aPPAHKIL CIHCULATOIRE.
^rave, d<* la lièvre puerpérale, et des maladies épideini(|ues ronlai:iêiist'> : les filaircs signalés par Chaussai, indi(|ueut (|ue le diairiiostic ne saurait être sérieux, si l'on s'abstenait de faire l'étude microscopique du saiiiC. — On a pu, chez l'homme, établir d'une façon incontestable que la Imct'ricmii\ c'est-à-dire le fait des microbes constatés dans le sanir cl daij> les organes des sujets atteints de maladi<»s conla^'ieuses, était rurii:iii'' réelle de ces maladies, parce (piil nous est interdit de fiiire des inoculations démonstratives à l'Iiomme. Mais l'analoixie (jui résulte de ce cj;u- Davaine et l^asteur ont exécute si habilement chez les animaux, piouve qu'il en est de méine dans Tun et dans l'autre cas. Tont<,*ft)is, si le fait p».*ut être adnïis par des esprits sérieux, il n'est que probable et n'a pas hmii <]♦■ véritable démonstration scientili(|ue.
C'est aussi l'étude du saniJ^ (|ui, en révélant la présence du ///vrri\^Mlaii> ce li(|uide, a permis de rapprocher ce fait de la présence du glycose ilaii> la sécrétion uiinaire, et nous a conduit au diairnostic de la nature do la ijUlcosurie.
Il en est de même pour le diagnostic de Yuréui'n\ que pl^^iot^r^ médecins font reposer sur la connaissanc(uleraui:menlation de pro[>orlioii Auvée dans le sanir. l'ne iois ce fait établi, tous les accidents convnUit-N, d^spnéique^ et paial} ti(|ues ont trouve leur explicalion, et le diai:iii>>lii" de ces accidents si friaves est devenu possible. Malheureusement, la (|ue>lion n'est pas encore aussi neltement tranchée (ju'on le dit, car !•♦> expériences faites par le> injections d'uree dans le saiii: ne prouv4'nt pa> (|ue Tarémie soit nécessairement accompaLin»'»» d'accidents convulsifs.
On a encore >if:nale dans le saiîL' comme |)oiivant »'lal)l.r le dia-:n(«>tic de certaines maladies, la présence de \'nri'h> uri'jur en i:rande proportion chez certains iroutleux d'où une maladie iieiierale nou\elle Vuricéfnii\^\t^c tous ses désordres de uiavelle, d'alVeetions cuîanées, d'athérome, de dep4»t> crétacés peria''liculaii't's. d'apoplexie, de.
L'étude du san^: p«Minel aussi le (iiai:iio>tic de la jnioJit'hi'u* et de la >epticemie, >i l'on \ trouve par l'anal} se de la sip^inc on au microscope un 1res irrand nombre de leucoc\llns.
(hi N Ir^Mise (juclquelnis do caillots airètes dans un vaisseau artériel t)n vciiKMix, inlerrv)nipanl la circnj.ition locale çt constituant <H' qu'on apprlir* des i'iiilh}hr>i^ dont les s\ nr)'i"»:nc>; v.irit'nt avec Tor^aiie occupé. Si t-os tVai:nienls de lilninc ou datluM'oine occiij)enl les arlèies du cerveau, Tartère pulni )nai:"('. It^>; arlei'.^s dos membres, il en résulte des troubles finn tionnels de ramoilisscnh-nl cérébral, d liémorrhairies du cerveau, de g^aiiiirène spontanée des meinbi«'>, (jue je n'ai pas à étudier ou à décrire ici.