SIGNES FOURNIS PAR LA CAPACITÉ THORACIQUE
Numérot.
Taille en cootimètros.
Volume d'air en centilitres.
Volume d'après Hutchinson on pouc» cubes.
ans.
En France, Hecbt (de Strasbourg) a obtenu les résultats suivants comme moyenne de 298 observations :
Taille
Volume d'air
Volume
en centimctros.
eu centilitres.
d'jiprè
3 Hutchinson
IGO
B. — DlAGNOSTiC.
ï^'l TivoiDLKS in-: i/appaueil respiratoire.
Tous ces cliiHVes concordenl, ou à peu près, avec ceux de llulcIiiiiNoiu qui sont l'expression moyenne de ^430 observations ; de sorle que la loi physioloj^ique établie par cet observateur parait être à Pabri de toute ccnilc>lalion sérieuse, l^llle a ét^^alemenl été conlirméc dans les expériences railt>a Lyon, par AniédéelJonnel, à l'aide du compteur spiromètre imaginé par lui
Ce résultai est d'autant plus curieux, (ju'il ne s'explique guère, et «ju»la dilTérence de taille des individus n'est pas le résultai d'une augmentaliuh proportitunielle de tous les os et de toutes les cavités osseuses du coip>. Klle est plus souvent le résultat d'une dillerence dans la longueur (!►> membres pelviens. Deux Iiommes cités par Ilulciiinson, ayant debout» lun r» pieds 9 pouces 0 lignes, et l'autre 4 pieds 0 pouces G lignes, avaient, lors- (pi'ils étaient assis, la même hauteur de tronc; cependant le premier avail une capacité de "loO pouces cubes, et le second n'en comptait que 151
La spiromcti'ie trouve son application dans le diagnostic des maladies «it^ poitiine, soit (ju'on rapporte la capacité du thorax à celle indiquée par la moyenne de lu taille, soit au contraire qu'on puisse la rapporter à la capacité du thorax prise chez la ménie personne dans l'état desanté. Hutchinsnn a rapporté le plus curieux de tous les exemples à cet égard. Tu coIo^maussi bien par la taille que par la santé, puisqu'il avait près de 7 pieds d'hauteur, avait une capacité respiratoire de 431 pouces cubes. Après doux ans d'une vie oisive et dissolue, sans signe de lésion thoracique, celltcapacité était tombée à 3'.i0, puis à 3:20. Un an plus tard, il succombait aux suites d'une luberculisation pulmonaire subaigui'.
Ce fait laisse pressentir l'utilité de Yo.cploraùon spiromètrique, et Ie> expériences de Schneevoogt et de llecht sont venues encore sur ce point, c (»uuue sur la partie ])hysiologi(|ue du travail, contrôler et conlirmer !»> rt'suilats publies par Ilutchinsou. D'aprcs cet auteur, un abaissement d** ir» pour I0() doit éveiller les soupçons ; au premier d<*gré de la phthisie il est de \)'^ \)o\\v 100, et il peut aller dans sa période extrême à DO pour iMô.
.Malheureusement il n'en est pas de ces derniers résultats conmie de> jiremiers ([ui reposent sur des milliers d'observations. Ils sont encun- I expression d'un nombre de faits assez restreint, et leur exactitude ne doit >eivir (ju'a donner l'éveil sur ce moyen d'ex[)loralion, afin d'en gé^iémliseï renij)loi dans les cliniques.
La siiirmiiririe peut donc aider au diagnostic de la première période d«' la plilhisie pulnionaire, sans iirejuiiice desaulresuioyensd'exploration. Ellr peiniet, en outre, de redresser de faux diagnostics, lorsque chez les maladç> alleoles de i-alarrhe pulmonaire chronique et considérés comme atteint^ do jdilhisie, on li\»uvera une capacité aérienne semblable à celle que comporte la taille des individus.
'["elle e>l dans son en>einble la portée pratique de la découverte d'IIiitiliinson, veriliee par llecht, ^chneevoo-'t et Bonnet, de Lyon. Si les diîlieultes d'applu-alion sont grandes en raison de l'apjîareil volumineux qu'il tant avoir, elles ne sont pas insurnmntahles ; et d'ailleurs la vraie scieiK'e ne compte pas avec les moyens qu'on lui donne, elle s'empare de ce qui
SIGNES FOUnMS PAR Lk CAPACITÉ THOIlAClQtE. 433
est bon et se contente de laisser à Toubli le soin de faire justice du reste. La spirométrie ne deviendra jamais une chose usuelle, mais elle peut rendre service^ et à ce titre le médecin doit connaître les résultats qu'il peut tirer de son emploi.
Voici ces résultats, résumés par Schneevoogt :
1* Le rapport de la capacité du thorax avec la stature est le plus important au point de vue pratique.
2* Pour les hommes, ce rapport est à peu près le suivant : un homme de la taille de l'^SO doit avoir une capacité thoracique de â%35 qui augmente de 52 centimètres cubes par chaque centimètre en plus de la taille indiquée. Pour une femme à stature égale, le chiffre n'est que 2 cen* tifflètres cubes et l'accroissement de 30 par centimètre.
3^ Un écart eu moins de 52 centimètres cubes ne permet pas encore de conclure à l'existence d une maladie pulmonaire.
i'* La spirfmélrie ne se substitue pas, mais s'ajoute aux autres méthodes physiques d'investigation.
5* Elle est d'un secours utile pour diagnostiquer les affections organiques du poumon à leur début, et devrait être employée par les conseils de revision, les sociétés d'assurance sur la vie, etc.
G"* Elle découvre la tuberculisation à une époque où aucun autre procédé de diagnostic ne la révèle.
T*" Elle assure le diagnostic de la phthisie confirmée, et elle sert à en mesurer l'étendue, la marche, le progrès ou lamélioration.
8' La spirométrie est sans usage dans la pneumonie et la pleurésie; elle peut rendre des services dans les cas de pleurésie et de pneumonie chroniques, d'empyème, d'œdème pulmonaire, d'hydrothorax, etc.
9^ Dans les laryngites et les bronchites, lorsque la diminution de la capacité thoracique est considérable, elle témoigne de la coïncidence d'une lésion du tissu pulmonaire.
10" Les affections du cœur exemptes de complications ne modifient pas la capacité aérienne du thorax.
i ^ Les déviations intenses du rachis la diminuent.
\î? Les tumeurs abdominales diminuent le volume d'air expiré; la grossesse parait faire exception à cette loi (100 observations).
13'' L'iniluence de la faiblesse générale est insignifiante.
ii"* La spirométrie rend un grand service quand elle dissipe la crainte d'une tuberculisation commençante.
D après les recherches de Bonnet (de Lyon) (1), on ne peut hésitera reconnaître un trouble grave dans les fonctions respiratoires et à présumer des lésions anatomiques, dès que le plus grand volume d'air que puisse rejeter un adulte en une seule expiration tombe à 2 litres, un litre et demi^ un litre et même à un demi-litre, comme on le voit dans des phthisies très avancées et dans les pneumonies doubles.
(1) Bonnet (de Lyon), Comptes rendus de V Académie des sciences, mai 1856.
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Mais il lie faut pas attendre du spiromètre des indications pius étendu^> que celles qu'il peut donner, des indications, par exemple, analoîrue> à celles que peut fournir le stéthoscope. La diminution de l'air expire, dai^ quehjue proportion qu'i»IIe ait lieu, ne peut renseigner ni sur le sièiie ni sur la nature des lésions pulmonaires. Elle fournit un renseiijnement pitcieux sur les changements qu'a subis la fonction respiratoire. L'emploi d'i spiromètre démontre que, dans toute lésion des voies respiratoires, U quantité d'air mise en circulation diminue, et que cette diminution juui être telle, (juc le maximum de l'air rejeté après une inspiration aiisn étendue que possible n'est que le (|uart et le cinquième de ce qu'il dt'vrail être à l'état nurmal.
Ce rpii diminue beaucoup la valeur de ce moyen, c'est la circonslancv suivante, à savoir que pour apprécier l'étendue de la diminution palholofri(|ue, il faut avoir mesuré la respiration du malade lorsqu'il se portait Lien, ou pouvoir déterminer à priori le nombre de litres ou de centilitie> d'air qu'il devrait expirer s'il jouissait d'une santé parfaite. Sans la connaissance du type normal, on ris(|ue de tomber dans dépraves erreurs.
Au reste, c'est une question encore à l'étude, sans qu'il soit possible de prévoir les services (|ue ce nouveau moyen d'exploration devra rendre à la science. Ceux(|ui voudraient faire quelques expériences trouveront un juii plus haut (i), dans le diaiznostic des maladies de l'appareil respiratoire, la description des dilTérents appareils employés et la manière de les utili>er.
A II Tl CLE V
SKi.NKS KOLUNIS AT DIAGNOSTIC PAR LES DIMENSIONS DE LA POlTFUNt
Il est très utile de rechercher la dimension dtî la poitrine dans s<'S rap- |)Orts avec l'état sain ou maladif des poumons, et dans celte recherche oi: arrive, d'une autre manière (|ue par la spirométrie d'IIulchinson, à \oir que le rétrécissement de la poitrine coïncide toujours avec une diinimitioii delà capacité thoraciipie, de sorte (lue le moindre volume d'air introduit dans les poumons et le i<'tivcissement simultané des deux côtés de la poitrim^ sont les signes certains d'inie nosori^anie pulmonaire. Ces faits sont dri.i connus depuis les travaux de llirtz(:2) etde\Voillez(3) àquinousempruntoii> les ligures 13:3 et LU destinées à montrer la courbe normale de la poitrine et les courbes thoraciques pendant la pleurésie; ils ont été l'objet de recherches conlirmalives nouvelles de la part de Henri Gintrac (i), et le^
(I) Vny. p. -H, art. Simrométuik.
{•!) Hiii/, Heclwrrhes chnitiues sur quebjues points du diatjtwslic de la phthisif pulmvnaiir. Ilièsc de Sirasljourjr, ISoO.
Cî) Woillez, Heclirnltcs prnti(jues sur l'inspection de la mensuration de la poitrine. Pans, 18:)S et liiclionndtrc de duujnnstic médical. ± édition. Paris, 1870.
(i) Henri GiiUrac, HecliercUes sur les dimensions de la poitrine dans leurs rapports avfc la luberaili'^atum pulniutuiire (iJuUclin de l'Académie de médecine, 23 sept. lÉkJi, l.XWM. p. I2i0).