SIGNES FOURNIS PAR LES DIMENSIONS DE LU POITRINE
moyenne. Voyons si cette appréciation est justiGée par les mesures données dans les cas déjà comparés.
> J'ai d'abord étudié l'espace intermammaire chez les individus dont les poumons n'offraient point d'altération; il s'est trouvé en moyenne :
• Chez les individus de 15 à 20 ans 19 centimètres.
— de 20 à 35 ans 20 —
— ayant plus de 35 ans 21 —
) Je l'ai ensuite examiné chez les phthisiques, aux différentes époques de la maladie ; il est en moyenne :
l** période. S* période.
• Chef les individus de 15 à 20 ans 18 centimètres. 17 centimètres.
de 20 à 35 ans 19 — 17 —
— ayant plus de 35 ans. 20 — 18 —
> Ainsi, dès le début de la phthisie, l'intervalle qui sépare les deux mamelons est moindre qu'à l'état normal ; il se rétrécit à mesure que la maladie fait des progrès. En effet, si l'on compare l'espace intermammaire des pbthisiques avec celui des individus qui jouissent d'une bonne santé, on constate chez les premiers une diminution d'étendue s'exprimant par les chiffres suivants :
l" période. 2* période.
» Individus de 15 à 20 ans 1 centimètre. 2 centimètres.
— de 20 à 35 ans 1 — 2 —
— ayant plus de 35 ans 1 — 3 —
» Je puis donc résumer ainsi les données fournies par les recherches dont je viens d'indiquer les principaux résultats :
> 1* La poitrine chez les phthisiques offre une circonférence moindre que chez les individus dont les poumons sont exempt de tubercules;
> 2^ Cette diminution dans la largeur de la poitrine, appréciable dès le début de la tuberculisation, augmente avec les progrès de la maladie. Elle peut atteindre à la deuxième période : 10 centimètres pour la circonférence supérieure, 8 pour la circonférence mammaire, et 6 pour l'inférieure ;
j 3* La circonférence supérieure du thorax présente, à très peu d'exceptions près, à toutes les périodes de l'affection tuberculeuse, une étendue plus grande que les circonférences mammaire et inférieure ;
A"" L'intervalle qui sépare les deux mamelons chez l'homme donne une idée exacte des dimensions du thorax. Il représente le quart de la circonférence mammaire. Chez l'adulte, il mesure 20 centimètres à l'état normal, 19 centimètres à la première période de la phthisie, 17 centimètres à la deuxième période ;
5* La mensuration de l'espace intermammaire mérite l'attention du praticien et doit entrer comme élément de diagnostic dans l'appréciation des dispositions à la phthisie pulmonaire.
(00 TRornLES nie l'appaueil respiratoiuk.
•> Comme roust'MjiKMico de mes observations, je crois nécessaire d'ajnul»: (|ue riui^iène et une •iymnasli(ine spéciale des organes respiraluin'<, ronsliluent des éléments essentiels dans le traitement prophylactinuiMi.* !a phtliisie pulmonaire. Le thorax sera dilaté par des elTorts gràdu'> d'inspiration, par des exercices des membres supérieurs dans lesqu«U l'abduction doit dominer. Vax un mot, il laut demander à l'acte niéni»^ df la respiration le remède contre une insuffisance de développement dont \f< poumons subissent la limeste inlluence. »
Des recherches du même ^^enrc ont été laites au point de vue du service militaire, pour les cas de réforme à demander. — On les doit à M. Aallin. Klies se résument ainsi (|u'il suit :
Tout honnne de :2I ans a une circonférence thoraci(jue, mesurée sur !• boni inférieur du grand pectoral, les bras étant abaissés, qui varie entiv 70 centimètres et XS. Au-dessous de 785 millimètres, il est suspect t-t pn»bablenKMit atteint de maladie de poitrine.
AirnCKK VI
SKiNES lOLIlMS AU DIAr.NOSTIC PAU l.KS QrALlTKS DE l.'Aia EXPIRÉ
Avant de faire connaître les sii^nes physiques fournis par les bruits de Tappareil l'espiratoire, et que l'onccmstale à l'aide de l'auscultation, je vais dire un mot des nMiseignements qu(^ Ton peut tirer de Tappreciation des qualités de l'air à la sortie du poumon. Cette appréciation doit porter sur trois points [)rincipaux : To^/tv/r d'abord, la li'nijtênitnre el la cottii'Osi lion chimiqffc.
I '. - Oileiir tic rnir expire.
L'odeur de l'air (^x|)iré n'est pas toujours aussi caractéristique quVIlr' semblerait devoir létre au premier tibord. Dans certaines affeclic^ns. i'haleine prend une odeur particulière (jui est la même dans un assez ::rand nombre de maladies fébriles et que Ton pourrait désigner sous It* nom d'aigrelette; elle est |)lus franchement acide dans quelques maladif'^ de l'estomac. Cependant elle n'est, dans ce cas, jamais palhognomonique d'un état morbide toujours le niéme. Là où elle a une signification absolu»* <'t certaine, c'est thaïs Ir diahHc. — Les malades ont une haleine fad»* de gl\cose fermenté caractéristi(|ue, (jui à elle seule permet de faire le dia- ::nostic de la maladi(\
Dans les alVections à caractère lyj)hoïde, telles que la lièvre typhoïde, la variole conlluente, les pneumonies adynami(|ues, cette odeur est plu> fade, nausé»Mise, im|)ossible à délinii', mais aussi impossible à otiblier lorsqu't)n l'a respiree une fois.
Tne autre maladii» où l'odeur de l'air ex|)iré est un élément de diagnostic assez certain pour j)ermettre tout d'abord de reconnaître Tétat raorbido, r'est dans la gamjrcKr du iionmon. L'haleine apporte alors avec *!!♦*
SIGNES FOURNIS PAR LES QUALITÉS DE L'AIR EXPIRÉ. iOl
une odeur de gangrène absolument semblable à celle qui s'exhale d'une plaie en proie à la gangrène humide,odeur tellement infecte, qu'elle absorbe toutes les autres et qu'elle rend insupportable le séjour dans la chambre des personnes qui soignent le malade.
Le ptyaliêine mercuriel s'accompagne également d'une Tétidité particulière de l'haleine, comme aussi la stomatite ulcéro-membraneu^e, certaines angines gangreneuses, les maladies scorbutiques des gencives, mais il suffit de regarder dans la bouche pour savoir d'où provient l'odeur ; de même dans Vozène; mais là encore la source de l'odeur est facile à découvrir, ces nuances ne peuvent être définies, et c'est l'observation seule unie à une expérience longtemps et souvent répétée qui peuvent parvenir à les faire reconnaître.
Enfin, il est des sujets ayant de mauvaises dents, qui ont naturellement une odeur fétide de l'haleine, que l'on serait fort embarrassé de rapporter à une autre cause, car ils paraissent jouir d'un élat de santé parfait. Cette circonstance doit être prise en considération lorsque ces individus sont pris de maladies sérieuses; il est évident que ce serait commettre une erreur grossière que de mettre sur le compte de l'aflection dont ils sont atteints le caractère spécial de l'haleine.
Pour être complet, nous rappellerons que, dans certains cas d'empoisonnements par des substances odorantes, l'appréciation de l'odeur de rhaleine pourra ne pas être sans quelque valeur au point de vue du diagnostic.
S •. — Teaipératare de r«lr expiré.
La température de l'nir expiré ne fournil que bien peu de signes au diagnostic; on peut se borner à dire qu'en général l'haleine présente la tem* pérature du corps lui-même, et qu'avec cette température sont en rapport ses qualités d'humidité ou de sécheresse. — Sèche et brûlante dans les aiïcctions aiguës inflammatoires, elle l'est moins dans les maladies typhiques; — elle est réellement froide et donne à l'explorateur une sensation de froid désagréable dans le frisson des fièvres intermittentes, dans le sclérème des enfants, dans la période algide du choléra, dans les derniers instants de l'agonie, etc.
§ s. — C«Hip«iiitl«B ée l*«lr expiré.
Au point de vue de la composition chimique, on sait qu'à l'état normal l'air expiré contient les mêmes éléments que l'air atmosphérique, sauf une légère modification dans la proportion de ses éléments, et, de plus, une assez grande quantité de vapeur qui constitue la respiration pulmonaire; cette vapeur, suivant Collard de Martigny, serait formée de 007 parties d'eau, 90 d'acide carbonique et 3 de matière animale. La proportion d*oxygène a diminué, celle de l'acide carbonique a considérablement augmenté, soit qu'elle représente exactement la quantité d'oxygène en moins,
•i02 ïnorr.LEs de l'appaheil respiratoire.
soit qu'elle ne soit équivalente qu'à la moitié ou morne au tiers de roxviifiif' consumé; cette difl'érence dépend surtout de Tàge, du sexe, de la température ambiante et de la nature des aliments dont les individus font usagr. Milne K(hvards a établi (|u'il y avait moins d'azote rejeté par les pounioib dans les saisons froides (|ue dans la saison chaude, et que, dans les temps intermédiaires, il v avait une sorte de balancemenl entre l'azote introduit et l'azote rejeté. La conséquence est qu'en hiver, l'azote introduit à chaque' inspiration n'étant pas rejeté, reste dans le sang, sort par d'autres voies que le poumon et donne lieu à des combinaisons nouvelles. Il sort, dit-on, par les urines sous forme de combinaisons salines, d'acide urique, seul ou à base de chaux, et quelquefois donne lieu aux produits de la gravelleel d»la goutte. Le même auteur annonce que, sous Tinlluence d'une alimeiilation animale, il sort plus d'azote par les poumons que dans le c^s d'alimentation végétale; mais c'est un fait à vérifier.
Des variations analogues s'observent dans la pro|)ortion d'acide carboni(jue exhalé. Ainsi, d'après Andral (I), la (|uanlité d'acide carbonicuieexhale va en croissant de l'enfance à trente ans; elb^ reste stationnaire de IreiilP a quaratili'; n\ais, après cet âge, il y a une décroissance très rapide et d'aulant plus inar(|uée (|u'on approche de la vieillesse, à ce point que, vers ([ualnvingts ans, l'homme n'exhale guère plus d'acide carboni(|ue qu'un enfant à la période de la seconde dentition. A dix ans, l'enfant brûle 4 a 5grammesdecarbonepar heure, et ce chiffre s'élève à 10, 1:2 et 14 grainiiief vers trente ans; puis, la proportion, d'abord stationnaire, s'abaisse gradu(*llemenl; chez le vieillard elle revient à ce qu'elle était dans renfaïuT.
L'honnne exhale plus d'acide carboniqtie que la femme; mais, chez cvIIh dernière, il y a pendant la menstruation une période d'abaissement, suivie d'une augmentation considérable après l'âge criti(|ue.
La nourriture substantielle, les boissons spiritueuses, augmentent la proportion d'acide carbonique exhalé, tandis que celte proportion diminue beaucoup dans l'abslinenee et la nourriture insuflisanle.il en est de même des bains d'air com|)rirné, de l'exercice, du mouvement et de l'elat de veilh-; car, ainsi (|ue l'a démontré IJoussingault, l'homme endormi exhale moins d'acide carl)oni(|ue (|ue l'homme éveillé.
Dans l'air comprimé à une demi-atmos|)hère pendant quelque temps, il se fait une absoiplion |)lus grande d'oxygène et plus d'exhalation d'acide carbonique, mais vient un mouient où cela s'arrête et, comme Ta dit Pravaz, on a beau augnnMiter la piession de la cloche pneumatique ou n'augmente pins l'activil»' des échanges respiratoires. A deux atmosphères l'absorption n'est pas plus active (ju'à un seul.
Voilà pour l'état physiologique. Dans l'étal de maladie, les résultats des analyses chimiques ne fournissent aucune donnée certaine, Nyslen ariirmo que tout état fébrile, la lièvre, en un mot, îuigmenle la proportion d'acide carbonifjue exhalé; que Ks n)aladies chroni(|ues des appareils respiratoires
(U Andral, Cours ih' patholnijif (j'jn>'raJe, ISIT.