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CHAPITRE IV

Le toucher n'est qu'une espèce de palpation. Ce moyen d'exploration consiste dans l'introduction d'un ou de plusieurs doigts dans les parties profondes et cachées du corps humain, communiquant à l'extérieur par une ouverture naturelle, comme le pharynx, le vagin ou le rectum.

\j' foui fu'/' (piftiHf/l n'est \ni> d'\uu' utilité h'ïru rr»'Mjiioiilr : ou iir ['«'mploir <|ii<' jKnii" conslalrr les mndiljcatioiis |).'illi(iloi:i(|Urs rjui nut pu sur- M'iûv (l.uis (-«Ttaiih^s aiïuilinns d«' rarri»'rr-l)ou(li<', principaK-nH'iil dans Id'dèm»' (|r !a irlollo pour (^uii>tat»'r rinlillrati(»n des liu^'l^H'llts ar\tlirii(»- »'j)iLd()lli«|Urs. dansirs lunieuis drs vcilfhros cM-rvicalrs, dans 1rs ahcès t(»nsillaiiTsou n'tro-pliaj'vni:iens, rtc, pour saisir la IliicUiatiou.

l.r tonriii'r l'rrtdl^ t-l surtout \v frnnlirr riiifi nul ^ sont d«'S prorrd«'> d"inv«'Sti- ;zalion (ju'il luiporlc de coruiaîti'c, car iU >out d'une appliralit.ii iouriialirit\

Lor^ijiftiu v.'ul prali([nrr \r tofif /nr p'i)!^ tectunt, il jaul placer ie malade liiri/oiilaliinent, je corps tiuu'ne >ur le coU', la jauilie trnaiil au lit niaint<*nue dau^ re\len>ion, tandis (jue lauln* e>l llt-cliie. Le dui::l indicateui", enduit de c»M'at, d'huile ou île loulo aulre substance irrasse, doit être introduit l«*nteineiit dans l'anus; car, «-elte rei:ion étant Irequennnent le .^iei:e de hnurrelets li»'inorrhoidaires ou de tissures, tout mouvement [)récipil»' delrrminerait de vives douleurs, et. par >uile, une contraction éneririijue du sj)liincter. Il arrive souvent (pie ce nniscle forme obstacle à l'introduction du doi^'t, niai> il sullil cfi iK'ueral d'attendre rpndipies minutes pour obtenir un relachemeut des libres ; on pénètre alors dans rexlrt'ujité inférieure du irros intestin, et l'on parcourt tous les [)uinls de la surla» e rectale. Le but ([u'on se proj)ose eu pratiquant le toucher par l'orilice anal est d'apprécier les cliani:em«'nts morbides divtM'S apportes dans la structure Je Loriiane, d'en con:>tater la sensibilit»'', la tension, la cbaleur, la consistance, les inei:alit»*s, et d'essa\er de reconnaître, j)ar les dillei'cnlt's sensations (jui viennt'Ul all'ecter la pulpe du doiirt, les rides, les ulcérations, les brides, les rétrécissements, h's tumeurs, les diialatituis artérielles ou veineuses, les amas de matières, les Ci)rps elran^^ers enfin, qui moditienl et obstrutMil cette p(>rlion du canal alimentaire. i\u' ce mode dexploralion, 1.^ médecin acquiert encore d'autres notions, selon le sexe du malade. Ainsi il lui est possible des»' rendre compte, chi'z Ihounne, de l'etal du bas-foml de la vessi(! et des uretères, de la pres(Mic«' de calculs en ces |)oints ou ie lont: de Lurethre, et des altérations d«' vidume, d(* consislance et île forme de la prostate, causes si fréijuentes de troubles et d'accidents ducéWe de la double louclion iiénito-urinaire. Le t(Uicher par le rectum j)eul être, chez la fenune, d'une ixramle ressource j)our la constatation d'une urosst'sse »'\tra-ulerin«\ pour la détermination du volume et de la dii'e(>lion de la matrice, et pour le diaj;noslic d'un irrand nombre irelals jjatholoiziijues dei^'t oriiane. Liilin, si l'on vient à combiner le lou<lier ivclal avec le toucher vai:inal, en inlroiluisant le pouce dans \r vai:in el l'indicati'Ui' dans le rectum, on s'éclaire facilement sur les basions (pii ont j)u se développer dans l«^ voisinage des ovaires el d<' la [)aroi reclo-vaizinale.

Le toncln'r nujintd e\if:e préalablemenl, de la part de la [)ersonne ipii va V être soumise, quelques précautions particulières, telles <|ue le rejft au dehors des matières solides ou liquides contenues dans l'intestin et la vessie, comme il réclame, du coté de celui (jui se met en mesure de le provoquer, des conditions préliminaires d*une certaine importance, ('/est ainsi

que le médecin veillera à ce que son doigt indicateur de Tune ou de Tautre main (c'est habituellement le seul dont on se serve pour cet examen) ne présente aucune aspérité ni écorchure, sous peine de contracter un mal éminemment contagieux, comme la syphilis ; qu'il prendra le soin de porter un ongle très court et dépourvu de rugosités, afin de ne produire ni douleur ni déchirure, et qu'il s'habituera enfin à faire usage indistinctement de l'indicateur de la main droite ou de la main gauche, s'effbrçant ainsi de faire disparaître, par Thabitude, le défaut d'adresse et d'habileté tactile qui semble être spécialement départi à la main gauche.

Le toucher vaginal est usuellement employé pour reconnaître I état des parties intérieures des organes de la génération, du vagin, et du col de la matrice, les vices de conformation du bassin, les changements survenus dans le segment inférieur de l'utérus et des régions limitrophes, et la nature des tumeurs ou des corps contenus dans la matrice; il sert également pour surveiller les progrès du travail de la parturition. Pour obtenir de boDs résultats du toucher, il faut que l'opérateur ait préalablement conseillé à la femme de débarrasser la vessie et Tintestin des matières qu'ils renferment; cette précaution a bien son importance. L'exploration peut avoir lieu, la malade étant debout ou couchée : debout, s'il s'agit surtout de constater une chute de la matrice ou un relâchement du vagin, et si des troubles des fonctions respiratoire et circulatoire s'opposent au décubitus horizontal ; couchée, s'il y a menace d'hémorrhagie, imminence de syncope, adynamie profonde, ou si l'utérus est dans un état très marqué d'antéversion. En effet, quand ce dernier cas existe, le fond de la matrice est projeté en avant, le col se trouve en arrière et en haut; il devient dès lors assez dinicile de l'atteindre. Lorsqu'on ramène, par la position horizontale, l'utérus dans sa situation normale, la difficulté disparaît presque entièrement et le museau de tanche est rendu accessible au doigt.

Lorsque la femme que l'on a à examiner est au lit, il faut la faire coucher sur le dos, veiller à ce qu'elle incline un peu le tronc sur le bassin et à ce qu elle maintienne les cuisses écartées et fléchies, de façon que le relâchement des muscles abdominaux soit le plus complet possible. Le médecin se place alors de préférence du côté droit du lit, afin de pouvoir introduire dans le vagin l'indicateur de la main droite, que nous savons être le plus exercé; mais, dans beaucoup de circonstances et alors qu'il est nécessaire d'explorer les parties latérales du conduit vulvaire, il faut successivement employer le doigt indicateur droit pour s'assurer de l'état de la paroi pelvienne droite, et le doigt indicateur gauche pour l'examen de la pelvienne gauche. Les femmes ne se laissent, en général, toucher qu'avec la plus grande répugnance; aussi convient-il, pour moins offenser leur pudeur, de très peu les découvrir.

Si l'exploration doit se faire sur une femme qui garde la position verticale, il faut lui faire prendre un point d'appui contre un meuble ou contre la muraille^ et lui faire modérément écarter les membres inférieurs. Le médecin, assis sur une chaise très basse ou ayant un genou en terre (le

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