V. — BRUIT DE SOIE FROISSÉE
Le bruit de soie dû hVampliation pulmonaire n'a rien de pathologique et on l'observe chez les sujets sains. Quand un homme couché sur le dos vient de se réveiller et qu'on le fait asseoir sur son lit pour l'ausculter, sa pre* mière inspiration est souvent accompagnée d'une bordée de ràle crépitant fin analogue à un bruit de frôlement de soie. Les inspirations suivantes ne présentent rien de pareil. C'était le poumon affaissé sur lui-même par la pesanteur qui vient de se déplisser, de se gonfler et de se remplir par une inspiration profonde. C'est un bruit doux comme le frôlement de la soie.
Quand la surface de la plèvre perd de son poli et de son humidité, comme au premier degré de l'inflammation, il se produit, comme Ta indiqué Laennec, un bruit plus ou moins appréciable, suivant l'étendue ou l'intensité de l'altération, et qui est le frottement pleural. Ce bruit, ordi* nairement assez rapproché de l'oreille de l'observateur, ressemble à celui que produiraient deux corps de densité moyenne, frottant l'un contre l'aulre avec assez de lenteur; il offre dans son intensité tous les degrés que l'on peut supposer, et, s'il est fort ou parcheminé , il peut arriver que la main appliquée sur les parois de la poitrine en ait parfaitement la sensation, et il est rare qu'arrivé à ce point le malade n*en ait pas conscience.
H coïncide avec le premier temps de la respiration, quelquefois avec les deux, et forme le bruit de frottement ascendant ei descendant. C'est surtout à la partie moyenne, latértde ou postérieure qu'on le rencontre. Quelquefois
(t) E. B«uchiit, Mémoire sur la congestion pulmonaire chronique simulant la phthisie 9M premier deffré ((rOMde des hâpiiaux, Paris, 1862
r>or» TKornLEs \)K i/apparkil respiratoirk.
(111 trouve, 011 niéuu' lenips que le froltemenl pleural, quelques bulles d.crépitation Hue, lorsque le premier de^^ré de la pleurésie s'accompagna' d'une pneumonie commenvanle; mais le plus souvent, dès que les autr^-s bruits anormaux qui se produisent dans le poumon se fonl entendre, ils absorbent et couvivnl le tVollemenl pleural.
Le frottement pleural, qui signale le début de la pleurésie, n'a pas uii«durée très lontiue : il n'existe que pendant quelques jours, et ce bruil disparaît avec la formation de répanchement; mais, après la résolution, c'eslà-dire après la résorption de cet épanchement, lorsqu'il se produit, ce qui n'arrive pas toujours, il persiste assez longtemps. On l'entend alors mémtf qu'il n'existe plus aucun signe général et aucun autre signe local de la pblegmasie pleureti(|ue.
Le frottement pleural reconnaît pour cause physique le glissement Wm sur l'autre des deux feuillets à la surface desquels se rencontrent des asj)*'rités produites par les fiiusses membranes.
La signification du frottement pleural est bien tranchée. On l'observe à plusieurs périodes de la pleurésie, d'abord au début, alors que les deux feuilletas de la séreuse, de>sé(hés par l'inllammation commençante, sont prives de celle exhalation normale qui en facilite le glissement qui se fail sans bruit à l'élat de sanle. A cette époque il est peu marqué ; cVst plulùl un frôlement qu'un frollement véritable, et encore, si léger qu'il soit, il est peu fréquent, soit qu'en réalité il existe rarement, soit que l'on n'ait que dans bien peu de circonslanees l'occasion d'assister au début d'une pleurésie. Le plus souvent on le rencontre lorsiiue l'épanchement pleurétique diminue, et (|ue reparaissent le murmure vésiculaire et la sonorité du thorax: c'est alors un signe certain de la présence des fausses membranes. Ouelfois, entin. ileslcaracleri^lique d'une pleurésie tuberculeuse commençante, et il est produit par le frollenunt des granulations tuberculeuses pulmonaires contre le feuillet costal, reste sain, ou devenu lui-même le siège de productions de la inénie nature. C'est alors au sommet que l'on enleud plus particulièrement le fiolleinenl plt-ural, et l'on peut dire que, dansée point de la poitrine, son apparition e>l ordinairement aussi fâcheuse pour le [)roni»slic qu'elle est favoi'al)le dans les autres régions, au moment ou disparai>senl les signes d un e[)aihheinenL
Lu résume, rhr-z un su, et <-///< /i//;*»» tt qui souffre dans les parois tho- /•'./' /'/'/'.v, /' ffùlt-nit^'iit pitut'a! rs( /f» s/ry/if» iVnne pleurésie sèche oudun^' f'!''nrt >»'• '/"/rf /'' / m :f,^ni' ni rir nt '/»* s^'if'sorher. — Au contrairey s^il y a 'le II />f ' 7'', (fv/ utt' i>'r>trt^i^ '^ (li coffttut'nre,
ai;tici.e V
>ic;Nrs F'ij.\:s kl i. v.nj-t..; vkw le tintement métaluoue
Le tutt-nthl ^'c ; /..«^ ,u\ que l'on dev\)uvre par l'auscultation, est un bruit argentin, im: /,'.'i^ <t, telalanl. Semblable a celui que produirait, sur
SIGNES FOURNIS PAR LA SUf.CUSSION TIIORACIQUE. ' 507
une coupe de métal ou de cristal, le choc léger d'une épingle ou la chute d'un petit grain de sable. 11 s'entend surtout pendant l'inspiration, et il est besoin qu'elle soit profonde et un peu brusque. Ordinairement, il est nécessaire que le malade tousse ou parle, et alors, pour le percevoir nettement et facilement, on doit avoir soin de faire parler lentement, en articulant chaque syllabe avec une certaine force ; chaque son est suivi de la production du tintement métallique. D'autres fois encore, la toux est seule capable de le rendre appréciable. Dans certains cas, on ne peut entendre le phénomène tant que le sujet reste couché ; il suffit alors de le faire mettre debout ou à son séant pour le faire apparaître.
Le tintement métallique s'entend par l'auscultation M'^dans l'hydropneumothorax simple, sans aucune communication de la cavité avec les bronches; 2^ dans rhydropneumothorax, avec fistule pulmonaire, élablissani une communication entre la plèvre et les bronches ; S"* dans les cas d'existence d'une vaste excavation pulmonaire, contenant du liquide et des gaz, et communiquant largement avec les tuyaux bronchiques.