SIGNES FOURNIS AU DIAGNOSTIC PAR LA PERCUSSION DES POUMONS MALADES
A l'état pathologique, dans les maladies du poumon et de la plèvre, le sou que rend le thorax par la percussion peut être diminué, augmenté y modifié dans son timbre,
§ t«'. — Dlniia«ll«a ila mm iI« la iioltriac.
La diminution de résonance des parois de la poitrine varie, depuis un simple obscurcissement jusqu'à la malitc absolue. L'obscurcissement du son, lorsqu'il ne dépend pas de l'épaisseur
(I) Pour réludr (le la percussion Ihoracique dans l'élat normal voy. cliapitre Perci>- SI0^, p. 41.
B. — Diagnostic. * 3;j
T)\i TIIOUDLKS 1>K I/aITAREIL RESPIIIATOIRH.
«les parois lliorafi(|iios, de reml)oiH)oinl excessif du sujet (et alors on reconnaît (ju'il ne dépend pas d'un élal de maladie parce qu'il existe dts deux cotes cgalenicnl), est lié à un état morbide, soit des parois ihora- «nques, soit de la plèvre, soit des poumons, soit du cœur; mais ce qui cmicerne le canu' a été étudié plus liaut. Une certaine tension des parui>, leur inlillralion u'démateuse, un abcès développé dans leur épaisseur, peuvent donnei' lieu à celte diminution de la résonance thoracique.
En arrière de la poitrine, l'obscurité du son tient ordinairement a des lésions anatomi<|ues profondes de la plèvre ou du poumon, l" Fille révèle lUi»' alleclion de la plèvre, et in(li(|ue (pi'il y a dans cette cavité séreuse m, ('q)aiicbem(Mit encore peu considérable, ou, à une époque plus avancée «1*la pleu^'sie, i\[w, des fausses membranes tapissent les deux feuillets (W h séi'cuse, ou enlin, a[)i-ès la résorption de répancliement, que le pounioii loni:temps com|)rimén'a [)lus assez d'élasticité pour reprendre son voliimr normal, on constate une dimiimtion de la résonance tboraciquc pouvaiil aller jusiïu'à la malilé. Daub tous ces cas, le siè{ic de la mutité l'^t l'i luD'tie itifnicKrr et /iostèr tenir de Id poitrine. — Dans l'Indrothorax simple, c'est la même cliose, <'t la matilé se déplace lorsqu'on fait cbaiii:er de position au malade. ^2" Elle est le siiïue d'une maladie du poumon, bnv (|u'elle existe à la base ou au sommet, en arrière ou en avant. — Ellciii- <lique alors une tuberculose du poumon, si la maladie est cbronique. — une pneumonie, au contrau'e. si la ujaladie est aigué, récente et fcbrilt'. I.orsque la matile dépend d'une alVection aigué ou chronique des peiimons, comme dans Tengouement hvpostatique de la lièvre typhoïde, dans la pneumonie à son début, dans la phthisie, dans rapo[)lexio et dans Tcedème du poumon, l'obscurité du son est lixe, ne se déplace pas comme dans la pleurésie, mais elle ne présenter aucun caractère particulier i\\ù puisse servir au diagnostic diflérenliel. Cependant on observera que dans la plupart des alTections (|ue je viens d'indi(|uer, sauf la congestion pulmonaire chroni(|ue et la phthisie pulmonaire tub<'rculeuse, c'est à la l)n^e postérieure des poumons (jue Ton rencontre la malité, tandis que, dans la lubereulisalion pulmonaire, c'est ordinairc^ment au sommet et princi[»alement sous les clavicules (jue le son a diminué de clarté et d'intensité. Le bruit fpie l'on perçoit est alors entièrement mat et semblable à celii. (jue produit la jx^rcussion de la cMjisse.
ï^a matilr des lionnians^ en nrant sous la (davicule, en arrière, au sommet ou à la base et sur les c<Ués, est donc le signe : soit d'une induration du poumon, résultant d'une pneumonie au second ou au troisième degré: soit d'une lubereulisalioii avancée; soit d'un abondant épancheraenl de li([uide dans la plèvn^ sérum, sang (ui pus; soit entin du développement de tumeurs dans les parois du thorax ou dans la plèvre.
Dans ïindnrnlion imlmonftire^ la malité est lixe, quelle que soit la position du malade, elle t)ccupe rarement tout un côté de la poitrine et est plus mar(|uée sur un point, tout autour duquel elle va en dimimianl a juesure (|ue l'on s'en «doigne. — tjuand elle résulte d'une /i**/>r//iN'//'"//
SIGNES FOUaHIS PAR LA PERCUSSION DES POUMONS MALADES. 515
pneumoniquêy elle est ordinairement bornée à un seul côté et «coorapagnée de lièvre vive. — Tient-elle à Is^tuberculisatiou, elle est presque toujours bornée au sommet, et elle va en diminuant d'intensité à mesure que l'on se l'approche de la base, à moins qu'elle ne soit compliquée d*épanchement, comme il arrive dans certains cas de pleurésie tuberculeuse, et il y a de la lièvre hectique.
La roatiié, si elle résiUle d'un épanchement pleural^ est ordinairement plus complète que dans la pneumonie, a son maximum d'intensité en bas du poumon et diminue peu à peu à mesure que Ton se rapproche du sommet, à moins que Ton n'ait affaire à un épanchement occupant toute la hauteur du thorax. Si l'épanchement occupe la plèvre gauche, il peut donner lieu, quand il est considérable, à un refoulement du cœur adroite, et l'on constate la matilé dans une région beaucoup plus étendue de ce côté que dans l'état normal. De plus, dans les cas d'épanchement séreux, il est souvent possible, et ceci est palhognomonique, de faire changer la matité de place et d'étendue en faisant varier l'attitude du sujet. Le déplacement du liquide est beaucoup plus commun dans Thydrothorax, où nulle fausse membrane ni adhérence ne gène les mouvements du sérum, que dans la pleurésie, qui s'accompagne ordinairement de la formation de l'une ou de l'autre de ces altérations anatomiques.
Us. — fHsae» tmmrmân mu ^Ut^mmmUe ««• ■Mla«l«a 4u >>■■■■■ par l'aJMffHienl«li«a île fé— ■■>• des pmrmêm MMraciqaes.
Les augmentations de sonorité an thorax forment ce que l'on a appelé le son clair et le son tympanique.
Le son clair ^ limité au point où existe une tumeur molle, élastique, des parois thoraciques, est le sigue d'une hernie du poumon, — En général, il est le symptôme de Vemphysème pulmonaire.
Il peut, dans ce cas, être étendu à toute la poitrine; mais il est rare qu'il n'y ait pas quelque point où il soit plus marqué que dans d'autres, au niveau, par exemple, des cartilages costaux.
La matité précordiale et normale disparaît presque entièrement, si lemphysème est considérable, le cœur se trouvant alors recouvert par le boitl antérieur du poumon gauche ; la limite inférieure du son mat descend alors plus bas que dans l'état normal, par suite de rabaissement du diaphragme.
Le son clair, ou tympanisme^ existe aussi au niveau d'une grande excavation pulmonaire tuberculeuse; mais c'est une exception, et il faut, pour qu'il en soit ainsi, que les cavernes soit spacieuses, complètement vides de liquides, et en même temps que le tissu environnant soit resté souple, sans la moindre induration. Ce tympanisme ne se rencontre jamais que dans le sommet du poumon.
Le son clair, son tympanique, s'observe aussi dans la plupart des cas iï épanchement pleuré tique un peuabondanl, au-dessus du niveau du liquide. Dans celte circonstance, le son clair a son siège au-dessous de la clavi-
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cule, et quelquefois daus la partie latérale antérieure de la poitrine. Plii> bas et eu arrière il y a toujours une matilé d'autant plus grande que I i^n percute plus inférieuremenl. Pareil phénomène se rencontre quelquefois dans la imeumon'u\ au-dessus des parties hépatisées dans la réiiioii du thorax correspondant au tissu pulmonaire resté sain, dans la tubercul».' pulmonaire, dans (juelques ras de bronchite, etc. C'est ce qu'on a r ;ira térisé par le nom de bruit shodiqiie, bien qu'Aven bru^ger ail dit : Veruni si mcdia pars aqua repletd fuerit, revovabiîur resonantia major in Hl-i parle quam aquosns humornon occuparerit. Mais si le côté n*est reni|ili d'eau qu'à moitié, on obtiendra un son plus fort dans la partie du ponriKui que ne touche pas l'humeur aqueuse (i).
):; 3. — flIlKnoiM fourniM par Ion niocllflcationfi do llmbre clanN le «son
que donne la percustMion.
Los siirnes fournis au dia^rnoslic des maladies du poumon et de la pl»\r.' nar les modilications do résonance du limbre de la percussion lhoraci(|ii» se nUlachont au son hqdro-ari iqne et au hriiil île pol fèli\
Le son hj/dro aérique, ou son clair et creux, d'un timbre spécial, circonscrit, au soMunet du poumon, indique une caverne superficielle, f-nl vaste et remplie d'air ot d'un p(»u de liquide.
Le bruit de pot fèlè, (|ui ressemble au choc d'une tasse félée, n<» ^«' manifeslo (|uc lors(|ue le malade tient la bouche ouverte pendant qu on prali(|ue la j)('rcussion, (4 il in(li(|ue pn'S(|ue toujours l'existence d'un»' vaste caverne pulmonaiie, tuberculeuse, superlicielle et contenant des 'j.\u et des li(|uitles.
Pour obtenir le son do pol lolé, il faut faire ouvrir la bouche du malad.et lui faire tourner la fi^Mnv du c«»l«' de l'observateur. En eiïel, des malade^ chez los(|uels existe le bruit do son fêlé, ne le présentent plus à d'aulro> examens, parce qu'ils tonrnent la liiiure du coté opposé à l'observateur.
Une mo(lilicali(»n du son ([ui se rapj)roche beaucoup du bruit de pol fêlr est le sou de bois; il ^'on distingue aux caractères suivants : la percussi(Mi proloniiée ou répétée n'altèr»' on rien et ne fait jamais disparaître le son df Ifois : il est |)his dur, [)lns résistant, moins vibrant et jamais njétallique : enfin, on TobtitMit également la bouche étant ouverte ou fermée.
Ce SON de hois, cpii sinmlo le bruit de pol félé, indique un épaississemenl pann^l du tissu pulnn)nairo, ou i\(^ la plèvre. Le bruit de pot fêlé, an contraire, indicjuo toujours eerlainomont l'existence d'une cavilé pulmonaire.
Le bruit iU' pol félé se rencontn^ souvent, enlin,chezde jeunes enfants attoinls (le bnnichite chronicpio, d'empb\sèines ou de tubercules pulmonaires au premier degré, les portions de poumon luberculisées étant entouré(^s de tissu saui.
(Il Avcubru^ger, 180>^, p. :{:i.