DIMINUTION DE LA FAIM
La diminution de la faim s'observe au début, pendant les prodromes et la durée de presque toutes les maladies aiguës ; dans la plupart des maladies chroniques en général ; dans la chloro-anémie et dans toutes les affections qui ralentissent le mouvement vital.
Les personnes sédentaires, les hommes de cabinet, les femmes nerveuses, celles qui se livrent à des lectures susceptibles de surexciter encore cette disposition fâcheuse, voient assez promptement survenir une diminution de la faim.
Le régime a une grande influence sur la vivacité de cette sensation : les hommes adonnés à l'usage des boissons alcooliques, de la bière en particulier, voient s'émousser chez eux la sensation de la faim. Il en est de méoie des gens qui prennent entre les repas des boissons tiëdes et relà-
^t) Landré-Beauvnis, Traité de êémiotiquef 3* édition. Paris, 1818.
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chaïUes en assez grande quanlilé. Ceux qui font usage habituel d*opium, ceuxqui fument avec excès, au point de provoquer une ivresse momentanée, et |)eu à ])eu une gastrorrhée très rebelle, sont dans le même cas.
Comme on le voit, la diminution de la faim est tantôt un pbenumt'n-morbide, tantôt un simple phénomène qui ne tient qu'à l'absence d'une bonne livi^iéne.
DKKAIT b\: FAIM. OL* ANUREXIE
L*anore\ie existe à peu près constamment au début de toutes les maladies aigurs. C'est, on peut le dire, un phénomène ordinaire dans ces circonstances : aussi, à rinva>ion et pendant la période d'état de ces maladies, o^ signe ne presenle-l-il rien de fâcheux : mais, quand il se prolonge trop longtemps, ou (juand, après avoir cesse, il se re[)roduit, il est d'un niauvai> augure: il indi(|ue une convalescence penibK', ou même il peut faire présumer rinuninence d'une rechute.
Il est rare d'observer l'anorexie absolue dans les maladies chroniques. (/est alors une chose fâcheuse : ou bien les forces sont notablement altérées, ou l)ien il existe, à litre de coniplication, un état saburral de la muqueuse gastrique, ce (ju'on appelle aussi un embarras des premières voies.
a Lorsqu'au connnencemenl d'une maladie on mange avec appétit sans en tirer aucun avantage, dit Landre-DeauvaisJ'anoi^xie est presque inévitable dans la suite de celte maladie : au contraire, quand, après avoir longtemps fait diele. on sent de l'appétit, on guérit plus facilement. »
>i lanraexie est quelqudois absolue, chez certains malades elle n'est qu'ecie- tique. Ainsi quelques personnes ont l'anorexie de la viande et gardent le goût des legunies et des fruits. D'autres cessent de pouvoir manger après une minime quantité d'aliments.
L'anorexie s*«'bserve dans la gastrite chronique des buveurs d'alcool ou de bure, dans les entérites catarriiales, dans les embarras gastriques aigu> ou chroniques, et dans les dysp^r-psies.
Elle existe très souvent dans lanemie et dans la chlorose, comme conséquence de l'alteralion du Ssing.
C'est une t.'nsev|uence de quelques mexlicaments ou poisons. Ceux qui prennent beaucoup de i;ie. de caîV. de coca, qui ont fait usage excessif du sublime, de l'opiuîn, de la belladone, du tabac à fumer et à chiquer et des alcooliques, ont de lanorexie : mais chez les aîci.x)liques elle résulte peulétrt" plus de la gastrite t hroîîi^jue que de raiccK'l lui-même.
L'anorexie s'obser\e entîîî par suite de l'habitude de la sobriété excessive et dans les grandes |vrt;;rru;ions du système neneux. On oublie démanger dans les grandes douleurs m, orales, dans les grands travaux intellectuels qui amènent une forte lor.tenî: «n de l'esprit: dans certaines maladies nerveuses, telles que la ca:i!ops:e, la L. ;hargie. I hystérie, la manie et rhjivvhvUidrie.
Le dégoût est une sensation distincte de l'anorexie. Celle-ci est la perte de Tappétity tandis que le dégoût est une aversion pour les aliments, souvent accompagnée de nausées. Il peut y avoir anorexie sans dégoût.
Le dégoût se montre surtout pendant les prodromes ou pendant la première période des maladies aiguës. Cosigne n'a rien de fâcheux. Hippocrate l'avait déjà remarqué, c II est bon, dit-il, d'avoir de l'aversion pour les aliments au commencement d'une maladie, et de désirer manger lorsqu'elle est terminée. »
Dans les névroses, comme rhystérie^ rhypochondrie,et dans la grossesse, on observe fréquemment un dégoût marqué pour les aliments. Cela n'a rien d'inquiétant, si toutefois la durée n'en est pas trop longue.
Le dégoût, avec sentiment de plénitude de l'estomac, douleur épigastrique même, céphalalgie sus-orbitaire et amertume de la bouche, en général avec absence de fièvre, annonce le besoin de vomir, et par suite l'embarras gastrique.
Le dégoût est un signe de mauvais augure et indique une rechute quand il continue, malgré le déclin de la maladie.
L'n dégoût prolongé pour les aliments, dans les maladies aiguës ou chroniques, si le malade est arrivé à un état de débilité très sensible, est toujours fort grave. Il indique presque toujours alors quelque dangereuse complication du côté des organes de la digestion.