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CHAPITRE IV

Dans les maladies, la soif peut offrir trois espèces de modifications : elle peut être augmentée^ diminuée^ abolie.

ARTICLE PREMIER

AUGMENTATION DE LA bOIF

La soif est augmentée et se montre à la suite de l'exercice de la parole ou du chant, qui épuise la provision de salive, à la suite de l'ingestion des poussières dans la bouche. La soif exagérée accompagne généralement le

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nioiivement fébrile ; c'est un de ses éléments. On l'observe surtout an début de l'accès de lièvre intermittente dans la période du froid. Elle exisi^ au début de presque toutes les maladies aiguës, souvent même elle >r proloiîire pendant la période d'étal des maladies, jusqu'au moment de la convalescence. La diminution de la soif est alors un signe de bon augure.

H est toujours heureux de ne pas voir dans une maladie un symptrmie remporter en violence sur les autres, car ce défaut d'harmonie entre le> éléments de la maladie consiitue dès lors l'ataxie. Eh bien, quand, daii> une maladie aiguë, la soif e.U en rapport d'intensité avec les autres s^tbptômes, il n'y a rien là qui doive étonner et faire concevoir des craintes. Les anciens auteurs regardaient même celte soif comme utile, parce quell*^ fait prendre une grande quantité de boissons, ce qui était propre, suivant eux, à ararirer la coclion des maladies.

i<< Celh^ soif favorable, dit Landré-Beauvais, se reconnaît quand, lo> forces étant suffisantes, elle augmente dans les exacerbations, se |)eut apaiser avec une (juanlité médiocre de boisson, et se termine par rhuniidité de la peau et un sommeil tranquille. »

Ouand la soif est extrême et que les boissons prises ne la font pas diminuer durant l'intervalle des redoublements fébriles, surtout si toute hi muqueuse buccale est sèche; si l'urine, limpide et non nuageuse, e^t pal»' ou rouize et rare, elle constitue alors un très mauvais siixne. C'est souveiii par cette façon d'être de la soif qu'on reconnaît l'imminence des phlegniasies intercurrentes d'un organe important, comme le poumon et le cerveau, dans la lièvre typhoïde.

Si la soif continue après le déclin des maladies, surtout s'il existe des frissons fréquents suivis de chaleur vive, mordicante. à la peau, il y a lieu de craindre l'apparition de (juehpie nouvel état morbide: ainsi le développement d'abcès après la variole, etc.

Dans certaines circonstances, la soif exagérée, accompagnée de vomissements et d't'vacuations avec pyn^sis, est l'indice d'un cas très grave: cela se voit dans le choléra. — Si la soif est accompagnée d'un spasme du pharynx (|ui rend imj)Os>il)Ie la déglutition, cela est très fâcheux dans la période d'etal (lt»s maladies aiguës, mais ce symptôme n'oflre pas toujours uii^' semblable gravite dans les névroses. Cependant, chez les aliènes, c'est un fort mauvais siirne.

On vuil «jUtl«]uetois l'horreur des boissons, une sorte d'hydrophobie, se réunir à rauirnuiilation de la soif. Celte sorte d'ataxie dans la sensation d»la soif est presque toujours suivie de la mort, à moins cependant que la maladie dans laquelle on l'observe ne soit l'hypochondrie. La raison et une volonté ternie peuv» nt quelquefois triompher de ce symptôme.

Il n'est pas rare de voir la soif exagérée accompagner Tinflammation chronii|ue d'un viscère du ventre, c'est ainsi que, dans Tictère, dans l'entérite et dans l'hydropisie, quand la soif augmente notablement, il y a lieu de craindre un accroissement d'inllammation plus ou moins algue du foie, des reins, de la matrice, des intestins, des o\Tiires, etc. Elle se rencontre

aussi chez les nourrices et parait se rattacher à la sécrétion lactée qui enlève beaucoup d'eau à l'économie. — C'est enfin un phénomène très accusé dans les empoisonnements chroniques par le phosphore, les cantharideSy le sublimé, l'arsenic, etc.

Dans l'hypochondrie et dans l'hystérie, l'augmentation de la soif existe en général pendant la durée des accès, quelquefois plus longtemps ; mais enfin la soif ne les caractérise pas essentiellement.

Dans l'hydropisie, au contraire, une soif qu'on ne peut parvenir à satisfaire est un phénomène grave d'une grande valeur.

La soif est très augmentée et impossible à satisfaire dans la polydipsie qui s'accompagne de polyurie insipide ou diabète non sucré, et dans la polyurie azoturique ou azoturie; les malades boivent jusqu'à 20 litres par jour, ils avalent tout ce qu'ils peuvent saisir, les eaux les plus sales, leur urine, etc.

Dans la glycosurie, la soif est souvent un des premiers signes du mal ; elle n'est pas toujours très intense et elle parait être en corrélation avec la sécheresse de la bouche qui est sucrée et qui exhale une odeur fade caractéristique. Dans certains cas cependant, la soif est très gênante pour les malades et c'est elle qui produit un excès dans la sécrétion des urines.

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