DU GOUT
La perversion du goût est toujours liée à un état morbide ; elle ne se rencontre jamais chez les individus qui sont en état de santé.
Cette perversion se présente sous deux formes qui portent les noms différents depica et de malacia.
Dans l'une, les malades désirent manger des substances qui ne sont pas nutritives, dont on ne se sert pas habituellement dans l'alimentation, comme de la terre, de la craie, du charbon, des excréments, etc. Cette espèce de dépravation de la faim porte le nom de pica (tivaa), pie, parce que cet oiseau avale souvent des substances terreuses.
A cet égard on cite les faits les plus étranges de gens qui mangent de la terre (géophagie\ des excréments (coprophagie), de la chandelle, des crapauds, des lézards, des épingles ou des aiguilles.
Dans l'autre, les malades désirent ardemment manger des aliments de mauvaise qualité ou qu'ils savent leur être nuisibles, uniquement dans le but de satisfaire un penchant déraisonnable. C'est le malacia ou la malade (de puxXoxia, mollitieSf effeminatio).
La perversion de la faim et du goût s'observent surtout chez les filles chlorotiques, surtout à Tépoque de la puberté, chez les hystériques, chez les aliénés, chez les femmes grosses, qui ont les goûts les plus singuliers, etc. Plus tard, vers l'âge critique même, on voit parfois cette perversion de l'appétit accompagner l'aménorrhée.
Dans la chlorose, dans l'hystérie, dans la grossesse, cette sensation pervertie n'est pas elle-même un signe fâcheux ; seulement, si elle se prolonge, elle peut avoir un mauvais résultat, en raison de la quantité et de la nature des substances qui ont été portées dans l'estomac.