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CHAPITRE X

La (lianhéo rsl un syniptonie commun à beaucoup de maladies. Elle est caractérisée par la lluidilé des matières alvines.

Ce |)liénomèue e>t dû à une auirmenlation de quantité dans les sécrétions de la mu([ueusecl des irlandes de rinlestin.On l'a appelé fluxjiypncrinlOj (lia cri se. Pour (jUi'hjues médecins il y en a trois espèces :

[" Diarrhée idiopali(|ue ou essentielle, à laquelle appartiennent les diarrhées nerveuse, calarihale ;

±' La diarrhée bvmpalhique ou /?/(,r de r^wTrf? proprement dit;

3" Diarrhée symptomalique, résultant d'une inlhunmalioii ou d'une lésion organi(|ue du tube inlestinal.

Quel(|ues auteurs, se plaçant à un anlre point de vue, ont admis, d'après des ( onsidérations >ee<>ndaires, des diarrhées éphémères, chroniques, culli(|ualives, choléri formes, criliuues, crapuleuses. Ces diarrhées existent, il est viai; mais ce sont des variétés que Ton peut et doit faire rentrer dans le cadre précédent, — Pour moi, je considérerai la diarrhée comme un symptôme se rattachant à (h^s causes principales et secondaires. Elle résulte d'un trouble lonctioiinel isolé de la sécrétion intestinale, ou de ce même trouble associé à un désordre matériel oriranique appréciable, d'oîi la nécessité d'admettre deux espèces de diarrhée.

1' La diarrhée catarrhal(% ccsl-à-dire le flux inlestinal;

-2' La diarrhée symptomali(|ue des maladies aiguës ou chroniques de l'intestin ou des organes placés dans le voisinage.

APiTir.f.L PliEMlER

CVISKS UK lA DIAlinUKK

.le vais (Tabord passer en revne les dillerenles causes de la diarrhée catarihale et spasmodi([ue, c'est-à-vlire de celte espèce de diarrhée qui est indépendante des |)hlegmasies de l'intestin.

On Tobserve chez les enfants piMidant le travail de dentition et après le sevrage, (pichpiefois chez les adultes et chez les vieilLirds; chez les sujels à constitution faible, a tempérament lymphatique prononcé, où elle alterne souvcMit avec la constipation.

D'autres fois, elle tient à une prédisposition héréditaire, à certaines conditions atmos[)héri(ines, telles cjue le froid humide et un courant d'air froid sur le corps échaiillé ou sur l'abdomen. Cette cause est parfailenient appréciée des Orientaux, (pii portent toujours de la laine sur les parois abdominales.

L'alimentation et la quantité et la qualité des aliments ont une grande influence sur Tétat solide ou liquide des matières. — Il y a une diarrhéequi résulte de la trop grande masse d'aliments, c'est la diarrhée crapuieu$e. Certaines idiosyncrasies favorisent son apparition, car on rencontre des personnes chez 'lesquelles telle ou telle espèce de viande provoque la diarrhée. Je connais une dame qui n'a jamais mangé une fraise sans éprouver un effet purgatif bien marqué. Le café au lait agit souvent de la rnéme manière. Nous savons tous que beaucoup d'étrangers sont pris de diarrhée en arrivant à Paris, lorsqu'ils ne sont pas encore habitués à l'usage des eaux chargées de matières organiques altérées de la capitale. Beaucoup de personnes croient que l'usage des fruits amène la diarrhée. C'est une opinion erronée que n'admettent ni Pringle, ni Tissot, lequel, au contraire (1), recommande leur usage dans le but de combattre la dysenterie.

Le lait chez quelques personnes est une cause fréquente de diarrhée, et j'ai souvent observé, comme médecin de l'hôpital des Enfants et comme médecin de la direction des nourrices, des diarrhées opiniâtres chez les enfants qui prenaient le lait séreux rempli de colostrum des mauvaises nourrices.

D*autres fois encore, à la suite d'une abstinence prolongée , lorsqu'on donne sans mesure à l'estomac une nourriture à laquelle il n'est plus habitué, ou bien une nourriture trop copieuse, la digestion se fait mal, et souvent les aliments indigérés passant dans le canal intestinal qu'ils irritent à la manière d'un corps étranger, amènent une diarrhée plus ou moins abondante.

Il y a une diarrhée produite par des substances médicamenteuses, par les purgatifs, qui agissent en excitant les follicules intestinaux, ce qui amène une augmentation de sécrétion de la muqueuse ou Oux de ventre.

On l'observe également à la suite de fatigues excessives, de contrariétés, d'impressions morales vives, chez certains individus qui commencent à fumer. Fabrice de Hilden rapporte qu'une femme avait un flux bilieux toutes les fois qu'elle se mettait en colère. Caillard, médecin de l'Hôtel- Dieu de Paris, fit une chute et fut affecté d'une entérorrhée qui dura deux mois environ. Cette diarrhée se produit aussi chez les sujets très nerveux qui doivent subir une grande opération, et quelquefois chez les jeunes soldats qui vont au feu pour la première fois, ce qui a motivé le mot de Voltaire : « Quel rapport y a-t-il entre un boulet de canon et une selle? » Tout le monde connaît Tinfluence fâcheuse de la peur pendant les épidémies cholériques, et chacun sait qu'il en résulte des cholérines pouvant se terminer par un vrai choléra.

Certaines fièvres graves, telles que la rougeole, sont précédées de diarrhée sans que l'intestin soit altéré. La métro-péritonite puerpérale est tantôt accompagnée de constipation, tantôt d'une diarrhée jaune qui

(I) Tissot, Avis au peuple sur sa santé, Paris, 1768.

B. — Diagnostic. 36

56^ TI^OUBLES DE l'a?PAHE|L PJGfLâiTIF.

apparaît les trois ou quaUe premiers jours ; quelquefois même elle précède Tapparition de la maladie. Mais cette diarrhée s'observe le plus fréquemmeut dans \s^ forme typhoïde, tandis que la constipatiou se montre dans la foruie inflammatoire. Dans le prenuer cas, les selles sont liquides, fétides glaireuses^ quelquefois brunes, le plus sauvent jaun&treç, quelquefob sanguinolentes,

Nous appellerons sj^nipathigue la diarrhée qu oisi observe à la période ultime des maladies, au moment de l'agonie.

Voyons à présent (|uelles sont les causes de la diarrhée symplomalique. Lorsque Tintestin est le siège d'une lésion organique ou d'unç inflammation muqueuse, la diarrhée est dite symptomatique. On l'observe après l'emploi de tous les purgatifs salins, huileux, drastiques, etc., api'e> ringeslion de poisons irritants, c'est la diarrhée toxique ; dans les phlegmasios aiguës ou chroniiiues du tube digestif, dans la gastro-entérite avec ou sans ulcérations, dans lentéro-colite, dans la dysenterie, dans le choléra, dans rirrilation par des lombrics, dans les ulcérations cancéreuses, tuberculeuses, typhoïdes, etc. La diarrhée colliquative, qu'où observe souvent chez les phthisiques, est due à la présence de tubercules ulcérés, dans l'intestin.

Qui'Uiuefois ce sont des corps étrangers, des vers intestinaux, des matières fécales durcies, qui, par leur séjour prolongé dans rinlestin, l'euttamment et amènent la diarrhée. C'est ainsi qu'on observe, chez certaiues personnes, des alternatives de constipation et de dévoiemenL

Certaines lièvres éruplives, la rougeole, la variole surtout, sont parfois aussi cumpli(|uees de diarrhée. Sydenham nous fait remarquer que la diarrhée précède toujours la variole confluenle, tandis que la variole discrète est précédée de constipation. Quelle en serait la cause? Il est diflicile de le dire. Je serais volontiers porté à croire que la diarrhée esl produite par une fluxion sanguine très intense de l'intestin.

J'ai j)arlé plus haut de la diarrhée qu'où observe dans la lièvre typhoïde, cl je l'ai rangée parmi les diarrhées symptomatiques de lésions intestinales. Il me semble qu'on a pris quelquefois la cause pour l'effet et qu'où a elé un peu trop loin en considérant la lésion des glandes de Peyer comme un signe anatomique couslanl de celle maladie. StoU ne serait-il pas plus dans la vérité lorsqu'il dit que c'est la sécrétion abondante de bile qui, par son acrimonie, ulcère et désorganise linlestin, lequel, une fois altéré, devient alors lui-même une cause de diarrhée et entretient celle qui existe déjà? C'est Ihisloire du pus engendrant le pus.

PHÉNOMtNES DE LX DIARKHÉB

Quand, sous l'influence des causes que je viens d'indiquer, la diairhéo calarrhale ou la diarrhée organique et symptomatique se manifestent, les

SIGNES PotnnitB^ A6 màSMsne paii ejk btarrhée. 593

matières excrémentitielles liquides se produisent avec plus ou moins d'abondance, le mouvement pérntarffiqoe augmente et l'excrétion des matières offre d6& particulacité&. ûngOGtan&es^^saloa TabcMulance des évacuations.

Dm» la*dianèée catcrrUe^el sp»6W«iife^ ow S«& ië visnire, les selles SQBi plus ov moina/fréfimitesy ptoaoïi noimaboMèanles^ Mieikis^ avac'ov sans ooUques,. et, le pins soumniy sans Aènre* Le veivtiraest HidalanU ir la preasien, aplati oU' ballonné, selon qu^il y ai présence ou absence de' gaïf il résonne peu à la prassioiit et le bnrit qv'il bit entendre* est on' bmil hnhN^aénîpie plus prononoé dana le- Mcum ow dans rs itbqae. — Si hr dînrrbée est: très alNméante, le pouls est petit, aoséiftréj inéga), aioei qn^o» Tobserve dans la cholérine. — L'abondance des évacuations amène un» dépnnlîtiaii oonsi^rabla de chalevr, te» extréniîléa se refroidissent, se ojmawni; on observe une faiblesse générale ; la voix se perd, le malade^ ne peut plus parler ou ne parle qu*à voix basse; en même temps'h pea« difvient^ pète, terrense, les chair» mollasses, le» yeux s'enfoncent dans les orikite» et annl ententes d'un cerde bleuâtre^ par suite de l'absorption du* tiaeii oeHulaim. lia physionomie prend alors une expression caraetéri»tkfne qui ne tiompe» janni» un médecin exercé. — Si la diarrhée est trè» forte, si les selles sont considérables, le sang, perdant son eau, devient pins épaiav ctscvie pin» diffidlenient, e€ il en' résulte un obstacle à Tbématoee, fui an traduiit anr le visage par une teinte livide asphyxique comnie> daa» le eholénu Soueent, dans ce cas^ le» nrine» sont albiiminense»* ev supprimée», et. la tenipétfalme s'ahaisesitite sensiblement.

Si le flux est moins abondant, les digestions peuvent rester facile» : on n^ofeeerre anenn des aymptdann graves que je' viens d^énumérer. *^ D^autrès feift, les atiasents anni incompiètemeni digérés, et alors shaqne repas: pinaoqiw une?seUef oii: Pou roBonnaU. las aliment» en nature: c^est' I» /•snferîsL Bile résalle d^ua ééCsul de chyaMication. par însnfBsance de ane gnsiriqaeon panciéatique et aussi de. la suppression dii soc hstestnial.

La langue, blanche dans les flux considérabie»,^ reste nataiette dèn» hr diairiiée pea aboadanAe;

Daas la diarrhée laianMialoirfr, les phénonsènes sont an* pan différenfeK

Cette diarrhée peut être aiguë on chroniquek Dans la pvemîèae» il y a. fièwQ, kngue ronge, à la pointe et snr les benb, quefapiefoisi nnîf e on Inrane snr ht ligne médiane, sale h la hase. Les. sympAtonest fébriles, soa^ pina oo nHÎns psoaonoés^ salo» le degré de la pfjfrexie, ssleo. la périeds.t d*acuité de la maladie. Dans la diarrhée dysentérique, par snite de» ak^. salions du; côlon, il y a des évaeaations^très nombreuses^ peu. ahandaiites, Ibi a^isa de mucus teS de san9,.etaoooHipagiiées.d'^pmnles eidfuo féwmnm: fgéê dhidoysena. Quant an Aaa, il doiti appeler teais Taltealioa <le> l'càsmh aalear, soas le rappeilde là qaaaiiléy de k' foéquenoe, de la nala»a d^iSt saMcB^ dé Kâpeqae oili sUea soni lendnss,, etc. C'est' ee que je vaia ruawsîiwn

ABONDANCE ET NATURE DES MATIÈRES DIARRHÊIQl'ES

Dans la diarrhée calanhale, les matières sont plus ou moins abondantes. Morgagni raconte qu'en 1733, voyaireant en poste pour aller de Forli a l^esaro, il fut pris, à la suite des (aligues de ce voyage, d'un flux qu'il évalue à 8 kilogrammes. Potier (Poterius) dit avoir donné des soins à un notaire qui en rendit ^0 kilogrammes en vingt-quatre heures. Toutefuis elle arrive rarement à ce degré. Dans ce cas les selles sont généralement acides, souvent sans odeur, rarement fétides. Quelquefois elles ont, une odeur fade, aigrelette.

Les selles sn-euscsy albumineuses, se rencontrent fréquemment encore dans la diarrhée catarrhale, dans les affections goutteuses et après les purgatifs salins.

Dans la diarrhée inflammatoire, les selles sont jaunes, bilieuses, quelquefois mélangées à des matières solides. Chez certaines personnes d'un tempérament bilieux, elles sont exclusivement bilieuses. D'autres fois, elles sont noivdlres, fétides, infectes, ainsi qu'on lobserve plus particulièrement dans la fièvre typhoïde.

Elles sont graisseuses, dans les maladies du pancréas, et après les purgatifs huileux, blanches comme la décoction de riz dans le choléra, et elles renferment des grumeaux blanchâtres, solides, ou contiennent quelquefois des débris d'épilhélium, de l'albumine, du sucre de glycose, du carbonate de chaux.

Elles peuvent être sanguinolentes, comme dans la dysenterie, dans Tenlérite simple, dans Tentérile typhoïde, lorsque les plaques de Pe\er sont ulcérées. Quelquefois, à la période ultime de cette maladie, les selles sont presque exclusivement composées de sang et elles constituent Théraorrhagie intestinale ou le melœnay maladie que Ton étudie d'une façon spéciale dans les traités de pathologie.

Elles renferment du sang pur rouge dans quelques cas de fièvre typhoïde, dans la phlébile de la veine porte, dans certains cancers de l'intestin et du rectum, dans les hémorrhoïdes fluentes ; mais chez quelques malades le sang cuit |)ar Pinlestin est noir, comme lorsqu'il vient de restoraac, et il ressemble à de la terre délayée d'où le nom de melœna. C'est ce qui a lieu dans les évacuations alvines du cancer gastrique et de la fièvre pernicieuse hémorrhagique.

Les selles peuvent être purulentes A^ns les abcès du foie, de la fosse iliaque ou du pourtour de l'utérus ouverts dans l'intestin ; — on les trouve mélangées A aliments indigùrês dans la lienterie par insuffisance de suc gastrique, et dans la diarrhée entretenue par la présence de vers dans les intestins. — Dans ce dernier cas, elles sont remplies d'œufs d'entozaires, et il suflit de regarder une parcelle d'excrément au microscope pour les voir. S l'on y trouve des œufs de Irichocéphales, des œufs de tœnias, ou

des œafs de lombrics, faciles à distinguer par leurs formes différentes, on pourra affirmer qu'il s'agit d'une diarrhée vermineuse (i).

Certains médicaments peuvent modifier la couleur des selles par suite d'une action chimique inconnue : le calomel les rend verddtren^ quelquefois d'un vert noir, et le sous-azotate de bismuth les rend noires, tandis que la fuchsine les teint en rouge. Chez les enfants, la couleur des selles varie : elles sont jaunes ; quelquefois glaireuses comme du blanc d'œuf ; ou bien elles sont verdâtres, panachées de blanc, par suite de la réaction des acides da canal alimentaire sur la matière colorante de la bile et sur lalbumine mélangée aux fèces. — D autres fois on y trouve des taches blanches de caséum, dan; la lienterie des enfants, par exemple. — Elles exhalent souvent une odeur fade, aigrelette, indiquant leur acescence, et leur acidité peut être telle qu'un linge sali une fois revient du blanchissage brûlé et troaé comme il pourrait l'être par un acide très concentré.

D autres fois, enfin, les selles contiennent des cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien, des cellules d'épithélium, des globules pyoides, des débris de Penicillum glaw;um, et d'innombrables microbes, etc.

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