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DIAGNOSTIC DES DIFFÉRENTES ESPECES DE DIARRHÉE

Le point capital, dans l'étude de la diarrhée, c'est la détermination des causes qui lui ont donné naissance, de sa nature et de son diagnostic différentiel.

Chez un enfant, il faut d'abord s'enquérir de l'état de la dentition, de l'alimentation, des modifications de la température, examiner la nature des selles, leur couleur, leur quantité, chercher s'il n'y a pas d'organe malade dans le ventre, s'il n'y a pas d'œufs d'entozoaires dans les excréments, s'il y a des détritus d'aliments reconnaissables non digérés ; et l'examen attentif de ces différentes questions suffit en général pour révéler la nature des accidents.

Pour les adultes, on étudiera la diarrhée sous le rapport de la quantité des selles, de leur couleur, de leur nature, des phénomènes qui accompagnent leur expulsion, selon que la diarrhée est fébrile ou apyrétique, qu'elle constitue la maladie à elle seule ou qu'elle n'en est que l'accom^ pagnement. On s'inquiétera s'il y a chez le malade un vice rhumatismal, goutteux ou dartreux, ou bien un flux habituel supprimé qui puisse être rorigine de l'hypersécrétion intestinale.

Si la fièvre manque, on cherchera s'il y a, comme nous venons de le dire, un trouble physiologique quelconque, une diathèse particulière, si le malade a éprouvé quelque émotion vive, etc.

(1) Bouchut, Traité des maladies des nouveau-nés, 7* édition. Paris, 1878. -^ Voyez ie chapitre consacré au diagnostic des entosoaires de l'intestin et des maladies qui en résultent, avec la figure des œufs de chaque espèce de vers intestinaux.

Un état fébrile réclame toute Tatlenlion possiWe, afin que l on sache si la diarrhée est sympathique ou symplomatique, cm bien si elle réiinil ces (Jeux eonditioiis. Dans ces cas, l'ensemble des symptômes, l'éUl des organes, leurs fonctions, seront étudiés avec soin. La diarrhtîe poal être siniplemcnt inÛammatoire, typhoïde, toxique, tuberculeuse, fébrile ou rhumatismale.

Les selles sanguinolentes nécessiteront quelquefois la pratique du toucher anal, dans le cas d'hémorrhoïdes, de fissure anale ou de cancer du rectum ; celle de l'auscultalion et de la ptMTussion, au contraire, dans les maladies du cœur, des poumons, etc.

La cessation de la diarrhée dépend de la cause qui la produit. Quand la diarrhée n'est qu'un flux, elle <*st le plus souvent passagère, comme la cause qui l'a provoquée. La diarrhée sympathique dure généralement p«Mi de teni|)s: celle du début des lièvres éruptives, de quelques fièvres graves, disparaît dès que la maladie est tout à fait déclarée. Nous en excepterons toutefois la lièvre typhoïde, dans laquelle elle dure presque aussi longtemps que la maladie elle-même.

La diarrhée s\mptomali(ïue dt^s lésions intestinales persiste plus on moins longlen)i)s, et se prolonge autant que la cause qui lui a donn^* naissance.

La diarrhée inflammatoire est toujours plus longue que la diarrhtn^ prtuluile par h*s agents loxicjues, (h»nt l'action peut être grave, mais n'est que passagère.

La diarrhée (jui cesse est presque toujours suivie d'un peu de constipalion. Ce phénomène n'avait point échappé à Ilippocrate, qui dit, en envisageant la (|uestion stuis un plus grand point de vue : « A-t-on le ventre lâche dans la jeunesse, on sei-a constipé étant vieux (l). »

AliTICLE V

La diarrhée peut se terminer par la mort. Cette terminaison est rare dans la diarriiee calarrhale ou sj)asmodi(pie, si ce n'est chez les enfants on l'on voit survenir scuivent des symptômes de choléra. — C'est Ventèrite cholrriformr on ch'^fcV'! ijifantile. Piorry a vu des exemples d'enlérorrhéo suivie de mort: j'en ai oh^er^e a rhr»pilal des Enfants et en ville un tW*s grand nombre. — La mort est très fréquente dans le cas de diarrhée s\inploinati»|ue. Cela dt'peud de la nature de la lésion, de son caractère inflammatoiiv simple ou de sa nature organique tuberculeuse ou cancéivnse.

l'.he/ ceux qui succombent à la suite d'une diarrhée abondante, on ne livuve <|uelquefois aucune altération de l'intestin, ainsi que cela arrive

(l> Mippocrale. Œuirr<^ ira.i. Li;iré. Ayhn^mes, t. IV, aph. Il, ^ iO.

SIGNES Ï^ÔtfHHtS Att OtAC^&TfÔ PJit( lÀ ïnARRHÉE. 66)

4à1kÈ bémhli Cas d'et)létt)h*hée ct)e^ )é^ enfatità et ôhéSs lés âdilltés, dttïtft <}liél()tie8 afTèctiofis pum^përàteS, et che^ lë^ Vieillatds de Bicétfè oti de la Salpètrièfe.

Lôi^U^il y a une léftioli tnteâtitiàlé, t;ette iMùû petit Oèotipèf là fntiquea^e' eiclusivèttienty ou bien les folticnles dissétninéS) ôtl bien lés follicules agminés, autrement dits glandes de Peyet. La tnnqneose pféh sente une coloration variant du rose tendre àtt gris ttl^oisé, ott àU btiiù noir, Selon le degré de Tirritatton ; elle est soUs formé de plaqués iitégtilières ; quelquefois, chet leis scorbutiques, ces plaqués sont reniplâcééS par des pétéchies. l'flf te Iklt tnémé de rinflatmnàtlôrt, cette muqueuse peut éire ramollie, amincie, d'antres Fois infiltrée de sèfoMté, ainsi quë Ôehnas dit l'avoir observé dans la premièfé épidémie de choléra. Dams cette dernière maladie cependant, elle à presque toujoUi^ une épàieseur et une consistance normales.

Les follicules isolés sont augmentée dé tolumé, hypéHrophiéâ à )à suite des flux chroniques chez les enfants, dans lé dioléfa, Ce qui avait porté bally et Serres à créer lé mot de psofénterie (gale des intestins), poa)r désigner cette disposition particulière, dans la fièvre typhoïde, où l'on rencontre presque constamment le gonflement et les uicémtions des foUitutés ièoléë et agtnîftés, ou plaques de Peyer ; dans l'entérite tuberculeuse et cancétieUse, où les ulcék^tiûns accompagnent les tubenulèë, tè ^(sucBty etc.

Si la diarrhée sympathique est généiralement peu dangereuse pat* eili^ même, elle peut le devenir par suite des diflérentes circonstances qui l'accompagnent et que nous allons passer rapidement en revue.

Habituellement peu grave dànS l'enranéé, elle se manifeste très souvent au inoment du travail de la dentition, et, dans ce cas, à moins d'une abondance elcessiVé faisant cralndfe le choléra infantile, elle est considérée par beaucoup dé foédeclus cotnme un phénomène salutaire. Toutefois c'est à cet âge surtout qu'il faut s'opposer aux diarrhées chroniques, dont la persistance finit par détériorer ki eonstitiitian« en appauvrissant ie aatig, el dont les matières irritent la muqueUse hiteatinale au pcrint de l'Hl<$éretv ee <|ai les rend plus tard symptoraatiques de léakMis 1res profondes. C'eal alors le flux qui est l'origine du mal et qui est là oause des léskma visîbids qu^M trouve plus tard dans les intestins.

La diarrhée est plus ou moins graye^ selon aa formée sa marche et sa «ause organique, nerveuse ou épidéroique) ele. Aitiai la diaHiée SyiÉpathique est généralement moins grave que la diarrhée symptofiraUquév ItaMis cette dernière, le pronostic dépend entièretneot de la nalUre des lésions organiques : l'entérite typhoïde eet, loiitas dboëes égaies d'aillearfl^ pliis redoutable que l'entérite Mm|4e ; mais elle Teel moina que l'énlélrite tefeêfculeuse ou careînaroaleoaey qui sont finlaleitient mortellea^

Si la diarrhée est quelquefois dangereuseï en fevaneëe elle eel par Ibis aussi un phénomène salutaire : elle constitue une crise heureuse, ainsi qu'on l'observe chez quelques hydropiques, qUe soulage et que guérit tme

diarrhée séreuse abondante, etc. C'est dans ce but qu'on cherche à la provoquer pour amener une dérivation dans certaines maladies aiguës ou chroniques affectant la peau, les muqueuses nasales, oculaires, bronchiques, etc. Hippocrate avait remarqué leur bon effet dans lesophthalmies. a Pour qui a uneophlhalmie, être pris de diarrhée, c'est bien (l;. > On U provoque encore comme moyen dérivatif dans le but de prévenir certaines hémorrhagies, Tapoplexie cérébrale.

La diarrhée sanguinolente est plus souvent une maladie grave à cause des lésions intestinales qui la provoquent. Si les ulcérations des plaques de Pever peuvent fiicilemenl se cicatriser, il n'en sera pas de même si ces ulcérations sont de nature tuberculeuse, coïncident avec des tubercules pulmonaires, s'il y a un cancer du rectum, ou bien s'il y a des lésions organiques graves du cœur, un obstacle au passage du sang dans la vein<^ porte, etc. Eu résumé :

l"' La diarrhée catarrbale est quelquefois salutaire ;

"1" Le llux diarrhéique proprement dit n'est généralement pas grave, à moins que l'acidité excessive des matières ne corrode et n'ulcère l'intestin, ou bien que l'abondance des matières rendues ne produise l'étal asphyxique ou anémique ;

3' La diarrhée symptomatique est toujours assez grave, à cause des lésions analomiques qui lui ont donné naissance; mais celle qui résulte de lésions inllammatoires guérit fréquemment, tandis que celle que produisent les ulcérations tuberculeuses et cancéreuses est incurable

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