‹ Traité de diagnostic et de sémiologieChapitre 212 sur 295 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

SIGNES FOURNIS PAR l'EXAMEN DES MATIÈRES FÉCALES

Si les matières rendues dans la défécation étaient bien connues, non seulement dans leur apparence extérieure, mais encore dans leur composition intime, on reconnaîtrait beaucoup mieux la nature des maladies de l'estomac et des intestins. Il faudrait évidemment faire pour ce produit d'excrétion ce que l'on a fait pour les urines; mais les recherches de ce genre répugnent à beaucoup de médecins, et nous ne pouvons parler des excréments que sous le rapport de leur abondance, de leur couleur, de leur forme, et de quelques-uns des produits étrangers qui s'y trouvent mélangés.

574 TROUBLES DE L'aPPAREIL DIGESTIF.

ARTICLE PREMIER

M.VTIEHES FÉCALES LIQUIDES

Elles peuvent être aqueuses, comme dans le flux de rinleslin, dans le choléra, dans la goutte, dans la diarrhée dilecalan*hale, dans les pursations par les sels nenlivs, alcalins, etc. — Souvent alors mélangées à du mucus irlairen\ lilant ou alhumineux, à de la inucine ou à des matières jaunes en petite îihondance, elles sont incolores et transparentes, ou légèrement jaunâtres: ailleurs, elles sont blanchâtres, opalines, mêlées de petits srunieanx blancs «'onime du riz : c'est ce qu'on obsen'e dans le choléi^a.

Elles sont bilieuses, liijuides, jaunâtres ou formées de bile presque pure, dans la diarrhée inflammatoire chez les sujets très bilieux, et dans les diarrlices (jui surviennent souvent dans la convalescence des maladies aiirucN.

Elles sont graisseuses et comme remplies d'huile après les pui^lib huileux, dans les niji-ladies du pancréas, lorsque la graisse de Tintestin n'est plusémulsionnée par le suc pancivatique. CVsl du moins ce qui résullc de (|ueh|ues laits [oublies par .Moyse et ('.lande Bernard (l).

Elle>sunt (illiininnt'u^es, uuAee> ii dos fraimienls d'albumine ÛK-oIore comme du blanc d'ccut", dans quehjues diarrhées inflammatoires aignês.

Elles sont lientniiiues, li«juides, c'est-à-dire mêlées à des aliments Dim digert's. dans renlerile chronique.

Ell^s sont S'ifnfuiHoh'ntes, diius l'entérite aieué: — samjuinùienUsti inurjKeust''^ i>\\ purnl 'fttes^ unies à des pellicules membi'aiieuses, dans la dssenleii^'; — eii>an^lanlees et formées de sang pur en notable proportion, dans riienint iluuie intestinale. Alors le sang est pur et row^/e, s'il vit'iit du leelum et du irros intérim; il e>t uoiiùtre, s'il vient de Tinteslin gièle, ri t'Mit a tail /<»"/ ♦iitiii. a moitié solide, lors(|u'il a séjourné longlriiipMl.ui> !♦' Neutre. L t'xert'lion de ces matières noires liquides ou demisol;d.'N rnn?li'ur le uidiina. — Cela s'observe dans la fièvre pernicieuse (In st'iil'-ri. }!]»', «iaus le eaii(\M" d«^ lestoniac et des intestins, dans la colique uletifus,' (•lii..u;.|ue, v{ dans les hemorrhagies intestinales produites par la (ievif tv j.h -Lie, la lièvre jaune ou n'ini|>orte quel état morbide local et mènerai.

Elles >ont /''//v//^»///r< dans la dysenterie chronique, et alors le pus «t toujours niflaugr* a du sau.: et a (jut-ltjues matières stereorales liquides. On \\ ) ti'ouve du pus t'ii nalure que lorsqu'un abcès de la fosse iliaque, des liiiamt'uts larges, de la colonne vertébrale, delà prostate et du pourtour de Tamis, ou de la matrice phlegmon péri-utérin), s'est ouvert dans l'iuleslm.

0» CLmle r>o :iarl. .'. . .^ :-• / V,>;;:.i;j'- -iii -fi mentale. Wxr'is, iS56. l. II.

SIGNES FOURNIS AU htéfi^QWC FiB li'ïXh^%» I>£S MATIÈRES FÉCALES. 37&

ARTiCLE II

MATIÈRES ffiCALfiS SOUDES

Dans l'état ludurtl oe sont des matières d'un* jaune ocré, assez abondantes, mouléesi^ el d'une odeur désagréable caractéristique. Leur consistance est assez forte, et, sorties du rectum, elles conservent leur forme primitive.

Dans cet état solide, elles présentent une foule de modilcations relatives à la couleur, à la forme, à la consistance, à l'odeur, etc. — Elles sont brunes, noirâtres ou noires^ chez les individus constipés^ chez les mélancoliques et che:^ les hypochondriaques, ches ceux qui prennent du fer, du bismuth et du charbon ; — verddtreSj ches oeustqui font vsage de légumes herbacés ou qui ont pris du caiomel à petite dose ; elles sont peu abondantes, fragmenlAes, dures et ovilées, c'est-à-dire sen>èlables à des excréments de brebia, dans la constipation par gastro-eulérite chronique, dans la dyspepsie et (lans Thypocbondrie. — Au contraire, elles sont molles, filiformes ou aplatie» dans la gastro«enlérite chronique oatarrhale et dans les maladies chroniques des voies digestives, avec ou sans rétrécissement du calibre de l'intestin. — On les rencontre à l'état pultacé, c'est-à-dire en bouillie, dws les mêmes circonstances, lorsque la maladie est plus grave.

Elles sont jaundlresy pâlesj quelquefois même semblables à de l'argile, dans l'entérite chronique sans diarrhée ; — décolorées, griaéirtê^ dans l'ictère, par obstacle au cours de la bile dans l'intestin; — striées de laiijf, dans la colite chronique, la fissure anale et les hémorrhoîdes fluentes.

Oq trouve souvent avec les matières fécales solides, à leur surface, dans une étendue assez grande, des pellicules jatMdlres, blanches^ albumi^ n^UêeSj constituées par du mucus ou des masses d'épilhélium allongées, el formant des pseudo^membroMes que l'on a pris, soit pour des vers, soit pour des fragments de membrane muqueuse. Ces pellicules ne sont autre chose que de Tépithélium uni à du mucus compact sécrété par la muqueuse, intestinale; elles sont formées d'albumine concrète, de cellules épithéliales altérées et de globules muqueux et pyoîdes. — On les observe chez les sujets constipés, dans l'entérite chronique, obez les hypochondriaques et chez les femmes très nerveuses. Il est rare que ceux qui souffrent un peu du ventre et de* digestions, après avoir eu autrefois une forte diarrhée, ne présmtent pas oM petbaules à fai surAioe de leurs matières exeréoieiitîUeUea*

Page 1