CHAPITRE XIII
On appelle constipation la rareté, la sécheresse et la dureté des matières fécales.
La constipation s^accompagne habituelle^nent de coliques, de tension du ventre, de chaleur, de hallonnement et d'inappétence. Chez certains sujels maigres, on peut reconnaître, par l'exploration du ventre, des matières dures dites ^f(7/^>a/t^s•, arrêtées dans le gros intestin. Ailleurs, on sent ce> matières diu'es dans l'extrémité inférieure du rectum, d'où elles pressent et gênent la vessie, le vagin et la matrice.
Dans ce cas, la constipation alterne souvent avec la diarrhée. Les matières fécales agissent comme de véritables corps étrangers, provoquent une sécrétion nniqueuse plus ou moins abondante qui les entraîne au dehors de l'intestin.
La constipation a pour causes principales et directes : 1" la paralysie et l'atonie de Tinteslin ou des parois de l'abdomen, à la suite des maladies du cerveau et de l'intoxication saturnine ou opiacée, ce qui forme la constipation hyposlltcnique ow constipation nerveuse ; ''l" l'obstruction produite yiar des lésions de la paroi intestinale et de sa membrane muqueuse; par des tumeurs du voisinage; par le spasme du sphincter de Tanus; c'est une sorte de constipation mécanique; 3" les phlegmasies chroniques, qui amènent le défaut de sécrétion des liquides qui servent aux phénomènes de la digestion, tels que la bile et le mucus; c'est la constipation inflammatoire, etc.
La consti|)ation est donc le symptôme d'un grand nombre de maladies. et son étude est très importante dans le diagnostic. — On l'observe dans la méningite accompagnée de vomissements, — dans les maladies organi(|ues de l'estomac, — dans les maladies du cerveau, — dans la colique de plomb^ — dans l'intoxication par l'opium, — dans les tumeurs de l'intestin, — dans la fissure à l'anus; — dans les hémorrhoïdos, etc.
Elle est presque constante dans la î«^'n/«r///e. Les évacuations sont sèches, rares, le ventre aplati, et il y a toujours des vomissements au début. Cette constipation lui sert désigne distinctif avec la lièvre typhoïde. En effet, dans cette dernière maladie, avec la (ièvre et la stupeur plus ou moins grande, existe de la diarrhée, cl un ballonnement du ventre qu'on n'observe point dans la méningite. En cas de doute, la cérébroscopie permettra de distinguer dans l'œil des lésions qui révèlent la phlegmasie des méninges.
La conslijjation s'observe encore dans Vapoplexie^ dans le ramollissement cérébral et dans les tumenrs du cerveau. Celle-ci et la rétention
SIGNES FOURIfIS AU DIAGNOSTIC PAR L'eXAMEN DES MATIÈRES FÉCALES. 573
d'urine qui raccompagne indiquent Tinertie du rectum et de la vessie, inertie qui dépend de la lésion des centres nerveux.
Elle accompagne le rétrécissement du pylore^ à cause du peu d'abondance des matières qui passent dans l'intestin ; les hernies, les étranglements de l'intestin ; la colique de plamb^ par suite de la sécheresse de la muqueuse intestinale et de la paralysie des parois de Tintestin ; Victire spasmodique, et il s'y joint une coloration jaune bilieuse de la peau. La constipation nous parait être ici un signe d'autant plus important à noter, que Ton ne la rencontre pas dans l'ictère fébrile, et on peut la considérer comme un signe différentiel entre ces deux espèces d'ictère.
Elle s'observe enfin dans les pMegtnasies chroniques de l'intestin^ par suite de la sécheresse de la muqueuse intestinale ; dans la convalescence des pklegmasies, surtout chez l'adulte ; dans la convalescence de la fièvre typhoïde; dans la péritonite aiguë générale y dont elle constitue l'un des symptômes les plus importants. C'est un phénomène du début et de la période d'état de cette phlegmasie. Il ne caractérise pas seul la maladie ; mais, réuni aux autres symptômes, il a une très grande signification.
On l'observe dans la grossesse^ dans les tumeurs del'oratr^et de Vutérus qui compriment l'S iliaque ; dans les hémorrhoïdes et tumeurs du rectum, dans les fissures à Vanus, etc.
La constipation nerveuse, cérébrale, et la constipation sèche peuvent être guéries par le régime lacté, la cure de raisins, par la belladone à petite dose, par les légumes herbacés en abondance et par les douches ascendantes rectales. La constipation mécanique, au contraire, n'est que soulagée par ces moyens, et il faut s'adresser à la cause même du mal, et enlever l'obstacle au cours des matières pour la faire disparaître.