CHAPITRE XVI
Des douleurs abdominales se montrent dans un grand nombre de maladies organitiues et nerveuses des voies digestives et des organes renfermes dans la cavité du ventre.
La condition anatumique nécessaire à la production di; cette douleur dans l'état patbologique est, dit-on, la distribution aux organes malades de filets nerveux du système cérébro-spinal, que ces filets soient d'ailleurs sensibles ou ne le soient pas dans l'étal babituel. Quant à ceux qui ne reçoivent que des filets nerveux du grand sympathique, lisseraient, d'après IJouillaud, coinplètemenl insensibles. D'après cet observateur, la douleur man(|ue dans les maladies de l'intestin grêle et du péritoine viscéral, parce que ses parties ne reçoivent que des rameaux venant du grand SNUjpaihique ; taudis (jue les autres organes du ventre reçoivent à la fois des rameaux du grand sympathique et du système cérébro-rachidien. Il y a douleur abdoiniualedaiis les maladies de l'estomac, du foie et de la rate, parce que, outre les filets du grand sympathique, ces organes reçoivent des filets du pneumogastrique. Il y a douleur du ventre dans les maladies des reins et de la matrice, parce que, outre les rameaux qui viennent du grand sympathique, ces organes sont animés par des nerfs venant des plexus lombaire et sacre. H y a douleur dans rinllammalion du péritoine pariétal, parce que cette partie de l'enveloppe des organes abdominaux ne reçoit pas seulement des filets du grand sympalhicjue, mais qu'elle en reçoit encore des parois abdominales. Sans doute, les tissus qui reçoivent des nerfs du système cérébrospinal sont plus douloureux que ceux qui sont animés par le g:rand sympatln(|ue, mais il n'est pas exact de dire que ces tissus privés de nerfs restent indolents dans l'état morbide. On sait aujourd'hui que les tendons et les ligaments enllammés sont très douloureux, et il en est de même pour l'intestin grêle et la séreuse qui le couvre.
La douleur du ventre s'observe dans une foule de maladies inflammatoires, aiguës ou chroniques des voies digestives et de leurs annexes, dans les névralgies et dans les maladies organiques des viscères abdominaux. Elle n'est pas toujours identique, et elle diflère suivant une foule de circonstances, suivant son siège, suivant la nature de^la maladie dans laquelle on l'observe, etc.
On peut dire qu'elle est en rapport avec l'étendue de la lésion, non p*s à cause de son intensité, mais au point de vue de la surface occupée par