SIGNES FOURNIS AU BUGN03TIC PAR LA DOULEUR ABDOMINALE
elle. Si elle est circonscrite et bornée à Torgane malade, elle a lue grande valeur dia^oiostique ; malheureusement elle ne conserve pas toujours ce précieni caractère, car elle se généralise, et s'étend aux parties voisines. Toutefois, dans le lieu primitifdela lésion, la douleur est toujours plus vive qu'ailleurs, et c'est de là qu'elle s'irradie en suivant le trajet des nerfs. Ainsi, dans les maladies de l'estomac, les douleurs ne se bornent point au ▼entricule, elles s'étendent assez loin, et, chose curieuse, à la région correspondante du dos et à la paroi intérieure de la poitrine. On sait que dans les maladies du rein les douleurs sur le trajet de l'uretère sont communes ; chez des enfants ayant des calculs du rein ou de la vessie, les douleurs à la verge et surtout au gland sont extrêmement fréquentes; elles constituent même chez les jeunes enfants un signe probable de calcul vésical. Dans les maladies de la matrice, les douleurs s'étendent aux lombes, aux aines, aux cuisses, etc.
La douleur du ventre peut être superficielle ou profondes. Ses caractères sont variés, dépendent et de l'organe qui est atteint et de la nature même de la maladie dans laquelle elle se montre. Elle est sourde dans les inflammations de la muqueuse intestinale et dans les maladies des organes parenchymateux, aiguë et parfois excessive, au contraire, dans les maladies de la séreuse péritonéale. Ici, c'est une colique ;^\ors elle se localise dans l'intestin, et elle se montre par accès avec tortillement de plus en plus pénible et douloureux. Là, au contraire, ce sont des crampes, et il y a sentiment de contraction, ou des élancements comparables à des coups de canif.
Ailleurs la douleur prend la dénomination de iéuesme^ quand elle est accompagnée de fréquents besoins d évacuer qu'on ne peut satisfaire, ce qui s'observe souvent au rectum, à la vessie, au vagin et à la matrice. Elle se présente encore avec d'autres caractères; tantôt spontanée^ tantôt provoquie, elle s'exaspère par le plus léger contact, ce qui s'observe dans la péritonite aiguë, ou au contraire, comme dans la colique de plomb, elle est notamment soulagée par une vigoureuse pression des parois de l'abdomen.
Permanente ou passagère, elle augmente graduellement ou brusquement ; elle cesse tout à coup ou progressivement, selon les circonstances el souvent sans qu'il soit possible d'en indiquer la raison.
On observe la douleur abdominale dans une foule de maladie des parois du ventre et des viscères renfermés dans sa cavité : V dans le rhumatisme des parois abdominales, à la suite du froid; dans la fatigue des secousses de toux à la suite d'une bronchite aiguë violente; dans la colique saturnine, au sommet des muscles droits, etc. ; 2"* dans la gastralgie et la gastrite, dans la dysenterie, dans l'entérite, dans le cancer de Tintestin, dans la péritonite, dans la colique de plomb, dans les maladies des reins et du foie, dans les névralgies des parois abdominales, etc., et dans les maladies de la moelle surtout l'ataxie locomotrice, où elle Corme une bmrre dondomreuse ou ceinture.
584 THoriiLES DE l'appaheil digestif.
1° Dans la (jastralgic, la douleur a pour siôge la région de reslomac. Ce sont des liraillenionts, des crampes qui s'irradient à la partie antérieure de la poitrine, dans le dos, jusque dans les bras et au cou. Ces douleurs sont réveillées et augmentées par la pression à l'épigastre, par le travail de la digestion, et cependant Tingestion des aliments les soulage quelquefois. On leur donne le nom de pi/}^osis,de soda ou de fer rowye, quand elles ressemblent à un sentiment de chaleur, de brûlure, le long de l'œsophage, avec renvois, rejet d'un liquide aigre et acide.
2' Dans la (/astrite, nialadie très rare à l'état aigu, plus fré(juenle qu'on n'a voulu le croire depuis un certain nombre d'années, la douleur occupe la région épigastriijue; elle est plus ou moins vive et permanente, avec vomissements, perte d'a[)pétit, rougeur de la langue et fièvre médiocrement intense au début. C'est un sentiment de chaleur et de brûlure insupjx^rtables.
Dans Ventérite aifjnë, la douleur est sourde, rarement très vive, accompagnée de gargouillement ou de borborygmes et elle apparaît surtout dans les cas où le caicum, le gros intestin et le péritoine prennent part à la maladie. C'est ce qu'on voit dans renl'M'ite tuberculeuse et dans l'entérite typhoïde, etc.
Daui^ Ventérite chronique vi dans l'indigestion intestinale, il y a pesanteur, gène, chaleur dans l'abdomen; mais il n'y a généralement pas de douleur bien vive.
Dans la cotite aiguë et dans la (fysenterie, la douleur abdominale est très prononcée; elle existe sous forme de colique. Quclquelois très vive, et s'exaspérant spontanément ou à la moindre pression, elle s'accompagne de pincement, de borborygmes et de besoins d'évacuation. Elle existe le plus souvent sur le trajet du côlon; mais quelquefois elle est générale. Elle cesse après une évacuation pour se reproduire un peu plus tard. Il s'y joint souvent du ténesme et des épreintes lorsque le besoin d'évacuer est très frécjuent et que les malades ne rendent qu'une petite quantité de matières.
haLUs la. colite chronique, la douleur est sourde et occupe le côlon de façon à simuler la gastralgie.
Dans \ii péritonite, la douleur abdominale est générale, très aiguë, sans intermittences, superficielle, exaspérée par la moindre pression, par l'application de la main ou par le poids d'une couverture. Très forte dans la péritonite traumalique ou par perforation (péritonite toujours sui-aiguè), elle est beaucoup moins intense et fait quelquefois défaut dans la péritonite puerpérale, conmie dans la péritonite chronique simple et dans la péritonite tuberculeuse.
Dans la colique de plomb, les douleurs sont très vives, apyrétiques et reviennent par accès ; tantôt générales et tantôt localisées à la région de l'ombilic, une forte pression exercée sur le ventre calme ces douleurs, et les malades cherchent eux-mêmes à faire celte compression en se plaçant en travers de leur lit, couchés sur le ventre. Cependant ce soulagement de
la douleur produit par une forte pression n'est pas un phénomène constant, car on voit encore quelquefois, assez souvent môme, des malades qui ne peuvent supporter sur le ventre le poids d'un cataplasme.
Dans la colique néphrétique^ la douleur revient par accès très aigus. Elle siège à la région lombaire, sur le trajet de l'uretère, dans Thypogastre et même jusqu'à l'extrémité de la verge. La douleur, ordinairement sans fièvre et accompagnée de vomissements, diminue par la pression sur les lombes et sur la paroi abdominale.
Dans la colique hépatique, la douleur est apyrétique et revient également par accès intermittents; elle occupe la région hépatique, et s'accompagne souvent d'ictère, de vomissements et de rétraction de l'abdomen.
Dans le rhumatisme des muscles abdominaux la douleur existe partout au toucher et s'exalle par les mouvements et les secousses de la toux.
Dans les maladies de la matrice et dans les névralgies des parois de Vabdomen observées dans la chlorose et Yhystériej la douleur abdominale occupe différents points de l'épaisseur des parois, et comme l'a établi le docteur Alph. Bezançon (1), ces douleurs se distinguent en ce que la pression sur un point circonscrit de la peau leur donne une excessive acuité, (les douleurs ont un siège fixe qui est le bas ventre; elles sont quelquefois continues, mais elles se présentent plutôt sous forme d'élancements qui s'étendent sur le trajet des nerfs voisins. C'est ainsi que cela se passe dans la névralgie ilio-lombaire, dans la névralgie ilio-scrotale, dans la névralgie ilio-vulvaire. Dans ces névralgies, il y a toujours un ou plusieurs points douloureux, en arrière, au niveau des trous de conjugaison des vertèbres, en avant, au niveau de la crête iliaque et du pubis.
Comme ces douleurs siègent souvent chez la femme au niveau de Tovaire, dans la fosse iliaque, on a pensé que c'était là une hyperesthésie de l'organe plutôt qu'une névralgie des parois. — C'est un symptôme de l'hystérie. — En pressant fortement l'ovaire on détermine une vive douleur qui, par son action réflexe, détermine parfois une attaque d'hystérie. Mais en pressant plus fort avec la main ou au moyen d'une pelote spéciale on fait cesser les accidents nerveux. C'est à vérifier. En tout cas le point ovarien existe chez toutes les femmes et il n'en est pas une chez laquelle une pression un peu forte de cette région ne détermine une vive douleur.