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CHAPITRE XXVI

A la dyspepsie se rattache la gastralgie, et réciproquement. En effet, tous les gastralgiques sont plus ou moins dyspeptiques et souffrent de la région de l'estomac par difficulté de digestion.

La douleur d'estomac existe quelquefois chez les enfants, plus souvent à i'àge de la puberté et chez l'adulte. Elle se montre plus rarement chez les vieillards. C'est un état morbide plus commun chez la femme que chez rbomme, car il est intimement lié à Tintégrité des fonctions utérines.

Il y a une gastralgie idiopathiquef sympathique et symptomatique.

La gastralgie qui se montre dans l'inanition, après une forte contrariété, après une suppression des règles, ou après des règles trop abondantes, dans la chlorose des jeunes filles, est inhérente au trouble des fonctions gastriques, el sa cause est inconnue : c'est la gastralgie idiopathique.

Celle qui se montre dans le cours de la métrite aiguë et chronique, dans les déplacements de matrice, dans les ulcérations du col utérin, dans la leucorrhée, dans les maladies du rein, dans les maladies du foie et de l'appareil biliaire, dans Thypochondrie et dans quelques affections céré-

0(M.) TROURLKS DK l'aPPAREIL DIGESTIF.

l)rales, est sfinfjialhifjHc. VA\o résulte des liens que le nerf grand synipu tliiijue des oriianes malades présente avec resluniae.

La <xastral:;i(* (jui resnjlt' de rinllaniniation aii:ué ou cliroiii(|iH' d«resloniar et de l'intestin grêle, dans la lyphlite cbroni(|ue, dans la enl«>naliiie, dans la eonstipalion, de l'alcoolisme aigu, de ralinKMilatiun \ro\^ c(jpieuse ou indigeste, des plileginasies de l'int^îstin, des caiic»'rs et d»'N tumeurs d(*. l'estomac, (»sl sf/iffptonHtllfiur; mais celle-ci n'est pas, à vraiment parler, ce (pion appelle gastralgie. Ce nom est ])lus sp«'''ial«"m»'nl réservé aux douleurs nerveuses de Teslomac.

Ouoi (pfil en soit, la gastralgi*^ n'est, comme la dyspepsie, (ju'mi synijîtùme.

Elle est caractérisée par (l<'s douleurs plus ou moins vives de la régimi epigastiicpie, avec une dys()ej)si(î plus ou moins forte. Tant<'»t ol)scure>. jjrolondes, à j)eine appré(Mal)lr's, et tant«H très aiguës, ces douleurs ont (piel(|uelois le caractère de crampes, de pincement, de grignolennni, «i*contraction ou (relancement, selon les malades. C'est très variabhs Ellt-s sont souvent accompagnées d'un besoin irrésistible de manger (juelijue diofce, et ce besoin est si pressant, qu'il semble qu'une syncope serait la consj'quence du relus d'y obéir. Pelles sont parfois acconipa^nees de gonllement, d'éructations, de brûlure d^sopbagienne, el elles se calment ou s'augmentent par le repas. Avec elles on observe souvent d'autres névralgies, et notamment de^s névralgi(»s temporales ou inlercoslales.

Avec la gastralgie existe liabiluellement de la constipation, mais il \ a (pj(dquelois de la diarrlh'c au bout de vingt -quatre heures, et la face, pftlr «►u jaunâtre, exprime par la teinte bistre des paupières inférieures un ♦-lai de soudVance réel.

Il ne faut i)as confondre la gastralgie el la ccdoiiah/iey qui occupe la même région, et qui résulte de l'entérite chronique et du catarrhe clironi(|ue des intestins, car celle-ci est un signe de colite et s'accompagne d obstruction stercorale du caM'um appréciable à la main. — La gaslraLie idiopathique et sympathi([ue s'observe, surtout dans la jeunesse, chez les sujets faibles ou chloroti(pies, chez les hypochondriaques, el avec les ap[)arences de la santé. C'est à ce point qu'on peut dire qu'une douleur d'estomac (jui ne produit pas d'amaigrissement ni de (ièvre est une aiïection iKU'veuse, c'est-à-dire une véritable gastralgie. Aj)rès quarante ans, la gastralgie simple étant rare, il faut se méfier et craindre l'apparition d une maladie organique de l'estomac.

Quand la gastralgie s'accompagne de crises assez vives et qu'elle est compliquée d'hyperhémie du foie et d'une teinte jaunâtre du visage, il faudra songer à une aiïection du foie, et surtout à une gravelle biliaire, dont je parlerai un peu plus loin, à l'occasion des signes fournis par la douleur au l'oie.

Si la gastralgie pioduit un peu de lièvre, de l'amaigrissemenl, de la boulimie, des alternatives de constipation ou de diarrhée, enfin même de

la diarrhée, il est certain qu'elle est symptomatique d'une gastro-entérite chronique. Ce n'est pas une véritable gastralgie.

Comme on le voit, les douleurs de la région de l'estomac n*ont pas une signification sémiologique absolue. Elles ne valent quelque chose en diagnostic que par leur association avec les autres symptômes, et comme les maladies qui leur donnent naissance sont très nombreuses, il en résulte que leur nature est souvent très difficile à reconnaître.

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