‹ Traité de diagnostic et de sémiologieChapitre 246 sur 295 · C. — Variations de rurée dans les maladies · texte numérisé non relu

C. — Variations de rurée dans les maladies

Acrrs fébrile, — Augmentation de l'urée avant le frisson, summum d^ chaleur et d'urée pondant le frisson, puis diminution. (Fiè^Te hectique de> tuberculeux, début des maladies fébriles.) Le même phénomène s'observe dans les lésions des voies urinaires et des conduits biliaires, dans cerlainN troubles nerveux. Quelquefois cependant, au lieu d'augmenter, Turet» diminue.

Alffinn finir ic. — Les variations de l'urée sont en rapport avec les différentes causes qui ont produit Talbuminurie. Au début de la néphrite albuniineuse, diminution peu considérable de l'urée, diminution croissant avec la réirion rénale, ranéniie et la cachexie. S'il y a intoxication, à la période (les vomissenienls et des coliques, l'urée est six à sept fois moins considérable et l'urine réduite aux trois quarts de sa quantité normale.

Afirmie. — IVcijucrel a vu descendre le chiffre de l'urée à la moitié, même au (|uart de la normab*. Le minimum d'urée coïncide avecles synipt«'»nies de l'ancniie la ])lus prononcée.

Aiioj'hwie. — L'uree au-imente avec la chaleur lorsqu'après la paralysie il survit'iil d»' la lièvre.

(Aichef i^'. — Lurce desco:.d à une très faible proportion.

(!'ich'\ri'' ('/;?'> /y// nv. — Favre a vu, dans un cas de cancer utérin, l'urine au^niouler, l'uiro disparaître: dans certains cas de cachexie, par suite de oanoor stomacal. la production de liinv et de l'urine fut réduite au miniinuin. I»ans un cas do canoor du foio, la proportion de l'urée était de 6 à T gi-aminos pour Ton oonlinietros oubos, on ^i heures.

f.Vr'or'X''. — L'urro rsl en faible proportion. Bouchard a constaté quelijues cas d'au-Tuientatiou.

(Ih'^'- -w. — l»'al)ord la jiroduclion de l'urée esl exagérée, puis l'ischurie arrête oeLe produeli«Mi. Ou [>on>e que, tians cette circonstance, la production d'urée o>t superieiuv à la normale: quelquefois elle est inférieure. Oaus les urines d'un oh.deriquo delii-aut, on trouve des quantités impon- <K râbles d'uree, et dan-^ sou sang, ^>,'Vi pour i^^^^; dans les urines d'un chv^lerique à la p-rioJe de réaction, l'U trouve :ÎS.»'»0 pour llHX> d'urée. — Vecuuuilaliou d'ureo dans le sang, — cxlour urineuse des cholériques, — aui:mentalion de Turoe dans rhematurie, qui s'est élevée jusqu'à 45 ffram-

SIGNES TIRÉS DES MODIFICATIONS DE COMPOSITION DB l'uRINE. 635

mes. — Peu d'urée (0,15) dans les matières vomies, et point ou très peu dans les matières fécales.

Cirrhose. — Dans trois cas de cirrhose, Ândral a trouvéSO à 23 grammes d'uràe pour 1000. Quelquefois, et même souvent, cette proportion est de 10 à 12 grammes, et peut descendre à 6 et 5 grammes. Dans un cas de kyste hydatique du foie, les oscillations dans les quantités d'urine et d'urée furent très étendues.

Cœur et affections cardiaques. — Avec complications pulmonaires, on a observé des chiffres variables, ainsi 4vr,8 et 22 grammes d'urée pour iOOO. — Quand il y a complication d'hydropisie, on remarque une diminution de l'urée; s'il survient une crise urinaire spontanée ou provoquée, l'urée, d'abord à 25 grammes, s'élève à ^0 et à 60 grammes, puis redescend.

Courbature. — Après un exercice musculaire prolongé, poussé jusqu'à la fatigue, la quantité d'urée rejetée augmente beaucoup, et, comme Blatin fils Ta établi, elle peut atteindre le chiffre de 60 grammes par jour.

Diabète sucré. — Au début, le chiffre de l'urée est de 80, 100, 164 grammes, même avec une alimentation insuffisante ; puis l'inanition fuit tomber ce nombre. Si la température s'élève, l'urée augmente, les matières extrac* tives diminuent et le sucre peut disparaître.

DiphthéritCy angine couenneuse et croup. — D'après les recherches que nous avons faites jour par jour avec mon élève, M. Lariwé, sur 30 enfants atteints d'angine couenneuse et de croup, 17 cas n*ayant pas d'albuminurie et 13 cas avec de l'albumine dans les urines; il y a eu constamment une notable diminution d'urée qui a varié entre 9 grammes et 15 grammes pour les vingt-quatre heures.

Élimination de Vuréepàr des voies anormales. — Parles vomissements accompagnant les troubles nerveux de l'urémie, par la diarrhée colliquative de Turémie, par les liquides normaux ou pathologiques de l'économie. Dans le liquide ascitique d'un agonisant n'ayant pas uriné depuis trois jours, on trouva 90 grammes d'urée pour 15 litres d'urine. Chez un brightique avec urémie depuis dix jours, beaucoup de matières extractives et :24 grammes d'urée pour 12 litres de sérosité abdominale.

Emphysème pulmonaire. — Dans un tel cas, compliqué d'oedème, bronchite et accidents urémiques, on a observé une diminution de 10 à 12 grammes; les diurétiques la firent remonter à 25 grammes, et avec le retour du collapsus l'urée redescendit à 12 grammes.

Êrysipèle. — Données incertaines.

Fièvre intermittente. — L'extractif et l'urée augmentent dans le sang et les urines avant l'apparition du frisson. Le maximum de l'urée a lieu entre le stade de frisson et celui de chaleur. Puis l'urée diminue, tombe de moitié à la défervescence. Quelquefois le maximum d'urée survient avant, le minimum après le frisson. Les matières extractives subissent des variations simultanées et inverses. On observe un antagonisme entre le chiffre de l'urée^ et celui du chlorure de sodium. -— S'il y a anémie et cachexie, le sang et les organes hématopoïétiques sont altérés dans leur condition ; les échan-'

OIJC) LLSIO.NS DE l'appareil LIUNAIRE ET ALTÉRATION DE L URINE.

gos nutritifs et les déchets organiques diminuent. Après le Iraitenitut. l'urée augmente rapidement, à <ause de la diurèse et des progrès dsanté générale. — L'urine des jours pyrétiques a une proporliou d'urée en désaccord avec l'intensité de la température, mais elle est supérieure a celle des jours intercalaires.

Ficrrr typhoïde. — Désintégration des tissus activée, — augmenUlioi» de l'urée et des matières extractives, — élévation très grande de lalempr»rature. — Cependant, l'élimination d'urée dépasse rarement la moNenne physiologicpie ; il n'en est pas de même pour les matières extractives. — Dans la lièvre typhoïde: au début, augmentation de l'urée, puis dans 1«^> formes adynami(|ues diminution; la production ^e relève pendant la convalescence. — Quel(|uefois, on rencontre une diminution très forte d^l'urée.

Fièrn's crnitlires. — VAude peu connue; le deuxième jour d'une tièvr»d'invasion, Amiral a trouvé 'M) grammes d'urée pour 1000; le jour dr l'éruption, Glialvet a trouvé I8,:2i- d'urée pour 380 grammes d'urine. Lihorde a observé une augmentation d'urée très grande dans la variole, b rougeole, l'érysipèle, la varioloïMe; ce |)hénoinène du reste ne se pri^duiî quun ou deux jours avant, ou un ou deux jours après. — Les variuK.s conllueiites donnent moins d'urée, plus d'acide urique, d'albumine. — Daii> la rougeole et la scarlatine, chifl're de l'urée plus élevé que dans la variole.

Foie et inaldilies du foie. — La physiologie n'a pu encore expliijuer le^ melamor[)lu)ses de la matière azotée dans ce cas pathologique.

(joulte. — Ici, il y a production exagérée d'acide uri.iue. — On a trouve un excès d'urée dans le sang et la sérosité d'un vésicatoire, dans plusieurs cas de goutte aiguë.

Ictèie, -- D après Frerichs, aucune modification des principes azote> de l'urine iclérique. Cependant Douchardat cite des cas où l'urine renfermait l:i;l-',G et r)l)'',-2 le troisième jour de cette maladie. — Dans un cas d'ictère de cause morale, peu intense, huit jours après le début, l'auteur a trouve 10 grammes et 1-2-', 75 d'urée par vingt-quatre heures; une crise urinaire éleva cette proportion à IDr^j^J, puis l'urée revint à la moyenne physio!()i;ique. — La congestion hepaticjue donne lieu à l'augmentation t!e l'urée. Le Imilième jour de la maladie, l'urée s'était élevée à ôi^^^TS pour l]ih)0 centimètres cubes d'urine; le lendemain cette élimination s'abaissa à 25: la p«d\nrie avait per>iste.

InlhnnHiiitioii du inirencltiime héiuttit^ue. — L'urée est réduite à quelques traces et même à zéro; les matières extractives augmentent. Accuiuu lation de luree dans le sang.

Leuc0( f/lltf'nne. — La production de l'urée n'est pas très ralentie. Chez une femme très anémiijue, à rate très volumineuse et à températui'e hyponormale, le chillVe de Turee était de 20 grammes et s'éleva à 23 gramme> sous riiilluence d'inhalations oxygénées, après trois jours.

Maladie d'Addison, — Chez deux individus atteints de maladie bronzée. diminution permanente et considérable de Purée.

SIGNES TIRÉS DES MODIFICATIONS DE COMPOSITION DE L'uRINE. 637

Oligurie et anurie hystériques. — Dans Thyslérie, l'urine renferme de très faibles quantités d'urée et souvent il y a élimination d'urée par les vomissements. J'ai vu une fille qui vomissait abondamment et chez laquelle l'analyse de l'urine m'a donné une quantité très considérable d'urée. — Certaines affections convulsives (éclampsie, tétanos, strychnisme , etc.) élèvent la température et diminuent l'urée.

Phthisie pulmonaire, — Le chiffre de l'augmentation de l'urée le plus élevé est de H pour 1000 (Andral) ; chez quelques malades arrivés au dernier degré de marasme, il s'est abaissé à 6 et à 4 grammes même. Dans la phthisie aiguë, dix jours avant la mort, les urines étaient très chargées d'urates et d'urée.

Pneumonie. — Pendant la période fébrile, le chiffre de l'urée monte à 40, 50, 60, 70 grammes, maximum vers le deuxième ou le troisième jour. Après le cinquième jour, baisse à 20 et plus. L'urée augmente parallèlement à la température et tombe avec elle. Malgré l'intensité do la fièvre et la gravité des symptômes, le chiffre de l'urée peut être maintenu au-dessous <Ie 30, à cause du repos, de la diète et de l'alcoolisme surtout.

Polyurie avec asoturie. — Les urines augmentent de 2 à 4 litres ; leur densité varie de i,017 à 1,031 ; les matières solident atteignent le chiffre de 221 grammes dont 133 d'urée.

Polyurie avec dimimition d'urée. — Excrétion abondante et passagère d'urine, urée diminuée, surtout dans les mictions suivant les attaques épiieptiques et hystériques, dans la polyurie aqueuse avec polydypsie.

La polyurie simple peut ne présenter aucune modification dans le chiffre de l'urée. Dans certains cas de nervosisme prolongé, on observe, avec des symptômes hystériques, une polyurie avec diminution d'urée.

Rhumatisme articulaire aigu, — Dans cette maladie, les matières organiques de l'urine sont augmentées; Bratter a trouvé 69 grammes d'urée. Ce chiffre est variable selon les différentes complications. L'urée diminue avec la défervescence, augmente le jour de la crise urinaire.

Scorbut. — L'urée est en faible quantité dans l'urine. On a trouvé 9?%60 «n vingt-quatre heures dans un cas où la température était très élevée.

Typhus. — Dénutrition très rapide. — Pendant le summum de la maladie on trouve 40, 50, 55 grammes d'urée. La fièvre baissant, l'urée descend à 20 grammes et se relève pendant la convalescence. A l'approche de la mort, on a vu la diminution de l'urée réduite à 20, 10, 5 grammes.

Urémie. — Accidents urémiques du sang, à cause de la rétention de Turine. 20 grammes d'urine, sans transformation ammoniacale, ont tué un animal. A l'état morbide, comme à l'état sain, Chalvet a trouvé une égalité presque constante entre le chiffre de l'urée retenue dans le sang, exprimé en centigrammes pour 1000, et le chiffre de l'urée éliminée par le rein, exprimé en grammes. — Dans un cas d'intoxication mercurielle, suivie des lésions rénales et de l'urémie, Bouchard a trouvé 0>%185 d'urée et 1,10 de matières extractives pour 44 centimètres cubes d'urine en 24 heures. Le sang contenait dix-sept fois plus d'urée et trois fois plus de matières

638 LÉSIONS DE l'appareil UniNAIRE ET ALTÉRATION DES CRISES.

exliiiclivi's. —Chez un bi'ifthli(|iie, avant l'urémie, en \ingl-qualre heur^-, 01) eul '.)Û0 ccnti III elles cubes d'urine et 0 grammes d'urée ; pendant i'urrmie, le sang en coiilennit •i",83 pour lOûl) (M. Ilirne). Dans un autre ra-.. 2'',r)7-J d'urée puur iîiO coiilinièlres ciihes d'urine, siins compter ce (|iile malade avait perdu; le saii^' releimit 'î",'2i} pour 1000 d'urée,

Urticaire. — Auj;meutatioR d'urée notable, surtout s'il y a complic:ili<i: d'un accès fébrile.

Page 1