‹ Traité de diagnostic et de sémiologieChapitre 245 sur 295 · SIGNES TIRÉS DES MODIFICATIONS DE COMPOSITION DE L*URINE · texte numérisé non relu

SIGNES TIRÉS DES MODIFICATIONS DE COMPOSITION DE L*URINE

Quantité cTurée d'après la quantité d'acide phosphorique, — L'acide phosphorique croit en môme temps que l'urée d'une manière constante, de sorte que les fortes proportions de l'un correspondent aux poids élevés de l'autre; mais cette progression est beaucoup plus lente pour l'acide que pour l'urée ; en effet, le rapport qui est pour la première série (urée audessous de 15 grammes) 1/7,7, devient successivement 1/9,4, 1/9,9 1/10,8, 1/11,7 1/12, 1/13.

B. — Influence de la flèvre sur Texcrétion de Turée.

Outre l'augmentation de la chaleur et l'accélération du pouls, le dosage des produits comburés, surtout de ceux qui sont excrétés par le rein, comme l'urée, est un moyen d'évaluer l'intensité des combustions fébriles. Mais les relations de l'urée avec la température n'ont encore pu être exactement déterminées. Si la chaleur augmente, il en est de môme de Turée, à la condition que les fonctions rénales soient intactes ; mais les matières extractives et l'acide urique augmentent dans des proportions de 40 à 50. Dans les accès de fièvre, où les changements de l'excrétion urinaire sont isolés de toute autre influence, l'urée augmente beaucoup pendant le paroxysme relativement à l'apyrexie et malgré la diète. Le maximum d'excrétion de l'urée coïncide avec les hautes températures. La sueur exerce encore une assez grande influence sur l'excrétion de l'urée. L'urine fébrile est rare et condensée, excepté durant le stade de frisson. L'urée, de même que la chaleur, augmente avant que le frisson ait eu lieu. A la suite d'un traumatisme, au début d'une fièvre, l'urée augmente d'un tiers et plus, et retombe avec l'apyrexie, malgré l'alimentation. La veille d'une opération de cancer, un malade élimine 0,0166 d'urée par kilogramme du poids de son corps et en une heure, le lendemain de l'opération, 0,0231 à 0,0227. Dans la fièvre avec diète, des chiens éliminent deux ou trois fois plus d'urée que dans le jeûne. Chez les fiévreux, à cause de la diète et du repos, on atteint rarement de fortes moyennes. Alors, un chiffre normal ou un peu plus élevé est, relativement aux circonstances, plus grand qu'à letat de santé. Les chlorures subissent une forte réduction en raison inverse de la température. Dans la fièvre traumatique simple, chez des femmes nouvellement accouchées, le chlore augmente avec l'urée, ce qui peut arriver au début de toute fièvre. Le rapport entre la température et l'urée n'est pas toujours direct. L'augmentation de l'urée dans les urines fébriles ne rend pas suffisamment compte de l'amaigrissement considérable de certains malades. Durant la combustion pyrétique, les pertes pulmonaires atteignent le double de la normale. Si Ton considère l'oxydation des matières hydrocarbonées, qui produit huit fois plus de chaleur que l'oxydation des matières albuminoîdes, on comprend que les variations de l'urée et de la température soient indépendantes. Un fébricitant a produit le double de chaleur qu'un homme sain dans le même temps. Si cette chaleur avait été produite par la combustion

C34 LÉSIONS m: l'appareil urinaire et altération des urines.

d albumine et par production d'urée, l'excrétion de Purée eût été alors à\\ fois plus forte. — La chaleur animale dépend des aliments ingérés et d^ l'ordre des réactions subies par ceux-ci. — Au moment de la défervescence fébrile, souvent un llux urinaire débarrasse l'économie des produif^ excrémentitiels, accumulés ou produits en excès. Après celle crise, Ture» diminue pendant la convalescence et cette diminution est très notable, si la dénutrition fébrile est considérable. Mais les premiers éléments augmeiilent le chiffre de l'urée. L'augmentation parallèle de chlorure de sodium prouve que ces produits ont une substance alimentaire et non fébrile.

Page 1