‹ Traité de diagnostic et de sémiologieChapitre 250 sur 295 · VI. -- ALBUMINE DANS î/riUNE · texte numérisé non relu

VI. -- ALBUMINE DANS î/riUNE

]j\!llnimi)ie dans les urines s'observe très fréquemment avec ou sans changement de couleur dans ce li(|uide. C'est Valbuminurit*. fl^s ui ines pairs et un peu (roubles, comme du bouillon de poulet, et des uriiit-s rosées, renfernHMit presque toujours de l'albumine. A part ces ( haiigem^Mils extérieins, qui font pressenlir l'altération, il n'y a que la réaction pnr U chaleur et par les acides concentrés qui puisse la démontrer. — En fais-nil bouillir, sur une laujpe à alcool, quelques centimètres d'urine dans un tube îi expérience, ou en y ajoutant (juel(|ues gouttes d'acide nitrique, il >f^ fait un préc'ij>it<' blam: grumeleux (jui se dépose assez vite, et dans leipuj le micros(H)pe permet de voir une matière amor[)he irréguliere. Toutehiis des urines albumineuses peuvent ne j)as se troubler par la cbab^ur, si el'^s sont neulies. Il suflit d'ajoul(»r une petite goutle d'acide et ensuite de faire bouilhr. Alors le précipité aibnmineux se manifeste.

Il faut toujours faire la do ible ex()érience de la chaleur et de Tacidr, afin de contrôler l'une d<'s opérations par l'autre, dans le but d'éviter l'erreur. Ouel piefois rébullition donne lieu à un précipité que Ton prend pour de l'albumine et (|ui eï>l formé de sels, et il en est de même |M»ur l'acide nilri(jue. — (bi reconnaît la nature du précipité aux cara teres suivants: s'd est produit sous l'inlhuMice de la chaleur, s'il est forme de sels, il se redissoul par l'ad lilion d'une goutte d'aeide nitrique, et, [)rodiiil par 1 acide nitrique, il se dissotit ensuite par l'ebullition. — Ces phenc»mèiies ne se montrent jamiis dans les cas où ce précipité est de nature ali)umineuse, de sorte (|u'tMi contrôla/it ces deux opéialions 1 une par l'aulie, il es» impossible de ne pas reconnaître l'eellement l'albumine <jui existe dans les ui'ines.

t^ii peut einj)loyer dans ce but l'acide nitrique et tous les acides concentres, suilont Tacide picrique, mais parliculièreiïienl, d'après llarreswill, Ijn'ide p\ ro|)ho>pli(>rinue, (|ui ré\elent les plus petites quantités d'albutnine et (jui ne preeipitenl (|ue celle substance.

Pour lacitle |Heri()iie on a une solution saturée à froid dont on verse quelques cenlinuMres dans un tube a exp<M'ience, |)uison ajoute doucement une goult(^ d'urine (jui blanchit en traveibant le liquide et forme un sillon caraettMistKjiie. — L'albumine ne >e redissoul [)as dans un excès d'ai i-le, et en aucun cas celte rupieur ne donne de précipité dans les urines non alhumiieuso.

Les urines aibuniineuses ont »'lé un moment c«msidérées comme le sii:ne constant vl'une malailn» gra\e des rejis, dite maladie de Hrigbt ou U'^phrite albuiniiiruNe.>e montrant sous la forme parcncliymateuse ou interstitielle. C'est une erreur. On les (d)-erve dans un graïid nombre de maladies de la vessie et des reins autres (jue la néphrite albumiueuse, lorsque du sang

SIGNES TIRAS des MODIPICATIOHS DE COMPOSITION DE L'OBINE. 043

passe dans l'urine ou loi'squ'il y a une simple hyperhémie rénale. Alors avec l'albumine, il y a souvent une cerlaine ({uanlilé de globules sanguins. C'est ce qui a lieu dans la cystite aiguë, dans la cystile cinlharidienne, <Jans le cancer de la vessie et des reins, dans la néphrite calculeuse, elc.

l^s urines albumincuses s'observent, dit-on, à l'élat physiologique. Filippo Pacini et Marcacci admettent d'après dt>s faits multipliés : 1° absence complète d'albumine dans l'urine de la nuit ; â° fréquence (rës grande de l'albumine dans l'urine du jour et aux heures les plus éloignées des repas, et lorsqu'elle manque on la fait repariiUre en se livrant à un exercice assez violent pour augmenter le pouls, mais alors il y a absence de toutes les variétés de cylindres épilhéliuux ou autres. En dehors de ce fait, elles s'observent aussi dans un grand nombre <le maladies, autres que les maladies des reins, il cette condition toutefois qu'elles soient de nature à produire une congestion rénale. J'en ai rencontré dans plusieurs cas de maladies du cœur occasionnant une stase snii^'uine générale; dans la grossesse et dans les tumeurs du ventre qui compriment la veine cave inférieure; dans l'hyperhémie des reins qui accuuipagne souvent la pneumonie, la lièvre typhoïde, les fièvres éruptives et les maladies infectieuses, telles que le choléra, la diphthérite, elc.

Les urines sont toujours atbumineuses dans le choléra, ainsi que je l'ai «labli le 14 avril 1849 avec Rostan à l'HùteUDieu. Je sondais les malades qui ne pouvaient uriner, j'obtenais un centimèlre cube d'urine, el partout sans aucune exception, au moyen de la chaleur, j'ai trouvé à la première période une albuminurie considérable durant jusqu'au moment de la réaction, et ne disparaissant que dans la convalescence. La cessation de l'albuminurie dans le choléra était {wur nous le signe certain de la guérison prochaine.

Cette altération existe également ^^^ ,jj ^^^ dans l'angine couenneuse, dans le imi i».in.i>d-. croup el dans les cas de septicémie itîîod Uclir diphlhérilique, fait important que j'ai établi en 185)i, et dont la vérification a été faite par tous les observateurs (1) dans la scarlatine, le typhus et les niul.idie:^ iiireclieuscs.

On a dit aussi que les convulsions de l'euraii'-e et d<;s reinmes en couches pouvaient produire l'hyperhémie des reins et l'albintiinutie passagère. Cela est à démontrer. Cette albuminurie est de couric durée, et il sullit d'une ou plusieurs émissions sanguines accompagnées d'nn régime sévèi-e pour les faire ilisgiaraltre.

is,IB78,7'é(lit.,ur(idetCRiK'P,

(344 LÉSIONS DE l'appareil uiunaire et altérations de l'irine.

11 y a cnliii une albuminurie permanente due à une hyperhémie primilive des reins el à la désorganisation graisseuse des tubes urinifères, qui constitue la maladie de liri^hl. Celle-là se reconnaît au moyen des réactifs d'abord, ensuite par le microscope, qui permet de constater queKjues tubes urinifères dans les dépôts de Turine (lig. \7>3, 154 et 153), el cndn par la durée ordinairement très longue de la maladie.

A l'état normal, les tubuli des reins sont revêtus par un épithélium dans

FiG. \hi. — Moule» coritoiiaiii du satijr. (Liuni>) Bcale.)

Vu.. 155. — Moules de liibcs fonlen:Mit des ^Kihul huileux. (Lionel Beale, lijj. 88.)

lequel on trouve diverses variétés de cellules. — Sous l'influence de certaines circonstances que nous indiquerons, cet épithélium se produit en i^rande abondance ou subit diverses altérations. On rencontre dans les urines des cylindres d'épitbélium plus ou moins reconnaissables. Quelquefois ces cylindres sont formés de cellules désagrégées el converties en poussière granuleuse.

D'autres cylindres, dits bématiques, sont formés par une trame fibrineuse colorée par un certain nombre de globules sanguins. On y trouve quelquefois des cristaux d'oxalate de cbaux.

Les cylindres cireux, hyalins, plus volumineux que les autres, sont formés par une substance blanche de nature encore mal déterminée, ajant ras()ect de la cire.

Les cylindres graisseux ne sont autre chose que les précédents, au moment où ils subissent la dégénérescence graisseuse.

lîinlin on Irmive quelquefois dans les urines des cylindres formés par une substance (ibrineuse contenant une plus ou moins grande quantité de globules purulents chez (|uelques malades. Albert Hobin croit avoir trouvédeux caractères non coinius des urines dans celte maladie : ce s!)nt, d'une part, la présence dans l'urine d'une quantité notable d'urohématine, et, d'autre part, l'existence au n)icroscope damas pigmentaires cristallins ou amorphes et de masses grenal, vraisemblablement formées d'hémaloïdines.

Voyons maintenant quelhî est la valeur diagnostique de ces diiïéreiils produits renconlrés dans les urines.

Les cylindres épilheliaux n'ont pas grande signification. Ils peuvent se renconlrer à l'état normal, lorsque le rein a été légèrement excité.

On trouve les cylindres hémati(ïues dans la néphrite aiguë, dans les hémorrhagies rénales peu intenses. Ils apparaissent en grande quantiU*

SIGNES TinÉS DES MODinCÀTIONS DE COMPOSITION DE L'URINE. 645

dans la période aigué de Talbuminurie qui se manifeste à la suite d'un refroidissement brusque, dans la convalescence de la scarlatine.

L'apparition des cylindres creux indique que les tubuli ont perdu leur revêtement normal. Ils sont probablement un produit de sécrétion de la membrane propre de ces tubes. Aussi leur présence révèle-t-elle en général une lésion rénale déjà caractérisée et ordinairement au-dessus des ressources de Tart.

Fréquemment on les trouve unis aux cylindres graisseux.

La présence des cylindres graisseux a été considérée comme caractéristique de la maladie de Bright confirmée. Cette assertion n'est pas exacte dans son acception la plus absolue. Mais il est incontestable que c'est dans la maladie de Bright qu'on les trouve le plus habituellement. Us indiquent la dégénérescence graisseuse du rein.

Quant aux cylindres purulents, on les rencontre dans la néphrite suppurée et dans certains catarrhes de longue durée.

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