XIV. — INOSURIE
f De même qu'on donne le nom d'albuminurie ou de glycosurie à des symptômes pathologiques canictérisés par l'apparition dans l'urine de l'albumine ou de la glycose, de même je donne le nom d'tnosun^ à un phénomène morbide caractérisa par Tapparilion dans l'urine d'une substance appartenant à la famille des sucres et que les chimistes ont appelée inosite », dit le docteur iN. Gallois (1).
A l'état normal, les urines ne contiennent jamais d'inosite^ et c'est à Cloetta que revient l'honneur d'avoir le premier découvert les relations de rinosurie avec le diabète. L'analogie qui existe entre la glycose et Tinosite devait attirer l'attention et, au premier abord, on pouvait penser que deux corps aussi rapprochés l'un de l'autre dans la série des sucres pouvaient à un momeni donné, se remplacer mutuellement. L'inosite est en eiïet un sucre isomère de la glycose. Cette substance a, comme la glycose, la formule C^ll^'U® ; elle est sucrée et présente en un mot des analogies frappantes avec son isomère, mais elle ne fermente pas et ne réduit pas la liqueur Barreswill.
Pour la découvrir on emploie le procédé Gallois qui consiste à traiter l'urine ne contenant ni albumine ni sucre par l'acétate de plomb basique.
On pèse 20 grammes de l'urine à essavt r, et on y verse une solution saturée d'acétate neutre de plomb, jusqu'à ce qu'une nouvelle addition ne trouble plus le liquide; on liltre, et dans la liqueur liltrée on verse de Tacétate de plomb basique; un nouveau précipité se produit, et on laisse le tout reposer vingt-quatre heures.
On décante alors la liqueur claire, on verse de l'eau sur le dépôt qui reste, on laisse encore reposer, et Ion décante une seconde fois. Le précipité ainsi obtenu contient de l'inosite combinée au sous-acétate de plomb.
Reste à l'isoler : pour cela on le délaye dans un verj*e à pied avec 15 à iô grammes d'eau, et on y fait passer un courant d'hydrogène sulfuré. Il se forme un sulfure de plomb qu'on sépare par le filtre. On fuit évaporer
(1) Gallois, De IHnosuriet mémoire couronné par rAoadémie des sciences. Paris, 18GI.
05r» LKSIONS T)K i/aI'PAHEIL TRINAinE ET ALTÉRATION DES URINES.
IVau (jui conlionl l'inosile en dissolution, et quand la plus grande partie du liquide a disparu, ou fait tomber dans la capsule une goutte de nitrat' acide de mercure, (hi ne larde pas à voir sur les parois de la capsule S'^ fornuM* sous relTortde la chaleur une couleur rose caraclérislique.
On ne peut objecter que la coloration rose est due à l'oxydation du nioicure, car celle-ci se forme à une température élevée, tandis que celle-là mmontie à la chaleur du bain-marie, disparaît par le refroidiNseinenl, et s-montre de nouveau sous riniluence d'une faible chaleur.
Si l'on verse quel(|ues gouttes de réactif mercuriel dans de Peau albun:.neuse, le liquide se colore en rose, et si l'on évapore à siccité on obtier.t un résidu coloré qui peut masquer la coloration spéciale de l'inosile. La glycose noircit en présence du réactif mercuriel.
Quand on voudra du sucre dans une urine glycosurique où l'on soupçonnera de rinosite, après avoir précipité le sucre et l'inosile par le mmj5acelate de plomb, on fera plusieurs lavages successifs avec de Peau distillée jusqu'à ce(jue l'eau de lavaire ne réduise plus la liqueur cupro-[K»lassique.
Si l'on a de l'albumine, on la précipitera par quelques gouttes d'acid»* acétit|ue, et par l'ebullilion.
Ya\ cenéral. rinosilo se trouve rarement dans une urine non sucrée ^l noiï albumineuse. l/inosurie est un phénoînène transitoire et quasî-aci identel. chrz des gljcosuriques ou chez des albuminuricjues.
T«nile urine dans laquelle les réactifs chimiques décèlent la prt^sen>'' (Il linosilo, j)eul contenir en même temps de l'albumine et de la glyms*». (.ejuMiiianl, dans quehjues cas, on a vu la glycose disparaître en tolnl:t/ dans l'urine d'un diabeliijue et être remplacée momentanément par d'/ l'inosile. et ricc / t'/v/.
I/inosurie n'est donc pas une maladie à part; c'est un symptùnie q^ij junil >e pr(\<enlor dans le couis d'une maladie de Drii:ht ou d'un diabète sucre.
Tvuitt's bs lois qu'on trouvei*a de l'inosite dans une urine, on aura afTain? à un dial)(*l!i]ue i>u à un allunninvu ique, en sorte (jue les iiiosuriques son: e\po>cs ;iuv nièuics accidents «jue les malades atteints de ghcosurie ou de mal de l'u^hl. ri les traumali>nies présentent chez eux autant de gravitt/ que clhv i\^s dri-iiiei>.
l/iiio>uiie, pouvant succeil-M* à la i:lycosurie, ajoute une difticullé d-* p^is au tlia^uostio du diahe'.e sucie : car Tinosurie ne dévie pas le plan d^polarisation cl n^MJoinu' pa^ avec la potasse ou la liqueur eu pro-polassiqr.»' la rcacUiMi caracl(M"isl'i|ue.
iMi dc\ la sou{ cnniT I inosurie chrz un malaie quand son urine chaufT--? aNCi' la II juour de Feliliii.: d»eincra un j)reci[)ilé lloconneuv d'un vettch coii 0. niais un f\aînen quai l;ilil'com[det est nécessaire |)Our acquérir i.nt* ccilil-adr.
lue lois le iliacnoslic d'ns^suiie établi, on saura qu'on a aiïaiiv à un dialk-lique ou a. un albuîn:nur,que, puisque tout inosurique a été, est, uu