XIII. — ALCAPTONE DANS LES URINES SIMULANT LA GLYCOSUBIE
M. E. Schmîtt, professeur de chimie et de pharmacie, à Lille (2), a analysé l'urine d'une personne atteinte de la cataracte; on disait y avoir trouvé i/2 pour 100 de glycose.
Cette urine présentait les caractères suivants : odeur normale, couleur rougeâtre (teinte 4 de Nenbaucr et Vo^el), réaction acide. Cette urine placée au froid laissait précipiter un dépôt rougeâtre très abondant ; le d»'pôt, examiné au microscope, ne présentait que des cristaux très nets et très bien définis d'acide urique.
c Pour prendre la densité de l'urine, nous la plaçons, dit M. Schmitt, dans un bain-marie et nous élevons peu à peu sa température à -f- 36 degrés, le dépôt se redissout et l'urodensimètre marque 10:23 à 4- 36 degrés. En opérant ainsi, il est inutile de faire des corrections de température qui
(I) Blot, De la glycaturie physiologique dei femmei en couchei, des nourrices et d'un certain nombre de femmes enceintes {Comptes rendus de V Académie des sciences, G octobre 1856).
(S) £. ScbmiU, Journal des sciences médicales de Lille.
(loi LKSIONS l»i: LAl'I'AllEIL miNMUE HT ALTÉHATION DES URINES.
sont toujours l'orcéMU'iil inexactes: on a, de plus, la densité vrai».- «1»^ l'urine, puis(|ue e'esl celle (jui correspond à la leniperalure de rénH>siiin.
"Par Tevaporalion ii lôo deixrês dans une capsule de [)laline tarée, n*»^'.^ obtenons un re>itlu lixe correspondant à OÙ",U'^ ^'^ matières fixes parl.li>\
» L'uiine ne renlerine pas d alhuniine, mais elle réduit éiier^i(juenieii; le réactif de r»arres\vill nn'mr à froiiL
rt Pour delerniiner la (juanlile de f:lycose en présence d'un exc»*s d'à» i i.,vniijue, nous liai'.ons l'urine par racelale tri[)loml)i(|ue, nous elinî'n^ns rexcès (lu plomb par le sullale de soude, et après ce traileinenl, nous lilr»»ii> le sucre avec la liqueur dç r»arre>w.ll : nous trouvons par liire d urine l:^'',s:> de uIncos»'.
^> Ca'[U' (juanlile nous paraît très forte eu éirard au premier cbiiïie (1 - pour 10); trouve par le pharmacien de Lille. Kn présence de c»'lr^ grande dilVcrenee et pour contrôler notre résultat, nous inlrodiiiNôn> l'uîiî.r ain>i dé})ouillc(» dans !»• tube du sac»'liarimètre à pénombres et nous n"^j> lrv)Uvons foi't surj)ri"^ de constater une déviation s'elevant à peine 4 li.: demi-dcirre.
» Avions-nous (^u^ucreou un autre corps réduisant l'oxyle de cuivre en présence des alcalis, tout en étant inactif au polarimélre? Dans ledcul». nous avons eu recou!> a la fermentation, et, en opérant dans le tiibc df (llaude llernard avec dr la levure de bieie bien lav^-e et bien exprimée. \l matieie su>[)('(le >nbil un (bdoublement très net; au bout dune h»'ure dcj \. l'acid»' carb<>in(jue s«' deiraiie avec abondance.
'• r.n rourne, nnu> avon^ dans l'urine une matière sucrée rédui>anl le rca. lif r».u'rc>\\ ili. sux eptibItMi»' se dédoubler en pré>ence des lerments, mais sans action >nr la himCie p )larisee.
" l.e pliarmacien n a\ait pr(d»ablement examiné l'urine de son maîa.ie i)u'au puLiiinu'trr, «l nous nou> tri»uvions peut-être en pre>ence de (»• corps si >in-ulit'r (t >i p< ii c^'onii <|u'on ap[>elb' Vulraptone.
■' .\ou> aMons \u < v nom d ///^ '///«j/zf cmplo\é pour la première fois f^;r le doreur (.as>rlinann i I ■ uni l niiii |U«* comme élément |)atbolngi(jue, m;\i> >au: b' iiuin. il ne d.«i;iM- aucun rrn>t';:iK'n)enl. IVuir Gorup ^>e^*l!lez. * le cinnp.'^c lionne >mij> b* nom d'^tlr iiitotii\ i\vw \on preti'thl avoir Iriune d.ms I urine.c>l ]'f < \i i^-hin> nt la p\ ro -aie» liijie découverte par Fuibrin-t-r ch«/ un îUiiLi !«• ^ilir» i.- il.- jti:» uuiM.luirax ; mais l'alcaiilone seiail, d'après r»a\lccker. inc !|)ib!«' d»' >♦• ^udrinMer en présence des ler»iienls > {^).
'» ' b' uulu' mal, tic >n :»•«' >ub.l la frrmentaliou alcoidique : de plus e'.le n"e>t pas de la p\ i Ovalr'clr.he.
» K 1 ellcl. |)onr e\tia ic .a p\ ro( aiecir'ne de l'uririe fraîche, Dauniann Tcn reliiea l'clat de l'iciijiW' jMr I acrlate île plomb. La p} ri>cale\-hnie dv»:,r,eavtc le p'-uiiioinie df Wv une coloration verte intense qui \ireau
'J> Kii : 1.1 vc ,/...-«, . . : > t .':• . . • . j-.;. î>:i;,. t. II. j.. eiô.
SIGNES TIRÉS DES MODIFICATIONS DE COMPOSITION DE l'uRINE. 655
violet en présence des bicarbonates de sodium et d'ammonium; la pyrocatéchine ne réduit qu'à chaud la liqueur de Barreswill.
» Notre sucre se trouve, au contraire, dans l'urine dépouillée au moyen de l'extrait de Saturne.
» Il ne donne pas la réaction indi()uée avec le perchlorure de fer.
» Il réduit énergiquement à froid le réactif Barreswill.
» NotLs proposons donc de conserver le nom d'alcaptone à ce corps qui a toutes les propriétés des sucres, à Vexception de leur action sur la lu^ mière polarisée,
» Nom maintenons que lalcaptone est complètement distincte de la pyrocatéchine, et nous constatons enfin que lalcaptone s'est trouvée dans Vurine d'une personne atteinte de la cataracte. >