‹ Traité de diagnostic et de sémiologieChapitre 262 sur 295 · XVIII. — PTOMAÏNES DE L'ORINE · texte numérisé non relu

XVIII. — PTOMAÏNES DE L'ORINE

Dans les urines normales, G. Pouchet a constaté l'existence d'un alcaloïde fixe, oxydable, à chlorotaurate et chloro-platinate bien cristallisés, déliquescents; à chlorhydrate neutre et cristallisé. Cet alcaloïde d*une énergie toxique considérable, stupéfiant, tétanise et tue les animaux à bref délai avec le cœur en systole.

Il a le caractère réducteur : celui de donner de l'acide avec le ferricyanure de potassium et le perchlorure de fer.

Chose curieuse, la composition centésimale de cet alcaloïde se confond avec celle du venin de cobra capilla, et avec celle du ferment pancréatique.

Sous ce rapport, Turine se rapproche de la salive, où Arm. Gautier a

également découvert un principe toxique d'une rare énergie (i). Ces

faits sont du même ordre que ceux qui sont relatifs aux ptomaines, ces aliîaloïdes cadavériques, découverts par Selmi, et sur lesquels Brouardel, Boutmy (2) et Gautier ont publié de curieux détails.

Bou(îhard a cependant cru pouvoir contredire Pouchet en soutenant que ces alcaloïiles toxiques n'existaient que dans les urines des sujets atteints de malailies infectieuses.

Les malades, sur lesquels ont porté les investigations, étaient atteints de lièvre typhoïde, de pneumonie infectieuse et de pleurésie infectieuse. Tous les malades étaient soumis à la diète et aucun n'avait reçu de médicaments contenant des alcaloïdes, le liquide urinaire fut protégé contre toute fermentation.

Après traitement de l'urine par la lessive de soude, Téther et l'acide sulfuriciuf", la présence d'alcaloïdes à l'état de sulfate fut démontrée par l'iodure double de mercure et de potassium qui donnait un précipité blanc, jaunâtre ou verdàlre, soluble dans lalcool et I elher et soluble à chaud. Bref, les alcaloïdes présentaient toutes les réactions des ptomaïnes.

Dans les urines normales non plus que dans les urines de malades atteints d'emphysème pulmonaire, de lésions valvulaires, d'artério-fibrosis, Bouchard prétend que toutes les recherches d'alcaloïdes ont échoué. — Ce sont des études à refaire.

(1) Vo3'ez plus hniit, p. 5-iO.

(t) Broii.irdcl et liouLmy, Sur un réactif propre à distinguer les ptomaines des alcaloïdes végétaux {Ann, dliyg., 18.SI, tome V, p. 4J7); Réactions des ptomaines et conditiom de leur fonniition {Ann. dlnjij.y 1881, tome VI, p. 9). — Cfiapuis, Précis de toxicologie, Paris, !88i, p. 687.

000 LESIONS Di: i/aPPAIIKIL UniNAIRE ET ALTÉRATION DES URINES. \IX. — MATIÈIIES I>K LLIUNE INTRODUITES PAR i/ESTOMAC

()ii trouve enlin dans l'urine des substances introduites dans restoinac et (|ui, aj)rès avoir été absorbées, sont ehas^ées du corps par la sécMvliuii urinaire : ce sont Varsenlc, — Viodt\ — le phosphore, — le mrrrure, — le fet\~ le plomb, — la (filin i ne, — le salicf/late de soude, — Vnâde phrniijfie, — la fuchsine, etc. — Ces matières ont elé découvertes au inoveiide leurs réactifs particuliers, et la plupart des médicaments se retrouvent ainsi dans Turme (|uaiid on a Thabilude des nuuiipulations chimi(jues.

Acide phêni(jne, - - Les malades qui ont pris de fortes dos«'S d'aride pbéni(|ue ou (|ui en ont absorbé dans une opération faite avec panseriuMil phéni(|ué de Lisler, ont [)endant (|uel(jues jours les urines noires, et s'il> n'en ont pris qu'une |>etile (|uantilé, alors que les urines sont claires, un d couvre la pn\sence de l'acide pliéni(iue avec une goutte de percblorure d fer ou d'eau bronnw

Alcdioides du uninquinn et Quinine. — De nombreuses recberclies uni été faites pour retrouver les alcaloïdes dans les divers licjuides de rt'oMiomie et, en particulier, dans l'urine. Or, voici un procède qui vient d élr indi(|ue, par le doeteur Vilali (1), pour déi^eler la présence de la quinine dans l'urine, et (|ui mcrite d'être signalé, à cause de sa simplicité :

On prend 8 à 10 centimètres cubes d'urine, et on y ajoute ô à 0 eeiiliinè 1res cubes d'éther: dans le mélange, on fait tomber 8 ;\ 10 gouttes d'ammoniaque, ou, mieux, d'une solution caustique au sixième; on a:il»^ le tout pendant quebjue temps el on laisse r«'[)oser. Lorsque Léther s'est séparé du reste du li(|uide, on l'enlève avec une pipette; on le fait lon]l)er dans une petite capsule, avec une goutte d'acide chlorbydrique dilué pur, et on évapore à une très douce cbaleur. Après refroidissement, on vers-' dans la capsule une ou deux gouttes d'eau saturée de cblore: on nieian:»' avec un agitateur de verre pour dissoudre le résidu, à peine visible, ol un ajoute une goulle d'ammoniaque. Il suflit aloi's que l'urine contiemie cin ; centigrammes du (|uinine par litre, pour qu'on voie a[)paraître la couleur verte caraeleri.Nlujue de cet alcaloïde. — On peut encore ajouter au résida une goulle de prussiate de pola^se, une ou deux gouUes d'eau chluiveel une trace d aiunioniaijue, et on voit se produire une belle cuiilonr pourjire.

L'a Quinine s'n rt^vel»» encore chez les sujets qui en ont absorbé, au mo\en d'un melaniie de :M grammes de solut on de biioJure IndrarnviM(|ue à 1 granune sur oO d'eau di^lilhM^ ave<' une solution d'iodurede pola>siuni à 1 gianune suroO graunnes également. Quelques gouttes jetées dans l'urine renferinanl de la (juinine y [>roduisent un précipité.

Broinure de pofdsslitni. — La reclierclu» des bromures alcalins dan> l'urine ollVe j)lus de difticullés (|ue celle des iodures. Pour constater la présence d'un iodure alcalin dans l'urine, il suflit de traiter ce liquide p:ir

0) Vilali, Journal de la So i'(e le j"'i-ir>nac',e ilo Turin.

SIGNES FOURNIS PAft LE MODE d'EXCRÉTION DES URINES. 661

une petite quantité d'eau de chlore et d'empois d'amidon, l'iode mis en liberté produit la coloration bleue due à la formation de J'iodure d'amidon» Loâ matières organiques de l'urine n'ont dans ce cas aucune influence; il n'en est pas de même si l'on veut constater la présence d'un bromure. II faut alors, d'après Caigniet, soumettre l'urine h l'évaporation, calciner et môme incinérer le résidu afin de détruire la matière charbonneuse aussi complètement que possible.

Lorsque la masse, traitée et épuisée par Teau chaude, donne par la fiU tration une solution incolore et limpide, la décomposition de la matière organique peut être considérée comme complète, et il est possible alors de constater le bromure en question.

Il suffit de traiter la solution obtenue par une quantité convenable d'eau de chlore qui met le brome en liberté.

En agitant la liqueur avec du sulfure de carbone, on obtient une dissolution d'un rouge brun de brome dans le sulfure de carbone, qui permet de constater les plus faibles traces de bromure.

Si l'on n'a pas d'eau de chlore h sa disposition, on ajoute à la solution de l'acide citrique, puis de Thypochlorite de soude. L'acide citrique n'a aucune action décomposante sur les iodures et les bromures alcalins, mais produit, au contact de l'hypochlorite de soude, du chlore qui met le brome en liberté.

Quoique le moyen indiqué plus haut soit indispensable si l'on veut arriver à des conclusions justes, et surtout si Ion veut opérer le dosage du bromure, on peut néanmoins constater directement ce corps en traitant un volume d'urine par un volume à peu près égal d'une eau saturée de chlore. On obtient alors la mise en liberté du brome rougeàtre; cependant, dans les cas où il n'y a que très peu de bromure, on n'est jamais certain do résultat, et il est nécessaire d'avoir recours à Tincinération (1).

Fuchsine. — Les malades qui prennent de la fuchsine ont les urines fortement colorées en rose.

lodtire de potassium, — On le découvre dans Turine en mettant de l'urine sur un morceau de papier blanc collé à écrire, et l'on ajoute une goutte d'acide nitrique pur, qui s'empare de la potasse et met l'iode à nu, ce que l'on connaît à la coloration bleue qui se forme sur le papier et qui est due à l'iodure d'amidon.

Phosphore. — Chez les sujets empoisonnés, le phosphore se retrouve dans l'urine, et ce liquide étant traité par l'acide nitrique pur, si on le calcine au moment de la siccité, le résidu prend feu comme un paquet d'allumettes chimiques (Poulet).

Salicylate de soude. — Chez les sujets qui prennent de l'acide salicylique ou du salicylate de soude, on retrouve le médicament dans l'urine avec une goutte de perchiorure de fer diluée dans de l'eau, qui produit une coloration violet noirâtre.

(I) Caîgncl, Répertoire de pharmacie, t. XXIV, n* 8, février 1868.

()<»-2 LK>in.\> hK I.AITARKIL miNAlKE ET ALTÉRATION r«L^ r[:l>Ei

Srîs lie i>lonib. — On les recoiii):iîl.d*ii[nv> Pit-eves, do la fiu; -ii >ui vante : A^rfS aviMT lait prondro au malade alteiut de CLdi«|iie salurnin»' :?•") a iUi cenlijraiMïiU'S diodure de polas>!iinK trois luis [>ar j«»ur. en hiî iriii^t uiï morceau dt^ sulluiv de potassium coiitt-nu dans un liiue hlane a>'i»'/ tapais. Le mala<]t' doit laisser ce paquet dans Sun urine |>eniiiihl tin.j n.iluiles. Or, s'il e\i>te du [)l<Hnl) dans IVcônoinie. I'ukIuiv dn |K»iass:'Jîn <*lran>!(.irme en induré de ploinh (jui e>t rjimiiK* par les r«':ns: r:t»iure «-«r |)luinl) au e(»ntacl du sultur»^ «1»* pnia>siuni contenu tian> Turin»:* e^i r.i['i i-^ment df-ompnse, et il se terme un sullure dt^ pkanb nuir ni^«di.l»ir.- j ;. reste dans l»* lin-e \ 1 ».

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ténesnie vésicaL Cet état indique une maladie de la prostate, une névralgie du col de la vessie, ou une hypéresthésie du méat chez les femmes très nerveuses et hystériques.

La dysurie indolente, au contraire, annonce un rétrécissement du canal, surtout si le jet, souvent interrompu, quelquefois bifurqué, tombe habituellement sur les pieds de celui qui urine. Quand le jet s'arrête et reparaît ensuite, il y a tout lieu de croire à Texistcnce d'un calcul.

L'incontinence diurne est le signe d'une paralysie du col de la vessie, à la suite des maladies avancées de la moelle et du cerveau, ou du catarrhe de la vessie avec hypertrophie de la prostate.

L'incontinence nocturne a une signification toute différente. Celle-ci, très fréquente chez les enfants et les sujets nerveux, se rattache exclusivement au spasme du col de la vessie et à des troubles nerveux de nature inconnue, mais indépendants de toute lésion matérielle appréciable.

Cependant, il y a des cas d'incontinence diurne qui résultent de violents besoins d*uriner que les malades ne peuvent contenir, et qui dépendent du prurit uréthral dû à une irritation chronique de la muqueuse. J'en ai vu plusieurs exemples chez des garçons et des filles. C'est ïincontinetice diurne spasmodique.

Dans quelques cas, l'excrétion de Turine se fait par des ouvertures autres que celles du gland, le long de la verge dans les cas d'hypospadias etd'épispadias, au périnée s'il y a une fistule vésicale,à l'anus, dans le vagin, etc., par suite de communications accidentelles formant de hideuses infirmités.

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