‹ Traité de diagnostic et de sémiologieChapitre 36 sur 295 · II. — DE l.A nilONClIOl'llOMK · texte numérisé non relu

II. — DE l.A nilONClIOl'llOMK

La bronchophonie est un bruit que Laennec a découvert par l'auscultation et qui est <^aractérisé par une résonance éclatante, très forte et anormale de la voix dans lïntérieur de la poitrine.

ihi distiniiue plusieurs espèces ou variéles de bronchophonie : tantôt c'est une simple exa^^h\ition du bruit naturel de la voix ; d'autres fois c'est une vibration nette, franche, sèche, semblable au bruit de Tair passant à travers un tube métalli(jue : tant<>l enfin, son timbre est ai^rre, comme chevrotant, c'est un mélanine de bronchophonie et d'é^ophonie d'où la broHcliO'i'gopliofnr. Dans ces modilications, la voix est forte, superlicielle, mais n'ariive cependant pas à l'oreille avec netteté, comme dans la peclorilo(|uie; elle est plus dilTuse, et surtout se distinirue de cette dernière par l'absence di\s bruits de la respn-ation et du râle caverneux. Le caractère particulier du ( hevrotcment dans lép^phonie ne permet pas n(m plus de confondre l'cuophonie avec la voix bronchiijue: il iw. pourrait y avoir de doute que lorsque la voix bronchicjue prend le caractère broncho-égophonique dont j'ai parlé: mais alors la lixite du siège de la bronchophonie, qui reste toujours le méme,tandis(|ueceluide renophoniechange suivant les positions du malade, permet encore d'établir une dilTerence bien marquée.

Les piMuls dans lesijuels on entend le plus souvent la bronchophonir sont les parties postérieures et latérales du thorax. Lorsqu'elle existe en avant, ce «jui est loin d'être fréquent, c'j'st presque toujours sous la clavicule qu'il laut la chercher.

Kniin, son étendue est variable et dépend de celle de la lésion anatomique. (Juebjuefois elle se fait entendre dans un esj)ace circonscrit et elle a des limites tranchées: d'autres fois cette résonance va s'alTaiblissanl el se perd dune manière insensible.

Lt> plus (M'dinaircment la bronchoj)honie coïncide avec la respiration broni bique, ('.es deux phtMionicncs, détermines par les mêmes lésions, ont une sii:nitiiatii>n patholoiriqu»^ scmblal)lc. lis annoncent un diamètre plus i^rand des bronches ou ils se piiuluisent, et une densité plus grande du parenchyme pulnumaire : altérations dej)endant ou d'une dilatation d«*s briinches, circonstan«'e (]ni c^t la plus rarr. nu dune induration puimo-

SIGNES FOURNIS PAR LA VIBRATION THORACIQrE. 8t)

itaire de nature tuberculeuse, apoplectique ou pneumonique. La première et la dernière de ces trois affections étant les plus communes, il s'ensuit que la bronchopbonie est un des signes presque pathognomoniques de la congestion pulmonaire chronique, de la tuberculisation commençante , d*une pneumonie aiguë parvenue à la seconde ou à la troisième période, ou enfin d'une pneumonie chronique. La marche de la maladie, le lieu où Ion entend la bronchophonie, la coexistence des autres symptômes suffisent le plus souvent pour permettre d'éviter toute erreur. Je renvoie pour do plus amples détails, à ce qui a été dit de la respiration puérile et de la respiration bronchique.

11 arrive quelquefois que Ton entende la bronchophonie dans des cas de pleurésie avec épanchement ; mais alors elle n'est pas aussi franche et aussi neUe que lorsqu'il y a pneumonie avec hépatisation pulmonaire. Elle prend le caractère chevrotant de broncho-égophonie que j'ai indiqué plus haut; de plus, elle dure moins longtemps et elle paraît moins superficielle que dans la pneumonie ; enfin il peut arriver qu'elle se déplace lorsque Ton fait changer de position au malade, le liquide tendant toujours à rester dans les points les plus déclives. Ces cas sont très rares ; et, si chez un sujet dans la poitrine duquel on a constaté un épanchement on entend la bronchophonie forte et rapprochée de l'oreille^ on sera en droit de conclure à Texistence d'une induration pulmonaire, en même temps qu'à celle d'une pleurésie, c'est-àdire à une pleuropneumonie.

Page 1