‹ Traité de diagnostic et de sémiologieChapitre 73 sur 295 · lignes · texte numérisé non relu

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E.-H. Weber n'a exploré ainsi que la sensibilité physiologique. En 1849, BrowQ-Séquard eut l'idée de se servir de ce précieux moyen pour mesurer les altérations de la sensibilité tactile dans les affections du système nerveux. L'instrument employé pour cette exploration porte le nom d'œsthé^ twmitrej et la méthode celui d'œsthésiométrie.

Noos citerons et décrirons TaBsthésiomètre de Brown-Séquard, celui de Sieveking, celui de Ogle, qu'il appelle compas aphfnétriqu$f celui de Jac^ ooad ; enfin nous indiquerons comment ces instruments peuvent être remuées.

A. ^sthéiiomètre de Brown-Séquard (1) (fig. 91). — G*est le compas de

Fia. 91. — iBilhësiomètre de Brown-Séquard.

cordonnier ou le podomètre dans lequel les deux tiges perpendiculaires à la règle graduée sont terminées en pointes. Une seule de ces tiges est mo-

(1) Brown-Séq[iianl, Journal de pkytiologie. Paris, 1858, p. 346.

bilo Ci peut être lixée, par la pression d'une vis, à dislance voulue de l'autre li^o.

L'a'slhésiomètrc de Sieveking (1) est construit sur le même module: c'est aussi un podomètre.

Collin en a proposé un très analof::ue.

\\. C.ompas aphmétrique de J.-IV. (hjle (2). — 11 se compose d'un conipaN ordinaire surmonté d'une plaque en forme de cadran sur laquelle se trouw un index : cet index est fixé par son extrémité inférieure à l'une des branches du conipas. La branche mobile entraîne avec elle l'index lorsqu'un l'éiarte de l'autre branche, et le dcifré d'écartement des deux pointes esl indi(|ué par l'index sur le cadran.

C. Compas de Jaccond {',]). — Jaccoud a fait construire un compas qui donne toutes les indications désirables pour les besoins de la clinique, (yesl un compas d'épaisseur de Baudelocque de dimension moindre (0"\0'.» de lonizueur) et dont les branches sont droites. Les divisions de l'arc ^radue correspondent à des centimètres et les subdivisions à des quarts de centimètre. L'arc de cercle peut se replier sur les branches du compas, qui prend alors un petit volume.

1). Compas oi'dinairc. Epingles. — Un compas ordinaire fait un trèsbuii a'sthésiomèlre pourvu que ses pointes ne <oient pas trop ai«;ués. Il faut sruliMuent, une fois lécartement des pointes amené au de^^re nécessaire a la produclion de la sensation double, le mesurer diieclement à l'aide d'une rèiile liraduee.

A défaut d'instrument spécial, on peut encore se servir de deux épingles et d'une rèiile de bois ordinaire ou mieux d'une rèi:lt» irraduée. Pour cela, on enfonce lunedes epini:les vers l'extrémité de la rei:le, puis on pique la seconde près de la premier»' ; on essaie ce petit appareil au contact de la peau, et par tâtonnement on arrive ii donner aux deux e[)ini:les le degré d"«'carlenient qui correspond au de^re de sensibilité de la région explorée.

Prrr'iiifi,>n< à prt'ndre pour prad'inrr l'iT'^tJtrsinjuftrir (i). — Quel qup soit rin>lriinuMit dont on se serve, il faut veiller a ce que les pointes soient nu>usses : ci^ n'e>l pas. en ellet, uut' piijûre quil faut produire, c'est un contact sans pression. Les pointes, condition essentielle, doivent être aj>pliqui^es >nnultanenient. sous poine de dettM'inintM* deux inipressions succes>i\es ilonnant lieu à une double sen>atiLtn pour un eeartenient moindre que i-i^lui i|ui >e trouvorail en ra[iporl avec le de^re rtel de la sensibilité. Teul-i'lre trvni\era-t-on la, au eor.tiaire. une rai>on pour n'appliquer les pointes que ^uee»^sSlvenuMlt. T.e sérail mal comprendre le but de l'a^sthésuMuetne. llle reeheielie, en ellet. à quil t^^arlt-uicnt des pointes correspond la ee^>alion vie !a coii:u>ion de diu\ inipre^^ions sinmllanees en une

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^STHÊSIOHÉTRIE . 21 3

seule, et à quelle limite le tégument est susceptible de percevoir la sensation d'écartement, étant donné le degré œsthésiométrique physiologique comme point de comparaison.

Le malade doit être attentif, mais ne doit pas voir la main qui opère. Ce qui importe, c'est que le sujet réponde d*après ses sensations et non d'après l'idée quUl se fait de Texpérience. Toutes les fois que le malade a accusé une sensation, la sensation de deux points, par exemple, il faut contrôler son dire en n'appliquant plus qu'une pointe et en variant les applications de manière à constater la sincérité ou l'exactitude des réponses et des sensations.

Brown-Séquard fait observer que, dans les cas d'anesthésie considérable, les pointes peuvent être appliquées Tune après l'autre et ne donner cependant qu'une seule sensation. La lenteur de la transmission est quelquefois telle, d'après ses observations, que le malade n'accuse qu'une seule sensation bien qu'un intervalle de 40 et même de 50 secondes sépare les applications successives de la première pointe restant appliquée et de la seconde qui s'y ajoute. L'œsthésiomètre peut donc ainsi servir à donner la Dotion de la vitesse de la transmission des impressions tactiles.

Une précaution importante à prendre est encore de n'appliquer l'appareil que perpendiculairement ou au moins obliquement à l'axe du membre. On ne court pas ainsi le risque de faire porter les pointes sur un même filet nerveux qui, quel que soit son degré de sensibilité, recevant deux impressions égales et simultanées, les percevrait comme une seule. Nous avons TU souvent appliquer l'œsthésiomètre parallèlement à l'axe du membre et la double sensation ne se produire que par un notable écartement ; appliquait-on l'instrument perpendiculairement dans la même région, on trouvait la double sensation pour un écartement beaucoup moindre. Comment expliquer ce fait, si ce n'est en admettant que, dans le premier cas, les deux pointes portaient sur un même filet nerveux?

SENSIBOJTÉ A LA DOULEUR

La sensibilité à la douleur s'explore par des procédés plus simples que la sensibilité tactile. Deux procédés sont en usage : la piqûre et la traction de$ poils.

hà piqûre s'exerce avec une épingle: la seule précaution à prendre est de ne pas blesser le malade sous prétexte qu'il ne sent pas.

La traction des poils doit être plus forte qu'on ne le pense, aux membres inférieurs surtout, pour produire une véritable douleur, principalement lorsque l'on tire sur plusieurs poils à la fois. C'est un moyen d*exploration défectueux ; la traction des poils produit en effet deux sortes de sensations : une première engendrée par le redressement des bulbes pileux et la ten-

sioii (le la peau, c'est la sensation tactile; une seconde est la sensation didouleur naissant sous l'intluence d'une traction plus éner*:i(|ne et d'un commencement de traumatisme.

Bref, tous les moyens capables de produire de la douleur, sans nuire ai malade, peuvent être utilement employés pour explorer ce mode de schmbilité.

Gubler et Onimus ont recours au pincement pratiqué à Taide d'une pince construite exprès. Celte pince est munie d'un cadran qui indique l'écartement des branches, et par conséquent Tepaisseur du poul de peau qu'il est nécessaire de pincer pour engendrer de la douleur.

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SENSIBILITÉ THEnMIQUh:

La sensibilité au froid et au chaud est celle qui subsiste le plus longtemps, malgré les altérations des centres nerveux.

Le moyen d'explorer ce mode de sensibilité est des plus simples; il consiste dans l'application successive d'un corps chaud et d'un corps froid quelconque. On conçoit qu'il faut prendre garde de brûler le malade eu cherchant à lui faire percevoir la sensation de chaleur. Il suffit que le corps chaud soit à une température de quelques degrés supérieure et le corps froid de quelques degrés inférieure à la température normale. Une éponge humectée dans le premier cas d'eau à -}- ^0 ou -}- 45 degrés, etdan> le second d'eau à + 10 ou + 15 degrés remplit le but. Il n'est pas besoin de prolonger l'application : un simple contact suffit.

L'aisthésiomètre de Liégeois peut donner de précieux renscigneinenl> sur la sensibilité thermique.

jEsthésiomètre de Liégeois, — L'œslhésiomètre de Liégeois (lig. 02) ressemble à celui de Brown-Séquard ; c'est aussi un podomètre EF. 11 en dif-

FiG. 92. — /Eslliésionièiro de Liégeois.

fère en ce que chacune des tiges est remplacée par un petit réservoir conique ou cylindrique AB et AA' de (>",0:2 ou 0'",03 cubes de capacité, du fond duquel on peut faire saillir les pointes D et C. L'instrument ainsi disposé peut servir à deux fins: fait-on saillir les pointes du fond des réservoirs, on a un œslhésiomètre ordinaire servant à l'exploration de la sensibilité

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