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ANALYSE CHIMIQUE

On peut dire de l'analyse chimique appliquée à la médecine ce que j'ai dit de l'analyse optique ou microscopie. C'est un excellent moyen d'apprécier les effets que produisent les maladies dans la structure du corps, et il faut y recourir toutes les fois que cela est possible. Malheureusement la chimie, aussi bien que la micrologie, ne se bornent pas à donner des résultats, elles formulent aussitôt des lois, et l'analyse chimique prétend être pour son compte le point de départ d'une nosographie spéciale qui n'est qu une absurde chimiatrie. Ainsi l'eau diminue dans le sang des cholériques, et le chimiatre s'imagine pouvoir guérir ce mal en injectant de l'eau dans les veines.

Mais, en ne prenant l'analyse chimique que pour ce qu'elle doit être, un moyen à réunir à ceux dont la science dispose déjà pour éclairer la nature de certains changements organiques produits par les maladies, elle a une importance qu'on ne saurait méconnaître. Nysten, Thénard, Berzelius, Be(*querel, Liebig, Orfila, Simon, Andral, Dumas, Robin et Verdeil (1), ^'Jaude Bernard (2), etc., ont jeté les fondements de la chimie palholo-

(1) Robin ei VerdeU, Traité de chimie anatomique. Paris, 1853.

(2) tJaude Bernard, Leçons de physioloffie expérimentale. Paris, 1855- 56, 2 yoI. — Leçon» nrlei effets des substances toxiques. Paris, 1857, 1 vol. — Leçons sur la physiologie et le pathologie du système nerveux. Paris, 1858, 2 vol. — Leçons sur les propriétés physiolo- Tîntes et les altérations pathologiques des liquides de Vorganisme. Paris, 1859, 2 vol.

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gioue. Bien que leurs résultais soient souvent contradictoires, ils montrent ce cju'on pourra retirer d'une chimie bien faite et plus sûre de ses proctNj.s d'analyse. C'est à leur suite qu'il faut marcher, et, sans être arrêté par les incertitudes du présent, s'appliquer à éclairer l'avenir.

L'analyse chimique a fait connaître en partie la composition normale des solides et des liquides de l'économie: les os, les muscles, les cartilages, la substance cérébrale, le sang, le lait, l'urine, la bile, etc., ont été analysés: il en est de même de certaines productions pathologiques et de quelques tissus ou liquides altérés par la maladie. Les altérations des os dans le rachitisme, les productions cancéreuses et tuberculeuses, les altérations du sang, de la lynjphe, du lait, ont été recherchées avec soin, et l'on a obtenu des résultats, sinon entièrement exacts, du moins assez approximatifs pour que la science en ait pu tirer parli. C'est à l'analyse chimique qu'on doit la connaissance des fonctions glycogéniques du foie, des fonctions émulsives de la graisse par le suc pancréatique, des altérations de l'urine par Talimentation et certaines maladies de la vessie, des reins ou du svstème nerveux; la connaissance des modifications de composition du sang, et, bien que les vrais chimistes se rient beaucoup des résultats incomplets auxquels sont arrivés Lecanu, Andral et Gavarret (l), Michéa, Becquerel, liodier, ces recherches n'en constituent pas moins une science à part, désignée sous le nom d'hématologie. I^arloul, sur chaque point d'anatomie pathologique, l'analyse chimi(|ue est nécessaire, et, s'il n'est pas toujours possible de l'employer à cause de la difficulté des analyses et de la petite quantité de substance à décomposer, dans des circonstances opposées il ne faut jamais omc^ttre de s'en servir.

A la chimie pathologique qui se fait, il faut joindre les importants résultats de Vanalyse chimique appliquée à la médecine légale et à la toxicologie. Ici un succès considérable a couronné l'activité du créateur de cette science, et Orlila a bien mérité de la science et de l'humanité, en montrant que l'analyse chimique pouvait toujours reconnaître, dans hs changements organiques produits par un poison ou dans les organes non altérés, la substance minérale ou végétale.

C'est ici que l'analyse spectrale pourra être utile et faire découvrir dans It'S viscères la présence du cuivre, du fer, etc.

La toxicologie est aujourd'hui une science toute faite, qu'il ne s'agit plus que de perfectionner dans les détails en y ajoutant les résultats des nouvelles découvertes que pourront faire d'autres chimistes (2).

il) Andriil ot Gavarrot, Rechrrches sur la romposilhn du sang. Paris, t8ii. {"1) V(iy<v. Cliapiiis, Précis de to.ricologif. Pan^, IS8-.

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