CHAPITRE V
Il y a peu de signes précis rournis au diagnostic par le poids du corps qui Tarie beaucoup selon les âges. — Chez TaduUe, son augmentation au delà de 80 kilogrammes indique la polysarcie et parfois le diabète. Sa diminution graduelle est un signe certain de maladie. Chez les enfants à la mamelle en particulier, celte diminution est de la plus haute importance, parce que, si elle est continue, elle indique la dyspepsie ou l'entérite ce qui oblige à changer de nourrice ou à faire un traitement spécial de la maladie constatée (1).
Un homme du poids moyen de 70 kilogrammes est ainsi constitué :
Muscles et accessoires 31 kilogr. 00
Squclellc 12 40
Peau 5 — 00
Graisse 42 — 00
Cerveau i — 40
Viscères thoraciques 1 — âO
Viscères abdominaux 4 — 00
67 kilogr. 00
Le reste, soit 3 kilogrammes, est formé par du sang.
Poids des liquides 40 kilogr.
Poids des solides 30 —
En vingt-quatre heures, le corps humain perd 3^ff,700 d'eau. Il perd en outre : carbone, 250 grammes ; azote, 25 grammes ; substances minérales, 25 grammes.
Il faut, pour que la recette égale la dépense : aliments solides secs, 500 grammes; oxygène, 650 grammes; eau, 2300 grammes.
Cn individu qui ne mange pas ne peut que se nourrir à même ses propres tissus, à même sa graisse. Nous avons à notre disposition, en supposant le sujet très gras, environ 15 kilogrammes à consommer. Après quoi la provision éUxni épuisée, il faut bien que la machine s arrête complètement et que le sujet meure.
Or, il résuite des chiffres précédents que la perte physiologique journalière est, en carbone et en azote, de 300 grammes environ.
En 15 kilogrammes, on trouve 50 fois 300 grammes. Ce qui revient à dire qu'il faut, pour atteindre Tépuisement absolu, 50 jours, si l'on admet i5 kilogrammes à dépenser, chiffre un peu fort.
(1) E. BoQchut, Hygiène de la première enfance, 7* édition, Paris, 1879.
i2()0 SIGNKS FOURNIS PAU l'HADÏTUDE DU CORPS.
CHAPITRK VI
sr;nes fournis au diagnostic pah i/examen de la face
en (jénéiial
Si réliule de la physionomie des maKides est de la plus haute iniporlanco pour le diai^nostic, elle ue sert pas moins au pronostic, car un coup d œil sullit souvent pour jw^rv les chantremenls heureux ou funestes opérés duu jour à l'autre dans les maladies. Sous ce rapport, la conh'ur du l'isaije, sa tmipcraturr, Vcrprcssion et V embonpoint de cciii^ partie, méritent d'être signalés.
);; 1^'. — Coloration.
lia coloration rou<p* couvrant également toute la face s'observe dans la pléthore, dans l'étal fébrile intense, dans les lièvres inilammatoires, dans les anilines et dans les maladies des oriranes respiratoires où se montre la d\spnée. — Bornée aux deux pommettes, elle <*st souvent le siirne d'une inllammalion lente des poumons, telle (|ue la phlhisie à ses débuts, et, limitée à une seule des joues, avec de la lièvre, elle indique ordinairement la pneumonie du côté où existe la rouireur (Hippocrate), mais c'est un phénomène (pie j'ai observé en dehors de toute pneumonie dans quelques cas de stomatite par dentition. — Son aspect luisant annonce l'érysipèle, et sou internùllence à courte période est frénéralement le siirne d'un grand danger. On sait, en elTel, (|ue la coloration subite, fugitive et intermittente du visage, résulte d'une alVeclion ciMvbrale aiguë, la méningite, qui est presque toujours mortelle. Il y a enlin la coloration rouge tachetée de l'exanthème morbilleux de la rouireole et de la roséole, les taches rouvre cuivritpie ou de jambon fuméap|)arlenanl à la syphilis: la coloration framboisee générale dilVuse de la scarlatine, et la couleur rouge violacée des maladies du cunu*, dont les caractères ne peuvent être méconnus.
Au lieu d'être rouge, le vidage peut être p'i(f\ par suite de ranémie passagère de la peau, connue dans la période de froid des fièvres aux approches d'un vomi>semenl [novoipie par remeliijue ou dû à une indigestion ou au maldiMUtM". lien est (également de même dans les cachexies et dans les maladies chroiùi|ues, surtout dans les alleolions chroniques des voies digeslives : dan> la chlorosi\ dans rinloxieatiiui saturnine ou maremmatique: à la dtM'uièrt» piM'iiMli^ des maladies cancéreuses et de la diphthérile, etc. Mais alors la dindiualion resuite d'une anémie constitutionnelle et d'un appau- \rissiMuenl du sang. Sa couleur est y/t^/^' dans l'ictère, dans la lièvre et dans les maladies dites bilieuses, à cause du pass;ige dune certaine quanlilo de niulièro colorante de la bile dans le s;uig ; bf un jaune dans ce qu'on
SIGNES FOURNIS PAR l'eXAMEN DE LA FACE EN GÉNÉRAL. 261
appelle le masque chez les fenimes grosses ; taché de blanc dans le vitiligo de la face, et si le vililigo occupe les sourcils ou la barbe, la plaque blanche du derme est accompagnée de décoloration blanche des poils; — la teinte bronze^ au ccutraire, appartiendrait, d'après Âddison, à la cachexie produite par les maladies des capsules surrénales, mais c'est un fait à vérifier, car il souffre d'assez nombreuses exceptions.
§ «. — Chalevr.
La chaleur du visage est généralement accompagnée de sa rougeur, et, dans le cas où la rougeur est générale, c'est un signe de fièvre ou de grande émotion morale; — si la chaleur est, comme la rougeur, limitée à une pommette, c'est souvent un signe de pneumonie. — Quand elle est jointe à la fièvre et à l'injection vasculaire du globe de l'œil, elle annonce le délire; au contraire, avec la rougeur et avec le gonflement des téguments sans fièvre, elle doit faire craindre Thémorrhagie cérébrale.
Le refroidissement de la face s'observe dans l'accès de froid de la fièvre intermittente et dans le mal de mer. Il n'a d'importance que s'il est accompagné d'autres phénomènes généraux graves, de vomissements continus, de diarrhée violente, d'amaigrissement et d'excavation des yeux. Alors c'est on des signes précurseurs de la mort.
§ a. — iTolBine.
Le rolume de la face augmente dans Térysipèle, à la période de suppuration de la variole et dans Tanasarque. 11 se produit, mais d'une façon partielle, sur la joue, dans les fluxions dentaires; ^ à la suite de certains polypes des fosses nasales ; — sur les masséters, par les oreillons; — sous l'augie de la m&choire, dans l'engorgement ganglionnaire de la diphthérite, etc.
Son amaigrissement a lieu dans les maladies chroniques et dans les maladies aiguës; — à la suite d'une diète prolongée ou d'évacuations intestinales très abondantes produites par le choléra. Alors il y a une excavation des yeux qui est caractéristique. — L'amaigrissement delà face n'existe parfois que d'un seul côté qui se trouve être de la sorte un peu plus petit que l'autre. C'est ce qu'on voit dans Vatrophie lamineuse de la face décrite par Fremy.