‹ Traité de diagnostic et de sémiologieChapitre 93 sur 295 · Erai^OBfl · texte numérisé non relu

Erai^OBfl

C'est au front que se montrent de préférence certaines éruptions de roséole ayant une nature syphilitique, et il en est de même des exostoses que détermine cette maladie.

Mais, sur le crâne, ce sont les éruptions d'eczéma, d'impétigo qui, sans faire tomber les cheveux, forment des croûtes molles, humides, infectes, a^rL'Iiitinant les poils; — on y trouve l'herpès tonsurant qui forme sur le ctiir chevelu des plaques brunâtres de tonsure à fond légèrement chagriné, et dans lesquelles les cheveux qu'on arrache sont remplis de Tricophyton touHurans (1); le favus chez les enfants qui portent sur la peau du crâne des godets isolés en relief, grisâtres, ou des plaques jaunâtres, saillantes et soufrées dans lesquels les cheveux sont rares, malades et infiltrés à*Acho^ rion Schœnleini; — le pityriasis, formant les pellicules blanchâtres qui garnissent la base des cheveux, et enfin les rougeurs érysipèlateuses consécutives à Térj'sipèle de la face.

Chez les enfants existent différentes tumeu]*s du crâne : soit des tumeurs molles k la racine du nez et au niveau des sutures, ce sont les encépha^ hcèles ou hernies du cerveau ; soit des céphalœmatomes, grosses tumeurs molles situées sur les os et qui, succédant à la naissance, sont des bosses ^nguines avec boun*elet dur à la circonférence, ou des abcès succédant à ces bosses sanguines et ayant également un bourrelet résistant à la base.

U) Voy. Pathologie générale, article PABAsmsHE.

2()0 SKJNKS FOURNIS PAR i/HABITUDE DT' CORPS.

CJioz radultc, ce sont des lumeurs d'une autre nature, mobiles sous la peau, ^généralement arrondies, indolentes, ehroniques, formant des loup^*^ f^raisseuscs, ou des tumeurs douloureuses d'abord dures, puis Ihirtuaiil^ formant des alx'ès.

):^ il. — llruiiH iniérieiirm du crflno.

Dans (|uel(|ues cas le crâne est le sièij;e de bruits intérieurs isocliroiio aux battements du pouls ou de la respiration, et qui ne sont autres (|i]«*l''S bruits du vœuv normaux ou le bruit respiratoire vésiculaire transmis f^ir les parties solides du scpn^lette. H en est de même des bruits de défilulilioii de la salive (pi'on entend sur la tète.

A cr>té de ers bruits normaux, il y a, cbez les enfants encore jeunes, (!»> bruits de scmflle (jui se produisent (pieUiuerois au niveau de la fonlaïuHtanlérliMue (»l sur b' |)avill<)n de roieille On a même dit à ce sujet que (vs souffles n'existaient (juedans certains états patbolo^iques, et l'on a sou- It'nu (pie rauscullalion du crâne pouvait être de (juelque utilité dans le (iiMirn(»slic des maladies du cerveau et des méninges; c'est un point tre^ c<Milroversé (I>

Kisber (de Doslon) a prétendu (pi'en auscultant la fontanelle antérieur»^ cb<v. iU'<> enfants alt<Mnls de l'bydrocépbalie, on entendait un bruit de souille caractérisli(pie de la mabidie. ('e diagnostic n'est pas exact, car Ht'iiniiu dit, au contraire, que dans l'état normal, cbez les enfants au-dessous d»* six ans, il v a dans la iirande fontanelle un bruit de souffle dû au niomvment du sani; dans les vaisseaux, et que ce bruit diminue ou cesse eiili^*rement sous l'influence des maladies de l'eneépbale. Cela se voit, liil-il, dans lesbyperbémies du cerveau, les épancbements, l'hydrocépbalie aiirm-. la tubt'rcult)se, reni'épbalile, etc. Wirlbgen |)réten(I avoir pu reconnailrv ainsi la méningite tuberculiMise ci même le c<'»té n\alade où siégeait TépacbtMniMit SiM'eux par l'absence du bruit de souffle. Il cite aussi uii cas d'Iiv pertropbit' cérébrale dans lecpu^l il a pu suivre la décroissance progressive de ralleratiiui.

th'i l'st la verilf dans ces assertions contradictoires *? L'ob>ervalion uuu^ l'appriMidra un pt'u plus tard.

M. \v (Ku'liMir II. Tripier cl) «pii s'est beaucn'ip occupé de ce sujet aflirnie i\uo II' souffli* et'phaliqui* existe elle/ l'aiiulte et (piil est caractérise par un soufllt* svslolique pi'oîoml qu'on entend surtout le crâne, principaleiii»'iit sur les pailit^> lateraU^s au ni\eau des ti'inpes, avec maximum d'inteiL^ii'* sur la i'«'gii>n ttMuporale drvMte. haprès lui, les malades sur lesquels en It* reuiHuiIre. entiMnient un bruit inlei*miltenl syucbrone avec le soulfle p^Trii à rausiultaîion. et. par l'oiisequent, avec la systole cardiacpie, et d«nU l'inlensile est en rapfiorl direct avec celle du souille cépbalique. Le bruit

{\) BiUh'luil. rr.u/r <iV> .: ; /. < (/•< . - :•.- s, 7 ciil. P.\ri<, iSTS. t \o\. m-^, " 'k ll\l>lHHKrH\iiK oî Kv.'«:T:>vr.

SIGNES FOURNIS PAR l'eXAMEN DES YEUX. 267

et le souffle peuvent être modifiés ou supprimés momentanément par la compression de la carotide du côté où l'on ausculte, ou même du côté opposé.

Le souffle céphalique, qui est parfaitement synchrone avec la systole cardiaque, doit se passer dans le système artériel. On arrive par exclusion à le placer dans la partie terminale de la carotide interne au niveau du point où elle pénètre dans la cavité crânienne.

Dans les anémies par hémorrhagie et par cachexie, dans la chlorose, le soaflle céphaiique se rencontre lorsque les symptômes d'anémie sont intenses et de longue durée. Le souffle céphaiique sans souffle à la base du c(Bur, et surtout sans anémie, devra faire songer à la possibilité de la compression de la carotide interne au niveau de sa partie terminale, lorsqu'il n'existera aucun trouble du côté de Torbite.

Quant aux indications fournies par le souffle céphaiique, M. le docteur R. Tripier émet les propositions suivantes: Toutes les fois qu'on rencontrera ce souffle à la suite d*hémorrhagies ou dans la chlorose, on pourra être certain que Tanémle est profonde et qu'elle réclame un traitement aussi énergique que possible. Comme il peut être aussi produit par un état cachectique sous la dépendance de lésions diverses, on devra toujours rechercher avec soin la cause de Tanémie. Dans les cachexies l'existence dtt souffle céphaiique est un signe pronostique grave ; sa diminution et sa disparition, coïncidant avec une aggravation de la maladie, seront un in* dice encore plus fâcheux.

Lorsqu'un malade, anémique ou non, se plaindra de troubles cérébraux et surtout d'entendre des bruits anomaux, on devra toujours ausculter la léle, car la constatation du souffle céphaiique, en l'absence d'un souffle cardiaque, pourra mettre sur la voie du diagnostic d'une lésion intracrânienne.

Enfin le soufDe céphaiique offi*e des indications thérapeutiques surtout pv la connaissance des conditions dans lesquelles il est produit. C'est ùnsi que, dans les cas où il dépend d'une tumeur anévrysmale ou anévrysnioîde, la ligature de la carotide peut guérir le malade. Par contre, on évitera chez les anémiques et dans les cas de compression de la carotide une intervention qui, tout en faisant courir au malade des chances de mort et d'accidents divers, ne pourrait lui être utile.

SIGNES FOURNIS AU DIAGNOSTIC PAR l'EXAMEN DES YEUX

§ t*'. — C^loratloH.

Les yeux perdent ordinairement leur éclat et deviennent ternes, languissants, dans la plupart des maladies chroniques et aux approches de la mort

tîiiS >ir.M:.s Fornsis p.\i; liiai^itude du corps.

<${ «. — Toi unie.

Ils (lovii^Diicnl saillanls v[ proéi)iineiils, avec rou£:eur de la conjom liv»\ dans les maladies irraves du laiMix, du poumon, du cœur, surloul daiiN lasllime très earaetérisé; — dans certaines maladies aiirues ou chroiiiqu»'5 du cerveau produisant l'iiydroplulialmie, et dans les cas où une lunieur |)(»ussant Tieil en avant produit rex()|)lilhalmie.

Quand, avec la nrotininence des ulohes oculaires, il v a ironflenienl (ie la i:lande thuoïde et des palpitations, c'est ce <|u'on a])pelle la varhwU t'.roifhthdlnii^iue ou t/oilre c.rophlhdlmirjHe.

Les yeux s enfoncent, au contraire, dans leurs orbites pendant les maladies aihnamiijues graves, et particulièrement dans les maladies connue le eh(»lèra, l'euterite cholèriforme, la dysenterie qui produisent d'abondantes évacuations intestinales.

);; — 3. Moiivonicnl!».

Les \ eux sont fi.rcs dans la catalej)sie, convulsés en liaut ou aflectes de stral>is)nc dans les maladies frraves des méninges et du cerveau, dans la parai} sie de la troisième paire, dans la retraction d'un des muscles de l'œil, etc.

Ils sont toujours tous Ic^ (Jcnx flrrirs du même côté (pi'une lésion ctMvbrab' et dans le C('»l«' t»pposé à riicniipb'gie, (»nt dit Vulpian et Prévnst: c'est la ilrridfion hifir'fh'^i''' ou runjufiiivc ^Irs f/rux. Ce|)endanl, j'ai |>lusieurs lois vu des cas de déviation lalrralisce des yeux avec hémiplfirie chez le.suns. >aiis ln'inipl<\i:ie cluv. K'S autres, alors (|ue l'autopsie faileavec soin ne n'Nela l*e\i^t«'nc«* d'aucune b'sion cérébrale.

('-•'ll«M]ii('slion a t'U' de nouveau étudiée par Landouzy, puis par Grasvt vjui ^ont arriNes à des attirmations oj>pose«'S sans que l'accord lût possihl»*. lUilre (ju il \ a des d«'\ iations conju^:.uées des } eux sans lésions appreeiab!es du etn^xeau. les cas où. tanl«»t du c«'»te de la lésion, tantôt du cèle oj»[h>^»'. se ln>u\e ctlte deNiatioii. >onl expliques dilïeremnient.

Les \eu\ ilexie^ d'un n'U'.à iin»ile \\\v exemple. rei:ardenl vers la lesiuii plaeee ilaus i'Iu nii^pheie droit, «'l c'e>t celle lésion qui produit io spasme. dit l'i.'xost. l.e u"e>t pa> l(ar<»urs aiii^i. disent les autres: ils peuvent regarder à droite, tandis tpie la lesiv»n tiii't'plialitpn» est à gauche. C'est ici que viennent le> e\pliealu>r.s.

\loi>. on liit vju'il Miil ili>li!:gr,er les eas dr dt'xialion des yeux par /"/p/l':^,( du eenlîe i\>tatrurtt ie^ eas par ^ 'i.>t.iî':'H de ce centre. M. Onisset alor> vi lornurie eelle cvMielii>î'n :

Oviand il \ a ileMali^»n eoîi u^iue. lians les lesi<.»ns d'un hémisphère ceivbral. le malade regarde ses m? p.i:»:es convulsés >'il v a excitation, et il n^gaixle s*\ L's:on s ;l n a paralNN..-. l'ra'.iijuement, on retient cette règle en nxisonnanl ^ur LvHii-o-îî.vle;::- i xlrine. •Jiî.iKd .1 \ a excitation, le> >eux

IGNES FOURNIS PAR l'EXAMEN DE LA PUPILLE. 269

sont tirés da même côté que les membres convulsés; quand il y a paralysie, les yeux sont déviés du côté opposé aux membres paralysés.

Quels sont les points de l'hémisphère dont les altérations peuvent entraîner la déviation conjugée? Il y a deux régions de l'écorce cérébrale dont rexcitation électrique entraîne la rotation de la tête et des yeux du côté opposé à Teicitalion ; ces deux régions sont le pied de la deuxième frontale, e), en second lieu, la circonvolution qui coiffe la scissure de Sylvius, les deux tiers postérieurs de la promise temporale et le pli courbe. Un cas de Chouppe, dans lequel il y eut lésion du pied de la deuxième frontale, porte Ferrier à localiser en ce point le centre de la déviation conjuguée, et cet auteur ne voit dans le pli courbe et le fond de la scissure de Syivius qu'un centre de la vision. Deux des faits de M. Grasset tendent au contraire à placer le centre rotateur dans la seconde région désignée par Ferrier. Chez iin de ses malades, le foyer de ramollissement occupait le pli courbe, et chez l'autre une hémorrbagie sous-corticale avait fait irruption sous leK méninges, entre l'extrémité de la scissure de Syivius et la scissure parallèle. Le cas de Chouppe lui-même, dit M. Grasset, a été mal interprété ; en outre de la lésion située au pied de la deuxième frontale externe, il y en avait une bien plus importante sur les parties supérieure et latérale du lobe sphé- Dokial, et c'est à cette dernière que Chouppe attribuait la déviation conjuguée. Aussi M. Grasset formule la proposition suivante : Quand la déviation conjuguée doit être attribuée à une lésion corticale^ l'altération siège le plus souvent dans les circonvolutions qui coiffent le fond de la scissure de Syivius et le pli courbe. Gomme pour les autres centres moteurs, tout le faisceau de fibres blanches qui part de cette région et va au pédoncule en passant par la capsule interne, pourra, quand il sera altéré, donner lieu iu même phénomène.

Quand on arrive au mésocéphale, à partir d'un certain point, le sens de b déviation change parce que les effets sur Toculo-moteur externe de- TÎenneutdirects. Ici, le principe posé pour les hémisphères doit être renversé ; le inalade regarde ses membres paralysés s'il y a paralysie ; au contraire il regarde sa lésion s'il y a excitation.

D'ailleurs, dans une communication ultérieure à la Société anatomique, M. Landouzy, revenant sur les opinions formulées dans sa thèse, est arrivé à des conclusions conformes à celles de M. Grasset.

Les yeux sont agités de tremblement latéral ou nystagtMis dans certains cas de méningite tuberculeuse, d'hydrocéphalie chronique ou de paralysie générale et d'encéphalite chronique.

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