NERF OPTIQUE, CHOROÏDE ET RÉTINE
Les parties profondes de l'œil, telles que le corps vitré, la papille du oerf optique, les artères et les veines de la rétine, la rétine elle-même, et la choroïde sont le siège de lésions nombreuses qu'on ne peut découvrir qua Paide de Tophlbalmoscopc et qui indiquent, soit une maladie de rdl seul, soit une maladie organique du cerveau et de la moelle épinière, soit la diathëse tuberculeuse, leucémique, diabétique, albuminurique, ^}pbilitique ou hémorrhagique. Ce sont des signes de la plus grande importance.
Jusqu en 1862, l'ophthalmoscope n'avait été employé que par les oculistes ilans leur spécialité, pour le diagnostic des maladies de t'œil et des différentes variétés de l'amaurose, mais la médecine doit maintenant l'utiliser
^7-2 siGNKs Fornxis par l'haditude du corps.
à son prolil, car, d'après ce (|ue j'ai fait connaître, elle trouve dans son emploi le moyen de voir, dans l'état du nerf opli(|ue ainsi que dans laiîrculation rétino-choroïdienne, l'étal de la circulation et de la imtrilioinlij cerveau, de la inoelh^ et des niénin^a^s. Voir dans l'œil ce(jui se passe daii> le cerveau et dans la moelle, tel est le but de la nouvelle applioaliOii !« rophtlialmoscope.
On savait depuis longtemps (pie diiïérentes amauroses pouvaient dépondif d'une lésion de Tencéphale, et (|u'elles étaient parfois accompai:ne«\s ditrophicMlu nerf optique, mais ce n*est (|u'avec l'oplithalmoscope qu'il a été jxtssible de constater cette lésion pendant la vie.
Frappe de ce fait signalé par Sicliel, par Desmarres, par do de riiulVrl par tous les chirurgiens, j'ai eu Tidée de rechercher, d'une manière s\>l»'maliijue dans toutes les alTections nerveuses, (|uelles étaient les altera(loii> (|ui pouvaient se produire dans \\v\\ sous l'intluence des maladies aiiru'< et chroni(|ues de rencé|)hale et de la moelle, sans me laisser guider à vai é^ard |)ar la considération de i'amaurose ni d'aucun trouble visuel. T.» la m'a permis de découvrir la loi de coïncidence des lésions du nerf optiqut^. de la rétine ou de la choroïde et des Tualadies organiques du système cérébro-spinal. He là est née la crréhroseoiih' : c'est la urrritt* optiqU'', Li nérro-rétinite et la /u't'/'0-c//o/*rt/W//^ constatée dans les maladies cérébrospinales et rendant le diagnostic de ces maladies absolument certain. .l'ai ainsi vu: 1" (|ue tout obstacle mécanique à la circulation cérébral» avait son retentissement dans les veines de la rétine; ±' que toute pbloiimasie méniniio-encéphalitiue descendait dans I'omI par le nerf optique: 3" enfm, (|ue les maladies aiguës de la moelle produisaient, par le grand sympathiijue, un relâchement des vaisseaux du nerf opticjue ou de la réline conduisant à I'amaurose, lois importantes qui sont devenues la base dune séméiologie nouvelle des maladies nerveuses.
Au reste, pour ne pas me répéter, je renvoie, pour de |)Ius amples détails, aux ouvrages spéciaux que j'ai publiés sur ce sujet (l), et au chapitre intitulé Ckhkuhoscopik (:2), dans lequel j'ai décrit tous les signes que pnsenle le fond de l'œil (nerf opticjiie, rétine ou choroïde) dans les maladie^ organiques du cerveau, de la moelle ou des méninges.
.ARTICLE VIII sir.NKs ForuMS Ali niAe.NOSTn; pau l'examen de i.a vision
A l'examen physi(jue de l'œil se rapportent les signes tirés de l'élude des troubles visuels. Ainsi, la vision peut cesser le jour et n'avoir lieu que la nuit, sans (lue pour cela, le globe oculaire soit malade; c'est la nyctalopie: — (|uand, au contraire, les malades voient pendant le jour el
ili BiMH!liiit, Du (litKjnnsticilt's mttlnilie^ du sustenie ne rr eux par rophtlialmoscopf ^îr*- (lea hopit., \H\rl-iV.\ ol Paris, lS(;7,uii volmiuî iii-S) ; ciiliii Allas d'oplitliabnoscopie iH'rM' u^ et de cérébroscoj)ii\ 1870.
cl] Voyez p. 181 el suivaiUos do ce livre.
SIGNES FOURNIS PAR l'EXAMEN DES PAUPIÈRES. 273
cessent de voir après le coucher du soleil, ils ont de Vhéméralopie. — La Tision s'altère quelquefois dans un œil par effet sympathique lorsqu'une maladie de rœil opposé agit sur l'œil resté sain ; — par lésion locale de la cornée, du cristallin ou des milieux de Tœil; — par lésion de la rétine, de la choroïde et du nerf optique ; — sous l'influence de la glycosurie, ou diabète sucré qui altère la rétine ; des maladies des méninges ou du cerveau et de quelques lésions de la moelle épinière. Dans ces cas, on comprend qae l'étude des troubles visuels offre des signes importants au diagnostic des maladies.
Des éblouissements, des bluettes et de petites flammes rouges au-devant des yeux annoncent la congestion cérébrale et l'imminence de l'apoplexie. Des taches noires dans le champ visuel annoncent un commencement de maladie circonscrite dans la rétine, surtout une hémorrhagie rétinienne; — Yhémiopie indique une lésion de la rétine; — la diplopie annonce le début de la méningite ou une affection chronique de la protubérance et de la moelle, telle que la sclérose spinale et l'ataxie locomotrice. La perte absolue de la vision, sans lésion apparente des milieux de l'œil, ou amaurose, indique une paralysie de la rétine et du nerf optique, par lésion locale du fond de l'œil, ou par une sclérose *du nerf optique due à une tumeur cérébrale de la couche optique, des tubercules quadrijumeaux, de la protubérance ou consécutivement à la sclérose cérébro-spinale des ataxiques.
L*amaurose subite, incomplète, accompagnée d'un peu d'œdème des paupières, a été signalée par Landouzy comme un phénomène initial assez fréquent de l'albuminurie, ce qui est très vrai. — C'est quelquefois aussi le signe de la glycosurie.
L'amaurose sans œdème palpébral, et sans lésion intra-oculaire venue par degrés, résulte quelquefois de la présence d'un tœnia.
La diplopie se rattache souvent à une lésion organique du cerveau, annonçant une paralysie du moteur oculaire commun ou un commencement de paralysie générale progressive, un début de méningite, ou enfin une gomme syphilitique de la substance cérébrale, etc.
Il est tout naturel que la vision soit troublée par les maladies de la pupille, de la rétine ou de la choroïde, qu'occasionne une maladie du cerveau, de la moelle ou des méninges, mais, dans beaucoup 4e cas, la lésion existe et il n'y a aucun trouble visuel, c'est ce qui explique pourquoi on a tardé jusqu'à ce jour à découvrir la loi de coïncidence que j'ai fait connaître sur le rapport des lésions du nerf optique et de la rétine avec les maladies cérébrospinales (1).
Les paupières peuvent être modifiées dans leur aspect naturel par leur eolorationf par leur volume et par la régularité de leurs mouvements.
(1) Vo|ci pins haut le chapitre Gérébroscopie, p. 6i.
B. — DlAfiNOSTlC. 18
27i SIGNES FOl'RNIS PAR l'hABITUDE DU CORPS.
.^ f. — Coloration.
Elles s^enlourent quelcjiiefois, surloul h leur bord inférieur, d'une leiiite bleuâtre formant des yeux cernés, phénomène produit par la faliirue, la veille, la menstruation, Fonaiiisme, de grandes évacuations, la lièvre, de.
On y trouve quel(|uefois celte singulière sécrétion noire pulvéruleule dont j'ai parlé précédemment qui est formée par du charbon cl à laquelle s*appli(|ue le nom de vhroniht/drose.
Leur bord est rouge, croùleux, dans la hlépharite c///^î/t chronique,— renversé en dedans chez les personnes allectées d'en trop tort, et en dehors dans Vectropion,
Elles sont rouges et gon liées dans l'érysipèle et dans la variole à la période de suppuration des pustules ; — volumineuses et pales dansd'œdème et dans Tanasarque ordinaires. — Chose importante, l'œdème qui débute par les paupières et qui gagne les autres parties du corps est presque toujours le signe d'une albuminurie grave, souvent mortelle.
>i 9. — lIouTCnicntfi.
Les mouvements des paupières sont souvent modifiés d'une manière importante. Tantôt fréquents et rapides, ils constituent le tic palpêbraL Ces mouvements sont quelquefois liés à une allection cérébrale comme dan> la mîinie aiguë, où ils constituent ce qu'on appelle le cUgnotement, Il> sont, au contraire, lents à elTectuer dans certaines maladies des nerfs ti du cerveau qui amènent des paralysies partielles.
Les paupières d'un seul œil ne peuvent quelquefois plus se rapprocher et restent entr'ouvertes. Cela s'observe dans l'hémiplégie faciale et dans la paralysie rhumatismale de la septième paire, à cause de la paralysie de Torbiculaire palpébral. — Chez d'autres malades, au contraire, l'œil se ferme, mais il ne s'ouvre qu'à demi, la paupière suj)érieure ne peut plus être relevée, et Ta^l est dévié en dehors. C'est ce qu'on observe dans la paralysie de la cinquième paire et dans la parai) sie du moteur oculaire comnmn, qui envoie un rameau à l'élévateur de la paupière supérieure.
SIGNES FOI RNIS AU DIAGNOSTIC PAU LES CONJONCTIVES, LA CARONCULE LACRYMALE