LES CILS, ET LES SOURCILS
Les conjonctives, la caroncule lacrymale, et le sac lacrymal ne fournissent aucun signe important pour les maladies qui n'inléressenl pas directement leur texture. — Les cils, au contraire, sont d'une longueur démesurée chez certains scrofuleux ou phthisiques, ou bien ils sont courts, partiellement détruits, ou garnis à la base d'une squame épidennique blanche chez les sujets scrofuleux ayant eu des blépharites ciliaires.
Les sourcils sont souvent le siège de plaies ou de cicatrices anciennes
SIGNES FOURNIS PAR L'EXàMEN DES TEMPES ET DES JOUES. 275
qui résultent de chutes sur la tête. Dans ce cas, il se fait souvent une Dévrite ascendante du nerf frontal branche de la cinquième paire, qui gagne le cerveau, et redescend par la deuxième paire ou le nerf optique pour former une névrite optique caractérisée d'abord par Thyperhémie et par ToMième du nerf, sans troubles visuels, puis un peu plus tard, par de Tamaurose avec atrophie papillaire(l).
Les tempes se creusent dans les maladies aiguës, comme l'entérite cholériforme, le choléra, et dans la consomption des maladies chroniques, telles que la phthisie pulmonaire, l'entérite chronique ; il en est de môme dans Tagonie.
Elles sont le siège de douleurs névralgiques fréquentes, irrégulières, chez les personnes affectées de chlorose, ou périodiques dans les cas de fièvre larvée. On y observe des battements considérables chez les sujets pléthoriques et disposés aux congestions cérébrales ou à l'apoplexie.
t«^ — Col«rAti«B.
Chez un sujet bien portant, les joues, habituellement rosées, présentent quelquefois une couleur rouge intense, circonscrite sur les deux pommettes, et cette plaque rouge a été considérée comme l'indice du développement ultérieur d'une phthisie pulmonaire. Cela est souvent vrai. Au contraire, la coloration rouge intense unilatérale de la pommette, avec fièvre, caractérise presque toujours une maladie aiguë du poumon correspondant, comme on le disait au temps d'Hippocrate. Elle s'observe souvent dans la pneumonie. Alors la joue colorée est infiniment plus chaude, et elle a un ou deux degrés de plus que l'autre.
Fermes et rebondies chez les personnes chargées d'embonpoint, les joues sont creuses chez les sujets maigres; elles sont flasques, mobiles et agitées par le souffle de l'expiration chez les personnes qui viennent d'être frappées de paralysie de la face par le ti*oid ou par une hémorrhagie cérébrale.
Outre l'importance diagnostique de ce signe, il a encore, dans le cas particulier dont je parle, une certaine importance pronostique, car il révèle
M) Voj. £. Bouchut, Du diagnostic des nuUadies du système nerveux par Cophikal^ «OKope, obf . CLXUI, p. 371.
27G SIGNES FOURNIS PAR l'iIABITIDE DU COUPS.
un ^rand danger. — Les joues sont atrophiées d*unseul côté dans cerlain*N hémiplégies laciah's chroniques et dans cette singulière maladie (|u «»ii appelle aplasie lamineme de la face.
ARTICLE XIII
Sir.NES FOUUNIS AU DIVGNOSTIC PAU lVaAMEN DU NEZ
Le nez s'amincit, s'eflile (^t se refroidit dans les maladies graves, surloiit dans les entérites eholériformes ou dans le choléra et aux approches de la mort.
Les narines sont pulvérulentes dans la fièvre typhoïde et dans les maladi(*s adynaniifjues sérieuses; — elles sont agitées de mouvements rapides et très visihies de dilatation active dans le croup, dans la broncho pneumonie des jeunes enfants, et dans l'asphyxie par maladies du poumon à leur dernière période. — Chez les petits enfants, cette dilatation fréquente des narines, par lesquelles sort un petit bruit d'expiration, est le si^^ie certain d'une pneumonie lobulaire coniluenle très grave (ju'il est alors facile de constater par l'auscultation.
Il \ a des cas où une seule narine reste immobile ou s'alTaisse dans les mouvements d'inspiration, l'autre conservant toute la liberté d'action. (r»*>l le signe d'une paralysie faciale.
Le nez séerèle parfois de la sérosité claire qui coule au dehors et irrite l'ouverture des narines dans le coryza aigu ; — il sécrète du muco-piis dans le coryza s( rofuleux, et si la sécrétion a de l'odeur, c'est ce qu'on appelle jmtiai.'iic ; — il jette du sang dans l'épistaxis par pléthore simple, par lièvre l\phoïde ou par purpura ha^morrhagica; — il en sort delà sérosité purulente et l'ouverture est grisâtre dans le coryza diphthériti(|ue.
AUTICLE XIV
Sir.NES KUUUMS AU DIAGNOSTIC PAU l'kXAMEN DES LÈVUES
^ I*'. - Coloration.
La couleur rosée des lèvres change souvent dans un grand nombre de maladies. — Roinje.^ dans les maladies aigut's inllammatoircs, elles sont [iâlrs dans le friss »n de la lièvre intermittente, dans l'anémie, dans la vh\ovo$v\ — pâles, terreuses et ridées dans la syphilis des nouveau-nés; — lirides, riolaeêes dans les maladies adynamiciues et dans les maladie> du ca'ur, — noires, bleuâtres dans la persistance du trou de Bolal,dan> les relrécissemenls de Tarière pulmonaire, dans l'asphyxie simple, dansl'av ])hyxie de la bronchite capillaire et du catarrhe sulTocant, dans certains cas de croup à la dernière période, dans le choléra et à la suite de l'usa-e prolonge du nitrate d'argent.