SIGNES FOURNIS PAR L'EXAMEN DES OREILLES
Les oreilles sont froides, pâles et cyanosées, dans le frisson des fièvres intermittentes, dans quelques maladies du cœur, dans Tasphyxie, dans le * choléra et à la fin de Tagonie. — Elles sont souvent, chez les sujets lymphatiques, à Textérieur, en arrière du pavillon, le siège d'un eczéma qui peut s'étendre assez loin. — Souvent aussi on voit le conduit auditif être le siège d'un suintement purulent plus ou moins considérable chez quelques scrofuleux, ayant une inflammation de l'oreille moyenne, ce qui constitue Yotorrhée, Alors il y a perforation de la membrane du tympan, suppuration de la caisse et, si la maladie se prolonge, il peut y avoir avec l'écoulement muqueux purulent une sortie des osselets, ce qui est pour toujours la perte de l'oreille. — Dans quelques cas, enfin, à la suite des chutes sur la tète, OD y observe un écoulement séreux rùussdlre, phénomène qui indique toujours une fracture de la base du crâne au niveau du rocher.
En auscultant les oreilles dans Télat normal, on n'entend rien, mais parfois, dans la méningite, on y entend un bruit de souffle qui est évidemment un bruit céphalique analogue au bruit céphalique dont j'ai parlé plus haut et qu'on entend sur différents points du crâne.
Mais en dehors de ce fait, dans les maladies des oreilles l'auscultation peut être utilement employée.
On sait que par des poussées d'air sur le tympan, on agit sur la sensation sonore perçue par le sujet (ayant un diapason en résonance posé sur la bosse frontale), et l'on juge au moyen des variations ou de l'absence des variations de son annoncées par le patient de l'état de l'appareil conducteur do son et surtout de la mobilité de l'étrier.
Ces épreuves ne fournissent à l'observateur que les réponses du malade: ï. Gellé a tenté de constater lui-même des variations du son, loi*squ'on exerce des pressions difliérentes au moyen de la poire à air.
Voici comment on dispose l'expérience :
Un tube de caoutchouc est adapté à l'oreille du sujet et par l'autre extrémité à celle de l'observateur. La poire à insuffler de Politzer est annexée au milieu du tube, et sert à pousser de l'air qui comprime le tympan du sujet ; celui de l'opérateur est isolé par un mince diaphragme de baudruche. Tout ainsi disposé, on place sur la bosse frontale un diapason /a, en vibration.
Le sujet perçoit le son transmis et en même temps l'observateur le per- ^t)it aussi.
Mais le son ne suit pas le même chemin pour aller de la paroi crânienne, soit à l'oreille du sujet, soit à celle de l'opérateur.
Dans le premier cas, le son pénètre dans la cavité tympanique et frappe la fenêtre ovale, et fait vibrer la platine de l'étiîer. Ainsi le patient ne perçoit que le son qui a ébranlé cet osselet. D'un autre côté, l'observateur reçoit les ondes sonores qui, de la cavité tympanique, traversent la membrane du tympan et s écoulent par le tube otoscopique.
Quand, avec la poire à air, on tend la cloison et tout l'appareil conduc* teur du son, on modifie aussitôt la sensation transmise, et d'une façon
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ideiUiiju»* pour le sujol et pour Topérateur; si Toreille donnée est saiii»\ on produit à volonté l'alténualion du son : c'est un fait démontré.
Mais il n'en est plus de même si une lésion altère la mobilité, soit du tympan, soit de Tétrier. Dans ces cas, l'elTet des pressions continue de s»* produire du eiUé resté sain, mais il est modilié complètement par la maladie de l'autre côté. Ainsi, la sensation sonore sera perçue par l'observateur avec ses modifications, en rapport avec les pressions exercées sur la poire de caoutchouc, si le tympan est resté bon conducteur du son et mobile, tandis (|ue le sujet même éprouvera tantôt Tarrél de la sensation à cha(|ue poussée H tautiH une sensation verliirineuse, |)rovoquée à cha(ju«' fois (ju'on presse la |)oire à air, ou i)ien un bourdonnement intense.
Il peut arriver (jue l'audition du diapason n'ait pas lieu par la voie (Je> os crâniens, et (|ue cependant le nuklecin (jui ausculte perçoive netlemenl ce son transmis à Iravt^'s l'oreille.
Ou comprend (jue, dans ces cas, le diagnostic du siège de la lésion caus« soit éclairé par une semblable expérience, qui donne à la fois la mesure de la mobilité et de la conductibilité de l'orirane <le l'ouïe.
Dans l'elat sain, il y a concordance parfaite entre ce qu'éprouve l'obsorvateiu' et ce cpTentend le sujet.
Dans l'état pathologique, il y a, au contraire, discordance complète; ft le jeu des pressions cenlripctes met en évidence la cause de ce disparate dans la circulation du son et précise le siège de la lésion. — L'analyse d'un cas pathoh)git|ne montre birn la valeur d»» celte exj)érience.
('/est ainsi que. dans le ^erlige de Ménière, qu'on a voulu rapporter e\clusivenient à une le>ion des canaux semi-circulaires, (iellé a pu. aa mo\en de i'e> eprcUNos, re?idie e\idente la lésion des fenêtres ronde> on ovales, pni>qni» les (n^'ss'ons cenlript'les, (jui modiliai«Mit a \oK)ntéh'SMn [)erv;u par roh>t>rNaleur, anienai»Mit elirz le sujet tant<H le silence tantôt restairnl >ans elTet et tanl(">l produisaiont le N»M"liL'e.
dette <Aj»('ii«Miee constitue V'H/srtilt'ttinn tr'Ut^'Uirimliiif'r au muu'ii des pres>ions e»MJti ipr»le>.
^ I . -- Olorrhafiie.
L'eruuleinrnt de >ang par b'S Mro.lîes i (•nslitue Vutorrh'Ujie. H »'St lornh' de >an-: pur ou di' Sv\ng mt-Ir* à dt^ la sérosité et à du pus.
Il est couluiu «M mi.'nnitle::t. f»- u al'«iiduitou consub'rable. Il ne >♦' produit qu\i{)îr> d; rliiiuiT ou p« i.oi.iîion u".r»'rativ»» ilu tympan.
l/oti»rr!iagie p. ut » Ire su[«;:<^ a '.a nu;;.' d nuf vidlt-ntc détonation d<* mine on d'aili.ltMie oui «n n-' !<> I\'.î.;ki:î < î a'iu'U»- la iuî»luie des vaisseaux >aiiguniN, l de N,» \o!l .i la ^uiu- .it > ::.u :u:«"* «!.> !a bas»* du ervine et du rucfnT. dans le cvnu's de la eo |Ur!iu:;c a>N, ; ;;,i;o p.'ur dfv'hirer le t\mpan, apiv> I otitr nu»Nenue ••'. !i's .\'.-. • ^ J' \\ » .r-^.- a.\'.>nK'a«nt'S dolorrhee, enliii aNce les ceouli :ue:.S vi;. »•::;•; ^ ,:/. ^- .n i-ii; auditif dus à la carie da iwher.
SIGNES FOURNIS PAR l'EXAMEN DES CHEVEUX. 283
§ t. — ParoCMes.
Au-dessous et en avant de Foreille se trouve la parotide, qui est assez sonTent le siège d'une tuméraction considérable, pouvant donner lieu à une saillie énorme au niveau de Tangle de la mâchoire et autour du lobule de l'oreille. Ce gonflement, lorsqu'il est double et accompagné de fièvre, caractérise les oreillons; quand il s'observe chez les enfants au milieu d'un bon état de santé habituel, il n'offre aucune espèce de gravité. C'est le résultat d'une rétention salivaire due à une affection catarrhale épidémique du canal excréteur de la salive obstruant l'ouverture de ce conduit. Au contraire, le même gonflement, d'un seul côté ou des deux côtés de la mâchoire, survenant chez un enfant ou un adulte très malade, au milieu des fièvres continues graves, porte le nom de parotide ou d^oreillons septicémiques se terminant très souvent par suppuration, et il annonce presque toujours la mort.
Oreillons et parotides ne sont donc qu'une seule et même maladie (1). C'est une rétention salivaire produite par obstruction du canal de Sténon, suivie de résolution dans les cas où les sujets sont pris au milieu de la santé, et de suppuration dans l'autre, à cause de l'état septicémique du sujet. A l'intérieur de la bouche, on sent le canal de Sténon tuméfié, et par la pression de la joue on en fait souvent sortir un liquide purulent plus ou moins épais, suivant les circonstances.
ARTICLE XVII
DU DIAGNOSTIC PAR L'EXAMEiN DES CHEVEUX ET DE LA BARBE
Les cheveux tombent souvent, soit par le pityriasis du cuir chevelu, soit par la teigne décalvante, soit à la suite de l'accouchement, des maladies aiguës graves, et principalement des fièvres typhoïdes. Ce phénomène existe aussi dans la phthisle pulmonaire, mais à un bien plus faible degré.
En général ils repoussent, mais dans la teigne décalvante le crâne devient lisse comme une bille de billard et ils ne repoussent pas. — Dans quelques circonstances, chez les sujets depuis longtemps malades, par carie vertébrale, ou pleurésie chronique, cachectiques ou convalescents d'une fièvre grave, ils s'amincissent, perdent leur brillant, deviennent étiques, lanugineux et indiquent un vice de nutrition du follicule pileux.
§ t'^ — ColoraClen.
Les cheveux blanchissent lentement avec l'âge. C*est le caractère ie la vieillesse. Ils peuvent également blanchir d'une façon subite sous l'influence de la frayeur et d'un profond chagrin. J'ai cité dans ma Palhologie
(1} Bouchut, Traité des maladies de Venfance. 7* édition.
281 SIGNES FOURNIS PAU L'hABITUDE DU CORPS.
(jôncrale Tcxeinple d'uniiè^^'e niordupar un chien, qui avait blanchi subitenionl et donl la |)hotop:r«phie a dUt présentce à la Société de hiolo;:i^'. Leur décoloration partielle dans la léle, sur le sourcil, dans la barbe, foimant des mèches blanches au milieu des autres poils bien colorés indiiiuf le ritiligo. — lis cliai)«^ent de couleur et passent partiellement du chàlaiu ou du brun au roux dans les maladic^s chroniques, et notamment claib la phthisie tuberculeuse, liue barbe composée de poils i)runs et roux indique souvent la tuberculose pulmonaire. — On voit enfin des cheveux qui tirent sur le vert chez les ouvriers qui fondent et qui Iravailknl i»^ cuivre, et sur le rou^e chez ceux (|ui Cabriciucnt le minium.
Dans la tei^rnc laveuse, les cheveux s amincissent, se décolorent et tombent avec la plus grande facilité. Ce caractère permet de dislini^uer, parmi les maladies du cuir chevelu, celles (jui dépendent d'un favus de celles «jui sont produites par Timp/Mi^^o et par l'ecziMna. — Dans la teij^ne tondaiile, au contraire, ils tombent par |)lac(^s, se cassent j)rès de la racine, Iai^^ent une pla(jue brune villeuse, avec des vestiges de poils, et leur chute cunstitue de véritables tonsures.