SIGNES FOURNIS PAR L'EXAMEN DES LÈVRES
§ •• — Eailalte ile« lèvre*.
Par suite de Tenduit qui les couvre, les lèvres sont parfois sèches et couvertes de pellicules épidermiques minces dans les affections chroniques des voies digestives et dans la fièvre hectique; elles sont^au contraire, sèches, poisseuses et noirâtres, couvertes de pellicules épaisses, dans les maladies aiguës graves, compliquées d'adynamie, et particulièrement dans la fièvre typhoïde. Dans ce cas, elles offrent souvent des gerçures par lesquelles s'échappe une certaine quantité de sang. On y trouve souvent de fausses membranes dans la diphthérite; des plaques muqueuses jaunâtres dans les affections héréditaires syphilitiques; des aphthes et des points blancs i'Oidtum albicans à leur face interne dans la stomatite aphtheuse et dans le muguet.
§ s. — VreaMUeMenl et iM^rAlysle ile« lèvrea.
Les lèvres tremblent momentanément dans la-colère, dans le frisson et dans la courte période qui précède les vomissements ; leur tremblement continu indique la présence d'une névrose.
Ordinairement rapprochées, elles pendent, surtout la lèvre inférieure, dans les maladies adynamiques, telles que le typhus, la fièvre typhoïde, etc. Elles sont flasques et déformées dans la paralysie ou Thémiplégie faciale, de manière à produire une déviation dans le côté sain, entraîné en arrière par les muscles restés contractiles. Parfois la lèvre inférieure est seule pendante, laisser écouler la salive, ce qu'on voit dans l'idiotie chez les enfants et dans la démence ou l'imbécillité chez les vieillards.
Souvent on voit la partie paralysée des lèvres, très mobile, être entraînée par la colonne d'air chassée dans l'expiration, et il en résulte un mouvement singulier qu'on exprime par une comparaison grossière en disant que le malade fume la pipe. C'est ce qu'on observe dans les hémorrhagies cérébrales très graves.
Quelquefois agitées d'un mouvement convulsif tout spécial dans la parapbrénésie ou la manie aiguë, elles donnent lieu à ce qu'on appelle le rire iardonique, expliqué, soit par l'anastomose du nerf phrénique et du nerf bcialavecie sous-clavier et le grand sympathique, soit plus justement par la sympathie qui existe entre les lèvres et le diaphragme.
Le volume des lèvres, principalement celui de la lèvre supérieure, est souvent augmenté chez les scrofuleux, à cause des gerçures qu'on y trouve et par suite de l'inflammation chronique qui en résulte et qui est engendrée par l'écoulement continuel d'un flux nasal acre et irritant. Il augmente aussi, soit en haut, soit en bas, dans les maladies de l'enfance, à la suite de la stomatite ulcéreuse et des aphthes qui irritent le tissu cellulaire subjacent et favorisent si rapidement l'apparition de la gangrène de la bouche.
On robservc encore dans quelques maladies aiguës avec l'herpès critique et de bon augure développé à leur surface dans le cours de la pneumonie* franche.
Les lèvres, enfin, présentent à leur sur(î\ce des gerçures chez les scrofiilenx et dans les maladies aiguës ; — des plaques muqueuses dans la syphilis constitutionnelle; — de Therpès comme signe d'une heureuse tenninaisou des maladies aiguës, et à leur ïace intérieure des lâches de muguet idiopalhi(|ue ou symptomatique. Celui qu'on observe chez l'adulte dans le coiirs des maladies chroniques a une gravité pronostique toute particulière. 11 indique la mort dans un temps assez rapproché.
DU DIVGN'^STIC PAU I.'tAAMKN HK L.V l:(U<:ilE, FŒS DENTS ET DES GENr.lVES 5^ t". — Kcnriemcnt et resserrement de» luâclioires.
Les mrichoires écartées, tout en restant mobiles, s'observent dans les maladies adynamiques et dans l'agonie; elles sont écartées, mais iiiunobiles, dans la double luxation de l'os maxillaire. — Quand elles restent écartées avec saillie de la langue, elles indiquent l'angine lonsillaire aiiruf* ou chronique avec fort gonflement des amygdales. — On les voit serrées dans le tri<mus produit par le tétanos, et dans le cours des aiïections convulsives provoquées par la méningite aigur ou chronique, par les tumeurs du cerveau, ete. — Un éearlement iiiooinplel avec déviation de la j)oinle du nienttui à droite ou à iiauche est le siime de la luxation d'une seule branche du maxillaire à iiauche ou à droite, c'est-à-dire du côté oppose au déplacement du menton.
<î 9. — Mnirorniation des dents.
Los ddifs sont ordinairenienl niinoes, d'un l)lniic laiteux, molles et souvent alleinU's de earie eluv. les siiirts dispi^sés a la phlhisie. — Pitpieesala surface do K-ur enial, ofla revele r«*xi>loiii«' anlt^nture (Tuno maladie prolongée des voies diirestives ou de la diathèse racliitique et syphilitiijue. Seiil(Mnen(, à la suite de la dxspepsie do rentcrile ehroni(|ue et du rachitisme, laltt ration >o présente sous forme d'aminoissomenl des dents incisives, de sillons sujHM'posos on tornio d'osoalior, de pointillé noir horizontal et de donloluros à leur UkM\\ libre. — l'ansla diathèses\ philitique, elles sont petites, emnlos. parfois oon!<|Uo>. cl leur bord tranohant est comme eobanor(\ liutohinsiMi oonsi ioro ootlo Icsii^n comme palhognotnonique de la s)plulis. iVesl une erreur. Los ii«Mit> prosontont eolte alléi-ation à la suite de tout cL\\ eaoluvti(|uo proK»n^o, prin> ipalomont lie la cachexie causée par Tentorite ehroniv]uo ou le ravhi:isîi;t\ t't las\j)hiiis ne produit cette altération que connue ctat cachootiquo iii^. 1<»T'.
SIGNES FOURNIS PaR L'EXAMEN DE LA BOUCHE. 279
Les dents, enfin, se couvrent d'un enduit sec, noirâtre, fuligineui, dans les fièvres graves adynamiques et typhoïdes.
FiG. 107.
Par suile de la convulsion ou du spasme des muscles de la mâchoire, on les entend claquer les unes contre les autres dans le frisson des fièvres intermittentes et de l'invasion des maladies aiguës. — Ailleurs, elles fi'ottent en produisant un bruit de grincement chez les enfants nerveux pendant leur sommeil. Lorsque ce grincement se produit dans les maladies aiguës oonvolsives, notajnment la méningite, il y a tout lieu de craindre la mort.
§ s. — C^Mdear el altémlton de* senelveii.
Les gencives sont pâles dans la chlorose, dans l'anémie et à la fin des maladies cachectiques. — Elles sont, au contraire, rouges,, livides, couvertes d'un enduit pultacé> dans les maladies aiguës et surtout dans la fièvre typhoïde; — elles sont rouges, livides, gonflées, saignantes et infectes dans le scorbut.
Leur bord libre est souvent ulcérédansune forme particulière de stomatite chez les enfants, et il présente alors un liséré grisâtre ulcéro-membranenx qui tend à s'agrandir, peut amener la destruction des gencives, la nécrose d'une portion de maxillaire et la chute des dents, ou même, dans certains cas, la gangrène de la bouche. — Il en est de même dans la stomatite mercurielle. — Ailleurs, dans l'intoxication saturnine, le bord libre des gencives est gris bleuâtre par suite du dépôt d'une couche très mince de sulfure de plomb, et il oiïre une teinte verte prononcée d'oxyde de cuivre dans les maladies des ouvriers qui fondent et qui manipulent ce métal ; — il est noirâtre dans la saturation de l'organisme par les sels d'argent chez les sujets épileptiques que l'on a traités par ces composés métalliques.
L'odeur de la bouche est très souvent altérée par suite des maladies locales de la muqueuse buccale ou des maladies générales de l'organisme.
Elle est infecte dans la carie dentaire^ — dans la gangrène buccale ou ^tomacace; — dans la stomatite ulcéro-membraneuse et mercurielle; — dans i angine tonsillaire gangreneuse; — dans la gangrène du poumon et dans certains catarrhes chroniques des bronches chez les vieillards; enfin, dans
280 SIGNES FOl'RMS PAH L*IIABITVl>E DU CORPS.
la ftlycosurie oii cllo a une fade odeur spéciale earactérislique de la maladie. — (l(î syinplôme m'a servi plusieurs fois à reconnaître la maladie rien (juN'n causant de près avec les malades et avant d'avoir fait lanalyse des urines.
);; &. — ^toniatorrbagie.
Des jiémorrlia^ies se font souvent par les gencives, dans la stomatite uhhO'Wcmln'dneuse (|ui a produit le ironllement et l'ulcération du rebord gingival ; — dans Ui stomatite mevctirieUe acconipagnée d'ulcération du l)(»rd des gencives; — dans certains cas d'avulsion dentaire ou de blessures iringivales; — dans le juirpura hœmonhagica; dans k scorbut; dans Vlif^morr//r/7>//î7/c; — dans l'enipoisonnement parTaconil, selon Copland, enfin dans certains cas d'hystérie ou de suppression menstruelle.
i:^ «. — Nalivalion. •
Dans Tetal normal, on évalue la sécrétion de la salive à l(>00 ou ir>(H) grammes et elle est continuellement avalée. Mais dans l'état pathologi(|ue, la salive non retenue dans la bouche peut s'élever comme quantité au chiiïre de :2,3 kilogrammes et plus, f/est la salirationou sialorrht'eon ptj/alisnic. (l'est de l'eau incolore, parfois trouble, neutre ou b'gèremtMit alcaline. vis(|ueuse, salée ou sucrée dans le diabète. Elle est quelquefois fétide : c'est le cas de la stomatite mercurielle.
La salive, habituellement retenue dans la bouche, avalée instinctivement de minute en minute, parfois coule involontairement, malgré TelTort des lèvres, à demi paralvsée:? et pendantes, qui sont écartées chez les idiots et chez les d<Mnents. — Ailleurs, elle coule involontairement aussi, mais les lèvres veulent la retenir ou bien le malade fait ell'ort pour la cracher.
\ai sulivaliiui est le lésullal d'une irritation de la bouche et des dandes salivain's par des agents spéciaux, tels que le ])imenl, le tabac, le bétel, la racine de pMvthre, le jaborandi et son alcaloïde la pilocarpiNf\ ou de l'irritation inllammaloire muqueuse dans les dilTérentes variétés de stomatite, ) compris (('Ile do la variole, et dans la stomatite causée par l'absorption du mtMcun*. La salivation e>t souvent .sj/DipatliifjHe dans la grossesse, le catarrhe ga>lri(]ue, la gastrite chronique, IliNstérie, rh\pochondrie, le nervosi>me, la raizc, certaines formes d'aliénation mentale, surtout la manie aiguë.
AliTICLK \VI
IH hUr.NO-Vh V\\\ l'ï.WMYW DIS (M'.KIILFS V\\\ l/oTOHItHAGlF. ET PAR IKÙi'MnMKM" l'K I.A llKi.K'.N PAKmTIDIENNE
Les oreilles et la région paroliditMnie n'onVent qu'un petit nombre de signes diagnostiques ou pronostiijues. mais en revanche ces signes ont une grande importance.