‹ Traité de documentationChapitre 193 sur 725 · NOTI · texte numérisé non relu

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successives qui. par leur titre, leur plan et leur esprit, forment uti ensemble et un tout, (I)

Le journal rat nue publication qui paraît tous les jours et qui, à fanon de «in grand tirage el dea ressources indirecte» qu'il peut en acquérir, e«t vendu dans des conditions de parrieiili -r bon marché. Le journal est le miroil universel de la vie contemporaine; il peut en être I. critique. Le journalisme est devenu à la foi» une • et un art. Un journal est un moyen de mise en commun des Idées,

s La Presse est le clairon qui sonne la diatte des peuple*. . (Victor Hugo. La légende des siècles,^

Le nom de gazette (goietta, petite pièce de monnaie de la valeur de deux liards. que l'on payait pour lire cette feuille) a été réservé jusqu'en ces derniers temp;. pour désigner les feuilles politiques. La dénomination de journal, qui a prévalu plus tard, fut d'abord réservée soi recueils littéraire» et scientifiques.

L'élyrnologie du root gazette e»t instructive. Dès 1563, le* Vénitien* achetaient au prix d'une gazetta, petite pièce de monnaie, lea Notfxie scrilie. sorte de journal manuscrit, dont l'impression était prohibée. De là le nom de gazette, devenu synonyme de journal. Quant à la Gazette de France, encouragée par Richelieu, qui y faisait Insérer des pièce» plus ou moins officielle», elle s'appela d'abord le Murent) d'adresse. Ce lut au XVIIIe siècle qu'elle prit le nom de Gazette, auquel furent ajoutés plus tard les mots r de France, Comme elle était soumise à de=> censures plus ou moins sévères, il y eut, à différentes reprises, des Ifazettet à la main, c'est-à-dire manuscrites, qu'on distribuai! *ous ïc manteau.

h) Il est un aspect tout grandissant du journal. C'est l,i, -ii lu) qui raconte la vie au jour le jour, la vie publique, et ce que, de la vie privée, il rend public. Or il est -!.i Monde un grand théâtre « Theatrum Mundi ». Une pièce immense, aux multiple» personnages, aux «cènes compliquées, aux épisodes infinis. 1 ,e journal raconte cette grande pièce. Au. OÙ le draine s'intensifie, où il devient

tragédie, comédie, épopée, la l-clun- de W feuille quotidienne devint) pu iSonntie, Il n'y a alors si palpitant feuilleton que la simple huccessïon des dépêches reçues de

| ,„ les capitale». Le* journaux dans leur ennemb e

consument le* pièce- la plus précieuse*, le» plu» authen-

publication

|l| Hatin. — Bibliograplin- historiq ' critique de la

Presse frart(aise. Précédé d'un essai historique et Mati«v tique aur la naissance et le progrès de la presse périodique dans les deux mondes. Paris, Didot 1866. — La rVlOUTW de I i.ndres a donné cette définition : • A great London daily Journal is something more than a purveyor vit, however importanl tli.it élément of ils BCtîvities

noir I ilie hle nnd thought of ils limej

i ol Poliiical and Social

.ilvocncy of reform ; an instrument hy means of wnJcJ» Publu Opinion ma? be inslructed. guided tive. «

tiques de l'esprit de chaque nation. Ils sont parmi les rurnii de l'histoire d'une époque sous quelque face qu'on la veuille étudier Nulle part ailleurs, on ne saurait Imuvet de» renseignements plus nombreux. Et si or. applique la méthode adéquate, dans leur ensemble plus sûr. c'est en interrogeant ces témoins des événement» auxquels ifs ont été presque toujours intimement mêlés, en les confrontant, en les contrôlant les uns les autres, qu'on peut arriver à la vérité

Le journal est avant tout « journal «, c'est-à-dire relation des événements qui se produisent dans le monde au jour le jour, comme au temps d'une vie moins accélérée les • annales ■ s'écrivaient • à l'an l'an s,

r) l.c journal offre ces trois tendance*: 1° tl s'adresse au public, à la grande masse de lecteur* (chercher à étendre leur nombre); 2" il concentre les nouvelles et les informations (s'effoitrr de le» multiplier) ; 3" étanl périodique et assumant une fonction régulière, il tend à être le plus fréquent possible.

d) Le journal constitue une espèce bien caractérisée de document. Il constitue aussi un yenre littéraire. Non seulement l'article de journal, son esprit, son allure, sa composition, mais le journal tout entier.

e) Le journal à un sou avant la guerre était même la sorte de livre la plus répondue aujourd'hui. La tournai est devenu la seule lecture de la plupart des gens. Aujourd'hui un grand journal, c'est matérielleiu, m . i

leclucllemenl un livre, bien plu», presque mu blblioifl qui paraît tous les jours.

I) La Presse est devenue une puissance intellectuelle qui a extraordinnirement grandi, ou plutôt, c'est la communication de la pensée humaine, fait» et opinions qui □ trouvé en elle un instrument de concentration, d'amplification et de diffusion que l'on ne pouvait soupçonner. Le cardinal Maffi dirait h ses prêtres : o Vous prêchez le dimanche; mais le journal prêche tous les jours et i toute heure. Vous parler à vos fidèles & l'église, I, \c les suit h la maison. Vous les entretenez pendant une 8*mi-heure ; le journal ne cesse de leur parler

s) La valeur de la Presse est bien inégale. Elle COB tltttl même largement une non-valeur et pour certain» de Sis organes une anti-valeur.

* Les journaux, disait Jules Claretie, forment une usine formidable de renseignement!, d'idées, de nouve'l un moulin à paroles et a polémique', btoyant le quotidien, )r blé, l'ivraie, les homme» et le meunier même. »

La science contient encore plus de choses que le journaliste le mieux intentionné n'en saurait y mettre. (Jc.ui Ubadie. L'Opinion, 18 mars [922. p. 299 )

L exploitation d'un journal a un double caractère entreprise de publication (information, p litté-

rature, fantaisie, reportage) ; entreprise de publicité (récla mes. annonce», abonnements, fondation d'imprimerie).

Lel Fronçai» ne pensent plu», n'ont plu» le temps de penser ; tls 11- pensent plus que pat leur journal. Ils ont un cerveau de papier. Drumont.

Le» défenseurs du journal moderne répondent à t'enquéic de In fieme S/eue (1897) : < N'ayez que des choses sublimes et délicates a lue canner, je perlerai un outre langage. Je ne représente plus une aristocratie intellectuelle, jc représente la foule. Que la foule ait une anus, je netai une âme aussi. Je suis le Forum antique transporté à domicile; n'ayez que de» orateurs dominés par l'idée de lis Cité. Je soi» In Bjble éparse de l'Humanité: faitesruni de» tévéiation» dignes du génie de l'Homme. Réformez-vous, je me réformerai avec vous. ■

24 1 .322 / ItSI OIKE DES lOVRNA UX.

n) La journal n déjà une longue histoire dont le» étapes ÏÏBi .ire résumées ainsi. Origine: Abraham Verhoevrn (.iNieuwc Tijdinulirn..) à Anvers (1605) ; Theophraste lOiiriudm en ("tance (1631). (Bureaux d'adresses et de rencontres.) La Liberté de In Pres»e. Les Révolutions anglaise puis française donnent essor à la Presse. La e a vapeur. Journal à bon marché. Marinoni et le» presses rotatives La ■ Presse jaune « américaine. LTflustrnli.jii Morci.tii ; 1rs journaux conquirent le» océans et

UvetuM diffusée» par radio. (1)

h) '.es Romains ont connu Im inurnaux, les quotidiens, sorte d'affiches qu'à l'époque de Jules César on allait lire aux carrefour» de la ville. «Aeta diurna populi romanin (I)

c) Avec le» a Acta diurna », il y a les Acte* de» premier» chrétien.*. Il y n les correspondances des savants du XVI" siècle qu'ont renouvelées Guy Patin, Snumaîse et VobsIhs, correspondances qui étaient les vrais Journaux

.l'riliu-.,

d) On a beaucoup recherché et discuté les origines du journal moderne comme on l'a fait des origines de l'imprimerie. C'est qu'il est difficile de décider à quel moment il y a encore simple écrit de circonstance», pièces isolées ne rapportant n un seul événement (Relatio, Zeitung.

I iiilinftli<-n, Awiso, Couru i h. n ) et i quel moment il y a publication ]réiii>tli']ue continue. Il semhle bien que l'ori- «inr doit ètrr reehereliée dans UM « Nienwe Tijdint;hen n

(I) Eug. Hatin a er rit une « Histoire politique et littéraire de la Presse en France » (1859 1861. 8 vol.). Il y a procédé surtout par monographie consacrée n la Fondation et nu développement de chaque journal. Il y a joint dr-> très qui résument l'historique d'une époque, envisageant à la foi» le» grands et le» petit» journaux et une bihlioKrnphie ^étietaJc de l'Hiruaux. s Je me suis étudié, .tuteur, n rassembler tous le» fait* louchant à la presse, o les contrôler, n le» coordonner, n montrer rem né et n grandi le tournai, par quelles phases depuis deux siècle ■n m: mot 1 histoire de l'instrument plutôt encore de «ei effets que je me soi» proposé d'écrire. ■ (Il V. L.eclerc ; Le» journaux cfiei le» Romains.

LE LIVRE ET LE DOCUMENT

d Abraham Vethoeven. dont les premier» numéro» ont paru le 17 mai 1605. (I)

e) Il y cul au XVI II" siècle trois sortes de journaux : les gazettes officiel!»! qui ne contenaient rien; les galettes orales que M. Fiinlc Bienra.no a étudiées dan» le» Nouvellistes ; les gazette» clandestine» ou nouvelle» a la main, étudiées par Paul BeJe et J. Herblay dans la Nouue/le Ket>ne.

(J Jusqu'à la Révolution, la lecture d'une Gazette, agent de renseignement, demeure le privilège de* liasses riches. Leur prix était Irop élevé pour la bourse de» paysans ou des ouvriers. La lecture et la difficulté des communications leur fermaient lai campagnes, tout uiissi bien que le matériel dea imprimeries était impropre à en produire une quantité considérable d'exemplaire». Elle» ne recrutèrent guère de fidèle» dnna les classes proche» du peuple. Le> petits bourgeois de Pari» se cotisaient pour le» acheter en commun ou payaient leur location aux cabinets de lecture.

Les journaux révolutionnaires conquirent un instant la foule, une foule restreinte il cal vrai, formée par le peuple le». Ausai délaissèrent-ils le domaine aride de l'inlormation pour se jeter dans la bataille politique. Aussi les contemporain» consacrèrent-ils la ptesse sauvegarde de toutes les liberté» et même éducalrice du peuple. Sous l'Empire la Presse a *ubi un dur erclavage.

Pendant la Révolution, époque d'effervescence du journaltsme, on arbora toutes les dénominations pour lancer Un journal Ils s'appelaient des bulletin», feuilles, annales, chroniques, courriers, postillons, ménagers, avant-gardes, avant-coureurs, sentinelles, spectateurs, observateurs, indicateurs, miroir», tableaux, lanterne», etc.

g) Lortqu'apïè» Napoléon la presse se releva, elle retourna a son rôle poh tique. Les homme» de la Restauration l'y convièrent, l-ft plupart de» journaux toutefois tient encore fi. 1.15. ce qui tenait à l'écart la masse de» paysans et des ouvriers. Toutefois, le journalisme .-tendit alors le champ de sa clientèle dans de vastes proportions, car il conquit définitivement le» provinces où le» feuilles de l'ancien régime et surtmit de la Révolution avaient déjà poussé d'heureuses reconnaissances.

Vers 1800, le» • Nouvelles ■ de Paris arrivaient en quatre jours : celle» de Londres en dix : il fallait deux semaines pour recevoir te» correspondance» de Vienne i un moi» pour celles de Rome,

h} Au XIX'" stèele, In révolution dan» la diffusion même

du Journal fut faite pu M. de Girardin. Jusque la le

iLiuinal. à raison de son prix élevé, était considéré comme

lijet de luxe fin 1835. la presse politique comptait a

1 1 ) A. Govaerl : Origine Jet gazette» ci nouvelle» périodiques, Anvers 1880. — Van den Branden • Abraham Verhoeven. — Patna Magazine, avril 1933: Mer tlormachiige leeen can A brufiam Verhoeoen. de eersle Cottranticr Pan Europe,

Pari» et en province à peine 70,009 abonné* sur une population d'environ 33 millions d'âme». La raison était dans leur tarif d'abonnement. Le Journal de Pana coûtait i, int la Révolution 24 livres pour Paris et 30 pour la province, le Mercure, bien qu'ordinairement mensuel, 24 ei 32 livres, enfin les guettes étrangère» coûtaient, en 1779, celle d'Amsterdam 48 livre', celle de Clèves 42. Girardin fixa le prix de la Presse à 40 francs par an, le» annonces devaient couvrir la différence. Dès 1838 la page d'annonce était affermée 150,000 francs. La réforme d Lmilc de Girardin. le journal à 5 centimes acheva la pénétration de la presse dans toute» les classes de la i , Ainsi le journal est dovonu pour loua, t comme le tabac, comme le café, un besoin impérieux de nette existence. >

L'abolition du timbre sur le» journaux a été aussi un pus vers la Presse à bon marché. La publicité en est un autre. Un autre moyen de lancement de la presse fut le roman feuilleton, dont Alexandre Dumas et Eugène Sue furent les écrivains souvent aussi plus littéraires que moraux.

Le journalisme a pris son essor aussi grâce à la facilité des communications, à la transmission instantanée pour ainsi dire de» nouvelles, au perfectionnement de l'induitic du papier M la machine à imprimer.

A la fin du XIX" siècle. Pari» possède une soixantaine dr journaux quotidiens, qui comptent parmi leurs rédacteurs et directeurs les homme» politiques les plus con»ldé râbles, passant de la rédaction au pouvoir et du pouvoir à la rédaction. La presse eu province compte 3.200 juin nnux, [inrmi lesquels près de 1,200 quotidiens.

F.n 1704 parut en Amérique la première Gazette lieb domadaire. Un siècle plus tard, le journal américain nu plus fort tirage ne dépassait pas 900 exemplaires quotidiens. En 1871, on ne comptait pas dans toute l'Amérique plus de 1 1 journaux arrivant à sortir par jour 10,000 exemplaires En 18%. le tirage total quotidien des journaux américain» s'élevait à 8 millions pour atteindre en 1929 66 million» d'exemplaires. En mente temps le» formats se sont at>i et nul ne s'étonne de 60 pages quotidiennes et de 2iMJ page» dominicales de certains journaux.

i) Tous les moyens offerts par la science moderne ont clé mis à contribution par le journal pour se pm de» nouvelle» (et au besoin les inventer), pour multiplier rapidement ses manuscrit*, pour porter instantanément le papier noir et blanc à ses lecteur».

On voit succéder les inventions suivantes. Jusqu'en 1832, les journaux étaient imprimés h la main. Cette onnée-ll est introduite la presse à vapeur Puis le» presse» rotative» (cylindre}, La stéréatypte vient permettre de les multiplier. la composition en cylindre» courbés la perfectionne. Des machine» multiples sont construite» combinant 6 ou 8 prestes et tirant 100.000 à l'haut*. La composition se fait à In linotypie et à la monotypïe. L'extension des chemin»

DOCUMENTS BIBLIOGRAPHIQUES

de fer qui transportent len journaux. La télégraphie, Ira ■ Mi ■ h- v-j>liones, la T. S. F.

j) De nos jour» deux tendances : Lea grand» journaux de Lairs ont pour caractéristique leurs chronique» criminelles. La chronique judiciaire. di( Tarde, à elle aeule a fait commettre plus de crimes par la contagion du meurtre ri du vol que l'école n a jsimais pu en empêcher. Le». loumaux de province oui pour caractéristique lei person- Harce que le peuple comprend plu» aisément uagea concrètes que In idées abstraites, il» délaissent la discussion des idée» et ne combattent le» opinions qu'à coup de personnalités offensantes «ur ceux qui le» protient, lous ils poursuivent non pas le bien de la loule, mai* leur argent et ta déclaration d'éducation cl d'autres belles chose? ne «ont que de» mou de façade derrière quoi le (ait la besogne cupide. J. Pigelel,

k) Quant à l'avenir il semble devoir être caractérisé par la concentration de» journaux j la transmission instantanée Illustration» à distance, Le» substitut» du journal: In radio (lournal diffusé, la presse parlante ou informations journalistique* à domicile) : le cinéma (actualités, la presse l'I e) Demain la presse télé visionnée.

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