‹ Traité de droit constitutionnel (volume 3)Chapitre 1 sur 42 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

il s'est inspiré. Ce devoir incombe surtout à celui qui a la noble et redoutable mission d'enseigner les autres et qui a fait l'entreprise téméraire de renverser quelques notions depuis longtemps à peu près unanimement admises. C'est cette sorte d'examen de conscience que j'ai tenté de faire dans ce livre.

Depuis 1901, date à laquelle a été publié mon livre : L'État, le droit objectif et la loi positive, des événements considérables, peut-être les plus grands de l'histoire, se sont accomplis, amenant dans la vie sociale des peuples civilisés de profondes transformations. En les examinant froidement, dégagé autant que possible de toute idée préconçue ou tendancieuse, je demeure convaincu qu'ils sont venus confirmer les doctrines que j'exposais il y a vingt ans. Elles étaient dominées par deux idées générales.

D'une part, je disais que la construction juridique individualiste, subjectiviste et métaphysique, qui par la Révolution nous est venue de Rome et de la scolastique médiévale, a fait son temps, qu'il est impossible de plier aux «vieux cadres les relations si complexes, si variées, naissant aujourd'hui entre les individus et les collectivités, et qu'il faut définitivement bannir de la jurisprudence les concepts métaphysiques de substance, de sujet de droit, de droit subjectif, source de controverses sans fin, épuisantes et stériles. J'ajoutais qiie seule est et reste indiscutable l'existence d'une règle ayant son fondement dans la société elle-même et imposant aux hommes d'un même groupe certaines obligations positives et négatives, obligations qui ne touchent

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