‹ Traité de droit constitutionnel (volume 4)Chapitre 55 sur 85 · LA SÉPARATION ET LKS ENCYCLIQULS DE PIE X · texte numérisé non relu

LA SÉPARATION ET LKS ENCYCLIQULS DE PIE X

autre genre d'associations à la fois légales et canoniques et préserver ainsi les catholiques de France des graves complications qui les menacent... Plût au ciel que nous eussions quelque faible espérance de pouvoir sans heurter les droits de Dieu faire cet essai... Mais comme cet espoir nous fait défaut, la loi restant telle quelle, nous déclarons qu'il n'est point permis d'essayer cet autre genre d'associations tant qu'il ne consiera pas d'une façon certaine et légale que la divine constitution de l'Eglise, les droits inmuiables du Pontife Romain et des évêques, comme leur autorité sur les biens nécessaires à l'Eglise, particulièrement sur les édifices sacrés, seront irrévocablement dans les dites associations en pleine sécurité. Vouloir le contraire, nous ne le pouvons pas sans trahir la sainteté de notre charge, sans amener la perte de l'église de France. »

Dans la nouvelle encyclique, le pape essayait de répondre à ceux qui avaient dit, et j'ai montré plus haut que c'était absolument exact, qu'on ne comprendrait pas que Pie X n'autorisât pas les associations cultuelles françaises de 1905 quand Pie IX avait autorisé les associations cultuelles prussiennes de 1875. « En ce qui regarde l'accusation spéciale contre l'Eglise d'avoir été ailleurs qu'en France plus accommodante dans un cas semblable, vous devez bien expliquer que l'Eglise a agi de la sorte parce que toutes différentes étaient les situations et parce que surtout les divines attributions de la hiérarchie étaient dans une certaine mesure sauvegardées. » C'était une simple affirmation et rien de plus. J'ai montré plus haut comment la loi prussienne subordonnait étroitement l'autorité ecclésiastique à l'autorité civile et donnait aux laïques la prépondérance dans l'administration des biens ecclésiastiques. Aussi qu'on ne s'étonne pas que le pape fût préoccupé de l'objection. Il y revient dans sa lettre Une fois encore

548 CttAPITRE IV. LA LIBERTÉ RELIGIEUSE

du 6 janvier 1907, dans laquelle il proteste contre la loi du 2 janvier 1907, qui a donné la paix religieuse et, malgré l'intransigeance pontificale, maintenu raffectation des églises au culte, permettant ainsi la continuation du culte public.

Y. l'encyclique Gravissimo, Actes de Pie X, III, p. 219 et s.; cointnentaire de l'encyclique Gravissimo par Mgr Touchet, évêque d'Orléans, Le Gaulois, 3 septembre 1906; Lettre des évèques un clergé et aux fidèles de France, 7 septembre 19U6, Le Temps, 20 septembre 1906.

§ 47. — Les associations diocésaines et l'encyclique de Pie XI (JS janvier 19 24\

On vient de voir que dans l'encyclique Gravksimo le pape Pie X déclarait, le 10 août 1905, que « la loi restant telle quelle, il n'élait point permis d'essayer cet autre genre d'associations, tant qu'il ne coiuLera pas d'une façon certaine et légale (jue la divine constitution de l'Eglise sera irrévocablement en pleine sécurité ». Il V était dit aussi « que les fabricateurs de celte loi injuste avaient voulu en faire une loi non de séparation mais d'oppression »>, et enfin que « de môme que ceuxci avaient pu imposer à la nation le stigmate de cette loi criminelle, ainsi les nôtres, par leur entente, pouvaient l'ellacer et le faire disparaître ». Pas un mot n'a été modifié à cette loi déclarée oppressive, criminelle et injuste, et les associations cultuelles, interdites par Pie X le 10 août 1906, sont autorisées et conseillées par Pie XI le 18 janvier 1924. Que s'était-il donc passé? Tout simplement ceci : les relations diplomatiques avaient été rétablies entre le Saint-Siège et la République française. Je l'ai dit à plusieurs reprises, l'erreur capitale du gouvernement et du parlement en 1905 avait été de méconnaître le fait catholique, de supprimer toutes relations avec la cour de Rome et de

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