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vue de son organisation intérieure et en ce qui concerne les intérêts matériels et moraux de ses habitants, donne l'exacte mesure de sa participation à la vie commune des nations.
L'étude de Thistoire des relations internationales en général et du rôle qu'y a joué en particulier la Russie, m'a inspiré la conviction que l'organisation et la vie intérieure d'un État doivent servir à faire connaître sa part d'influence et la direction de sa politique dans les relations extérieures, et que, par réciprocité, les rapports entre les nations sont toujours comme un miroir où se reflètent exactement, et la situation intérieure des sociétés et les principes servant de base k leur édifice politique et social.
Plus les gouvernements ont le sentiment de leurs devoirs envers leurs sujets et des égards dus au droit et aux intérêts légitimes, plus l'ordre intérieur est solidement établi et plus aussi la vie internationale se trouve garantie dans son cours pacifique et Régulier. Il suffit, en général, de connaître l'état intérieur d'un pays pour juger de sa puissance extérieure.
Celle-ci peut n'avoir pas varié en apparence, mais en réalité elle se trouvera diminuée du jour où il aura rompu les liens sociaux qui l'unissent aux autres pays, et où il ne possédera plus chez lui ni ordre ni autorité stable.
J'ai la ferme conviction que les relations internationales et les principes du droit qui les déterminent,
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tirent toute leur importance et toute leur force de la communauté des intérêts qui unissent les nations civilisées ou chrétiennes. J'ai tâché de montrer Texislen ce de ce lien entre le régime intérieur et les relations extérieures de chaque pays à toutes les époques de Thistoire, depuis l'antiquité jusqu'à nos jours, et je suis arrivé à la conclusion que toutes les fois que dans un État les droits civils et politiques ont pour fondement le respect de la personne humaine et de ses inaliénables prérogatives, la politique étrangère du gouvernement, par une conséquence naturelle, cherche à satisfaire les aspirations légitimes de la nation dans le domaine des relations extérieures, en soutenant l'ordre et le droit au dehors, et en encourageant tous les efforts faits pour répandre les bienfaits delà civilisation dans le monde entier. Or une politique extérieure ainsi comprise doit avoir en général pour résultat des relations pacifiques solidement établies et la sécurité des droits acquis appartenant à autrui .
Au contraire les relations avec les États où la personne humaine ne jouit d'aucuns droits, où elle est opprimée, livrée aux caprices de l'arbitraire et soumise à la force brutale, ne peuvent ni s'établir sur un fondement solide, ni se développer.
L'individualité des peuples s'affirme, grandit et prend un caractère nettement marqué grâce aux relations internationales, à la condition qu'ils n'empiètent pas mutuellementsurleurs droits etqu'ils tendent d'un
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commun accord vers le noble but que leur olSTre la civilisation humaine.
Sur ce terrain on doit nécessairement reconnaître que les défectuosités du droit international et le manque de précision de ses règles ne sont que la conséquence inévitable des imperfections et de l'instabilité qui caractérisent Tordre intérieur ayant prévalu jusqu'à ce jour dans tous les États.
Telles sont les bases et la pensée fondamentale du présent ouvrage. 11 a pour point de départ, non pas des idées préconçues, mais Tétude approfondie de rhistoire et en particulier Tétude de la politique extérieure de la Russie d'après des documents tirés des archives de l'État. Beaucoup de faits concernant les rapports diplomatiques de l'empire russe sont publiés ici pour la première fois.
Ce volume comprend plusieurs changements de détail qui le rendent à certains égards plus complet que l'original.
Enfin il ne me reste qu'à exprimer à M. Alfred Léo ma plus sincère reconnaissance pour la manière consciencieuse dont il a préparé et achevé celte édition française de mon ouvrage.
F. DE Martens
Saint-Pétersbourg, avril 1883.
TRAITE