‹ Traité de droit naturel (volume 2)Chapitre 2 sur 107 · I. — L'ORDRE HUMAIN · texte numérisé non relu

I. — L'ORDRE HUMAIN

L'expérience nous apprend qu'une chose est dans l'ordre quand elle est à sa place. Car qui dit ordre dit rapport à une fin, et rapport stable. D'où il suit que, selon les analogies du langage, Vordre humain sera la résultante de l'ordonnance des choses et des personnes en vue de la fin de la société, à savoir le bien commun (1).

Cette notion de l'ordre, si juste qu'elle soit, n'est encore qu'élémentaire.

Pour l'approfondir, il convient de l'éclairer des principes du Droit naturel qu'a exposés la première partie

(1) La notion de l'ordre, dont nous entreprenons l'analyse, se distingue donc de celle de Vordre poslHI^ ,7u'a conçue Auguste Comte. Car dire de l'ordre qu'il est humain, c'est' implicitement affirmer qu'il est moral. Cette notion se dislingue également de celle de l'ordre pantliéiste, si tant est que l'unité panthéiste n'exclut pas avec la possibilité de toute distinction, la réalité de tout ordre. Elle se distingue enfin de l'ordre extérieur et purement matériel, qui peut être imposé par la force, mais non par le droit.

de ce Traité. En recourant ainsi à la réflexion, nous pourrons sans doute pénétrer l'idée exprimée par ces mots « ordre humain » sur laquelle va s'arrêter le regard attentif de l'esprit et analyser les divers éléments dont elle se compose.

De fait, il paraît nécessaire à la réalisation de Vordre humain, que satisfaction soit donnée à certaines exigences de la raison et à certains besoins de la nature (1).

Page 1