I. — L'idée de la « Société des Nations
Elle est de soit une idée juste et bienfaisante.
Le pape Benoit XY l'avait déjà faite sienne dans sa ?jQte du V août 1917, quand, invitant les chefs des peuples belligérants à se mettre d'accord sur les bases d'une paix juste et durable, il disait :
(( Tout d'abord, le point fondamental doit être qu'à la force matérielle des armes soit substituée la force morale du droit, d'où résulte un juste accord de tous pour la diminution simxultanée et réciproque des armements, selon des règles et des garanties à établir, dans la mesure nécessaire au maintien de l'ordre public en chaque Etat, et par la substitution aux armées d'une institution d'arbitrage, avec une haute fonction pacificatrice, selon des règles à concerter et des sanctions à déterminer contre l'Etat qui se refuserait soit à soumettre les questions internationales à un arbitrage, soit à en acceplcr les décisions. »
Abordant de front les objections que soulevait jusque dans des milieux catholiques, cette idée de Société des Nations, dont il recommandait la chose sans encore employer le nom, le Souverain Pontife faisait écrire, le 7 octobre suivant, par son secrétaire d'Etat :
(( On a objecté que les propositions du Saint-Père ne sont pas toutes réalisables. On a dit en particulier que le désarmement réciproque et simultané doit être mis au rang des aspirations destinées à demeurer sans effet.
(( Or, le désarmement est voulu par tous sans exception, comme l'unique moyen d'éloigner le péril de la guerre, de remédier aux difficultés financières des Etats, d'empêcher les convulsions sociales, qui sans cela sont trop malheureusement à prévoir. Mais dès qu'il s'agit de déterminer le moyen de réaliser et de maintenir ce désarmement, l'accord cesse. Je n'hésite pas à reconnaître franchement que, de tous les systèmes envisagés jusqu'à présent, aucun n'est vraiment pratique. Et pourtant ce