SYSTÈME PRATIQUE EXISTE
(( Le Saint-Siège, dans son Appel du i" août, n'a pas cru, par déférence pour les chefs des peuples belligérants, devoir l'indiquer, préférant leur laisser à eux-mêmes le soin de le déterminer, mais, pour lui, le seul système pratique, et de plus de facile application avec un peu de bonne volonté de part et d'autre, serait le suivant : supprimer, (Van commun accord, entre nations civilisées, le service militaire obligatoire ; constituer un tribunal d'arbitrage, comme il a été dit déjà dans VAppel pontifical, pour résoudre les questions internationales ; enfin, pour prévenir les infractions, établir comme sanction le boycottage universel contre la nation qui voudrait rétablir le service militaire obligatoire, ou bien se refuserait soit à soumettre une question internationale au tribunal d'arbitrage, soit à accepter sa décision.
(( De cette sanction, lord Cécil lui-même, dans un de ses discours, a pleinement reconnu l'efficacité pratique. » (Lettre du cardinal Gasparri à l'archevêque de Sens.)
Ce qu'il avait implicitement formulé pendant la guerre, le Pape l'a explicitement proposé depuis dans son Encyclique du 23 mai 1920, De pack reconciliatione christiana :
« Une fois l'ordre de la justice et de la charité rétabli et les peuples réconciliés, il est bien à souhaiter que tous les Etats, écartant de part et d'autre tout soupçon, se réunissent en une association, ou plutôt en une sorte de famille, apte aussi bien à conserver la liberté de chacun qu'à protéger l'ordre de la société humaine.
« Ce qui, entre toutes choses, appelle cette association des nations, c'est avant tout la nécessité communément reconnue de faire tous les efforts pour supprimer ou diminuer les dépenses militaires, dont les Etats ne peuvent plus supporter le poids énorme, et conjurer ainsi ces guerres désastreuses, ou du moins en éloigner le plus possible le danger : de cette façon, chaque peuple verrait assurée, avec son indépendance, l'intégrité de son territoire, enfermé, bien entendu, dans de justes limites.
« A ces peuples fédérés sous la loi chrétienne, en tout ce que la justice et la charité leur fera entendre, ne sera point ménagé l'appui volontaire de l'Eglise : fœderatis autem christiana lege nationibus, quidquid justitiœ et caritatis causa susceperint, non studium operamqne suain desiderari sinet Ecclesia... »
Or, ce que le pape Benoit XV enseigne aussi catégoriquement, les papes antérieurs, les théologiens des siècles précédents — d'accord d'ailleurs avec les philosophes, qui furent les plus hauts représentants de la pensée humaine — l'enseignent aussi, en sorte que Vautorité et la raison paraissent consacrer la justesse de Vidée de <( Société des nations » :