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ETAT DE LA QUESTION

Qui dit moralité, dit la qualité de l'action morale. On peut se demander ce qui la conditionne et ce qui la constitue (1).

Ce qui la conditionne, c'est d'être posée par une volonté que dirige la raison. En ce sens on dira qu'un acte est moralement bon ou moralement mauvais, quand la liberté humaine seconde pu contrarie les intentions du Créateur

(1) M-' d'HuLST, Carême 1891. Les Fondements de la Moralité,

en se conformant, ou en ne se conformant pas, à la fin dernière de son action. Nous en parlerons au chapitre III en étudiant l'Agent moral.

Mais cette moralité subjective suppose une moralité objective, à moins de prétendre que la volonté crée son objet : ce que nous avons exclu plus haut.

Il s'agit donc de déterminer ce qui est objectivement le bien ou le mal moral, en d'autres termes ce qui constitue la moralité, ou ce qui en est la raison formelle.

Or cette détermination dépend de la solution philosophique de deux problèmes.

Le premier est celui-ci : qu'est-ce qui constitue essentiellement la différence entre un acte bon et un acte mauvais, c'est-à-dire qu'est-ce qui fait que telle action est conforme ou non à sa fin dernière?

Et à ce premier problème, nous répondrons, que la différence entre le bien et le mal est constituée, non par quelque chose d'extérieur comme serait le commandement de Dieu ou des hommes, mais intrinsèquement. En sorte qu'il y a au moins certains actes, qui sont en soi bons ou mauvais, Ex. : louer Dieu sera de soi bon, haïr son créateur sera de soi mauvais

La formule de nôtre-réponse exprime ce que nous appellerons : Le principe de la moralité.

Le second problème, plus concret et plus particulier est celui-ci : qu'est-ce qui accompagne normalement l'acte moralement bon, posé par une volonté libre, en conformité avec la fin dernière?

Et à ce second problème nous répondrons, que ce qui l'accompagne, c'est le sentiment d'une nécessité, qui paraît lier la volonté à vouloir ce bien, sous peine de se contredire, de se désavouer, de reconnaître, en son for intime, qu'elle a €u tort, parce qu'elle ne s'est pas conformée à ce que la raison lui montrait comme étant, de droit, l'ordre des choses.

Cette nécessité, siii gencris, nous la désignons sous le

nom d'obligation, et nous appelons cette dernière, le Fondement DE LA MORALITÉ.

En déterminant et le principe et le fondement de la moralité nous poserons donc, avec la distinction essentielle du bien et du mal, les bases morales de la science du Droit naturel.

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