‹ Traité de droit naturelChapitre 55 sur 66 · I. — La loi positive divine · texte numérisé non relu

I. — La loi positive divine

1. La loi ANCIENNE, qui est aussi appelée Mosaïque, ou simplement la Loi, car elle n'était à proprement parler qu'une loi (Rom. III, 20).

Sans entrer dans la question de savoir quel fut le contenu, le caractère obligatoire, la nature de cette loi, — ces problèmes sont traités en théologie — il suffît d'en noter une particularité spéciale : celle d'être le type et la figure de la loi nouvelle (I, Cor., xii).

2. La loi NOUVELLE, ou loi Évangélique, appelée aussi loi de grâce.

Dans le contexte des erreurs juridiques que nous avons déjà rencontrées, cette loi évangélique, qui nous est trop connue pour qu'il soit utile de la détailler ici, apparaît comme singulièrement opposée aux théoriciens de l'ordre laïque comme à ceux de l'anarchie révolutionnaire.

Recueillons la tradition de cette loi dans l'Église, en entendant cette belle déclaration de saint Augustin :

O Église catholique, mère vénérable et seule légitime des chrétiens, non seulement votre doctrine très pure et très sainte nous enseigne l'amour de Dieu, dont la possession est le souverain bien, mais encore la charité envers le prochain; et cette charité, vous l'exercez généreusement, en fouriussant aux âmes toutes sortes de remèdes pour les guérir des différentes maladies du péché.

Vous instruisez et vous disciplinez l'enfant avec enjouement, la jeunesse avec force, la vieillesse avec une bonté pleine d'égards; vous faisant toute à tous et adaptant vos procédés à tous les âges.

Vous soumettez les femmes à leurs maris par une chaste et fidèle obéissance, non pas dans un but de grossière volupté, mais pour avoir des enfants et partager les devoirs sacrés de la famille. En donnant aux maris puissance et autorité sur les épouses, vous ne décrétez pas l'avilissement d'un sexe faible, mais vous imposez la loi d'un sincère et réciproque amour.

Dans la famille, vous inspirez aux fils une obéissance respectueuse et libre; aux parents, une pieuse et ferme autorité. Vous unissez les frères par des liens plus forts que ceux du sang. Respectueuse pour tous les sentiments légitimes du cœur humain, vous ne les brisez pas, vous les sanctifiez; vous enchaînez par une charité mutuelle les amis et les membres d'une même maison. Vous attachez les serviteurs à leurs maîtres moins par la nécessité de la condition que par la joie du devoir.

Par la considération du Père et Seigneur commun, qui est au ciel, vous rendez les maîtres traitables et humains envers les serviteurs, leur faisant mettre la douce persuasion à la place de l'ordre brutal.

Vous unissez les citoyens aux citoyens, les nations aux nations, non seulement par le sentiment du besoin naturel et des exigences sociales, mais encore par une véritable fraternité fondée sur le souvenir d'une commune origine. Vous commandez aux peuples d'obéir à leurs souverains.

L'honneur, l'amour, la crainte, le respect, la consolation, le conseil, l'exhortation, la discipline, la réprimande, le châtiment : vous nous apprenez à qui sont dues toutes choses, nous faisant comprendre que si les mêmes devoirs ne s'adressent pas à tous, à tous nous devons la charité, à tous le respect du droit (1).

(1) S. Augustin : De Moribus Ecclesiœ, c. xxx.

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