Ces lois ne sauraient être athées
5. — Leur multiplication exagérée énerve le Droit : Pessimae reipublicae plurimae leges.
C. — De la fidèle observance des lois fondamentales dépend le sort de la Cité.
C'est principalement de ces lois fondamentales qu'il est écrit qu'en les violant, « on ébranle tous les fondements de la terre » (Ps. 71, 5), après quoi il ne reste plus que la chute des empires.
En général les lois ne sont pas les lois, si elles n'ont quelque chose d'inviolable. Pour marquer leur solidité et leur fermeté Moïse ordonne qu'elles soient toutes écrites nettement et visiblement sur des pierres (Deut. xxvii, 8). Josué accomplit ce commandement (Jos. viii, 32).
Les autres peuples civilisés conviennent de cette axiome. « Qu'il soit fait un édit et qu'il soit écrit selon la loi inviolable des Perses et des Mèdes, disent à Assuérus les sages de
son conseil qui étaient toujours près de sa personne. » (Est. I, 12, 19.) Cet attachement aux lois et aux anciennes maximes affermit la société et rend les États immortels.
On perd la vénération pour les lois quand on les voit si souvent changer. C'est alors que les nations semblent chanceler comme troublées et prises de vin, ainsi que parlent les prophètes (Isa., xix, 14). L'esprit de vertige les possède et leur chute est inévitable, « parce que les peuples ont violé les lois, changé le droit public et rompu les pactes les plus solennels.» (Is., xxiv, 5.) C'est l'état d'un malade inquiet qui ne sait quel mouvement se donner.
Je hais deux nations dit le sage fils de Sirach (Ecl. L. 27) et la troisième n'est pas une nation, c'est le peuple insensé qui demeure dans Sichem, c'est-à-dire le peuple de Samarie qui ayant renversé l'ordre, oublié la loi, établi une religion et une loi arbitraire ne mérite pas le nom de peuple.
On tombe dans cet état, quand les lois sont variables et sans consistance, c'est-à-dire quand elles cessent d'être des lois (1).
(1) BossuET, Politique, 1. I, art. iv, prop. vni).