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CHAPITRE CINQUIEME LA CONSCIENCE

Sommaire : La Conscience : ce qu'elle n'est pas : un sens spécial; — critique des théories de la Sympathie. — Ce qu'elle est : un jugement pratique de la raison. — Formation de la Conscience interne. — Rapports que reconnaît la raison entre la liberté de Conscience et le Droit.

La question de la Conscience est le nécessaire complément des études précédentes. Il ne suffit pas en effet pour se conformer pratiquement à la règle souveraine de la moralité, qui est la loi divine, de connaître théoriquement cette loi, il faut l'appliquer aux cas particuliers, dont se compose la trame de notre vie.

Par conséquent il s'agit de savoir quel est le critère subjectif, l'instrument qui nous permet de distinguer la moralité non plus de l'action humaine, considérée en soi, mais de notre action, en tant qu'individuelle, concrète et particulière.

Or cet instrument, c'est la Conscience.

Son existence n'est pas mise en doute. Elle est un de

ces faits primordiaux qui s'imposent par leur évidence à tous.

Comme personne ne nous blâme

Parfois nous nous croyons absous.

Mais un cri nous vient d'en dessous :

C'est la conscience qui clame

Dans les oubliettes de l'âme (1).

Mais quelle est sa nature? comment fonctionne-t-elle? jusqu'où s'étend son autorité? Questions fondamentales, autour desquelles réapparaissent' les erreurs philosophiques, dont nous avons constaté déjà plusieurs fois, l'influence déformante sur les principes de la morale. Nous aurons donc à examiner, au moins sommairement, les trois problèmes suivants :

lo Qu'est-ce que la Conscience'^

2o Comment V homme peut-il, en cas de doute, acquérir la conscience certaine de l'honnêteté de l'acte qu'il veut poser ;

30 Quels rapports la raison doit-elle reconnaître entre la liberté de conscience et le Droit!

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