‹ Traité de droit naturel théorique et appliquéChapitre 100 sur 127 · DES DEVOIRS DES CITOYENS ENTRE EUX · texte numérisé non relu

DES DEVOIRS DES CITOYENS ENTRE EUX

387. Quels sont-ils dans Tordre purement naturel ? L'étendue de ces devoirs est-elle susceptible d'augmentation ou de diminution dans Tordre naturel? Est-elle plus grande dans Tordre chrétien ?

Je vais répondre à ces trois questions. Quels sont en premier lieu, les devoirs des citoyens entre eux, dans Tordre purement naturel?

Ce sont, en principe, les obligations réciproques dont ils sont tenus comme membre de la société universelle. Seulement, les devoirs qui résultent de la loi de Tunion entre les hommes, se trouvent multipliés de deux sortes , par le fait de Texistence en société politique. D*une part, quand un individu qui ne vit point sous un souverain va commettre ou fait le mal, c*est seulement à celui qui use légitimement de contrainte pour empêcher ou arrêter la faute, que le coupable doit de ne pas résister. Au contraire , supposez le même agent en société civile, et contraint par le souverain; ce n'est pas seulement à celui-ci que cet homme doit de ne pas résister, mais encore aux autres citoyens, parce que ces derniers ont droit au maintien de Tordre matériel et moral. En second lieu, nous savons qu'étant donné qu'un

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homme ou un être collectif exerce parmi certaines personnes le pouvoir de contraindre , la loi naturelle de charité sanptionne , dans une certaine mesure , les volontés émises par ce gouyernement.

L*étendue des devoirs des citoyens entre eux est-elle susceptible d*augmentation ou de diminution dans Tordre naturel ?

Est-elle susceptible d*augmentation ?

Non, si Ton considère dans leur origine lointaine les obligations mutuelles des citoyens. Quelle cause, en e£[et, pourrait être ajoutée à cette loi en dehors de laquelle on ne peut concevoir aucune règle concernant nos rapports réciproques : les hommes doivent tendre à leur bonheur commun? Mais si Ion s*en tient aux causes immédiates, rétendue des obligations réciproques peut être augmentée par des faits exceptionnels. Je fais ainsi d*abord allusion à un engagement pris par un fonctionnaire qui promet de bien servir son pays. Secondement, d'après les lois de la guerre, une population annexée peut être tenue de se prêter à des mesures de pacification, et devoir une indemnité aux vainqueurs.

Mais d*autre part, au même point de vue des causes immédiates des obligations mutuelles, retendue des devoirs des citoyens devient susceptible de diminution, quoique la loi fondamentale du bonheur commun ne puisse disparaître. L'engagement pris par un souverain de ne pas exercer la contrainte dans un cas donné, même si elle est légitime , ou de ne pas émettre une volonté que la loi de la soumission aune direction commune rendrait obligatoire, peut être un obstacle à la formation d'obligations qui autrement auraient incombé à tel ou tel citoyen envers ceux qui l'entourent.

Enfin l'étendue des devoirs des citoyens entre eux , estelle plus grande dans l'ordre chrétien î

Oui, mais encore en ce sens que beaucoup d'applications

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de la loi du bonheur commun sont dues à rétablissement du christianisme , comme Tobligation où est le père d*élever soa enfant dans la religion catholique , et toutes les formes que prend , étant données les lois de TÉglise, le devoir de ne pas scandaliser nos frères. Dirait-on que ce ne sont là nullement des devoirs de citoyen ? Mais qu'est-ce donc que le citoyen, sinon Thomme en tant qu*il doit soumission à un souveraÎQ politique ? Or, n*avons-nous pas vu qu*à titre de subordonné, le pouvoir civil a le droit d'empêcher ce qui est contraire à la pratique des vertus chrétiennes ? -

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SECTION XIV

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