IMPUTÀBILITÉ ; MODIFICATIONS DE LA CULPABILITÉ; APERÇU GÉNÉRAL
Nous venons de considérer Timputabilité dans ses éléments les plus simples; et nous avons vu qu'il suffît que Tun de ces éléments disparaisse pour qu'il n'y ait plus d'imputabilité. C'est là Yimputabilité proprement dite.
Mais comme elle existe dès qu'il y a eu concours de Fintelligence et de la volonté, comme elle consiste uniquement à savoir que l'acte qu'on va commettre est défendu, et à le vouloir cependant commettre, l'imputabilité proprement dite se retrouve déjà dans les délits les plus légers, même dans ceux commis par emportement instantané, dans la violence d'une passion. Un coup porté dans un accès de colère fortement provoqué par la partie lésée, est un acte imputable, car on ne peut pas affirmer que la provo-
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cation ait ôté la conscience du mal à la personne provoquée. Quant à sa volonté, la provocation Ta mise en mouvement. Cependant l'homme provoqué était libre de ne point agir. Cette liberté est un fait de conscience) un fait attesté aussi par la conduite de ceux qui résistent à des provocations semblables, parce qu'ils ont mieux appris à maîtriser leurs passions, à respecter le devoir. Enfin Thomme qui cède à la provocation sent lui-même qu'il fait le mal ; il le sent au moment même où la passion Tentraîne au délit, et il ne l'a pas plutôt consommé qu'il s'en repent ) il est mécontent de lui-même.
Il y a donc imputabilité.
Mais que le coup soit porté de sang-froid, qu'il soit accompagné d'outrages et de sévices, que des crimes accessoires viennent se joindre au crime principal, la conscience universelle s'élève contre le meurtrier.
Cependant la culpabilité spéciale de cet acte n'est encore que le résultat de Tintelligence et de la volonté de l'agent. Mais le coupable, par mouvement instantané, n'a eu que l'aperception du crime ; l'assassin y a appliqué sa réflexion. Son intelligence a examiné à loisir tous les obstacles légaux et moraux qui s'opposaient à l'exécution du crime , le cri de la conscience, la voix de la religion, les menaces de la loi se sont tour à tour fait entendre-, sa volonté a tout franchi, tout bravé, et le crime a été consommé. Tandis que, dans l'acte instantané, l'idée du crime n'a fait que passer par l'esprit de l'agent, à travers le nuage de la passion, dans l'acte prémédité, elle a pu