PREMIERE IMI1TII
Neufehaiel. La Savoie et Nice étaient restituées au fiémont ; l'Angleterre gardait |« Hanovre, plusieurs de nos colonies, lïibrallar. Malle et le protectorat des îles Ioniennes. La Russie s'attribuait la Lithuauio, le grandduché de Varsovie, la Finlande ; l'Autriche reprenait le Tyrol, la Lombardie, les provinces Jllyrteniies, la Dulmnlie. On fondait ta royaume des I*ays-Bas, composé de la Belgique el de la Hollande réunies ; La Suéde s'incorporait la Norvège. L'Italie était remaniée ; le l*iciu-
remît au roi de Sardaigne, Jes Légations au Saint* Siège et divers dnehée étatenl établis et loomu a l'influence du l'Autriche. On créait la confédération germanique dirigée par une diêle dont faisaient partie l'Autriche, la Prusse, le Danemark et la Hollande il i. Le Congre* de Vienne s'occupa, en outre, de la fixation du rang et de la classification des ministres publiée, de l'abolition Je la traite des nègres et de la liberté de navigation des fleuves internationaux.
Les événements retentissants des premières années du xi.v* siècle détournèrent l'attention publique de* aflai* res d'Orient qui allaient tenir une grande place dans l<»s temps ultérieurs. La décadence i|e l'Empire oliOfttAO, commencée déjà depuis longtemps, se manifeste par une nouvelle atteinte que le traité de Bucharesl de 1812 apporte à son intégrité territoriale en donnant au llzar la Bessarabie et la frontière du l'ruth. Désormais est li question cTOrient, qui pèsera d'un poids si lourd sur toute la politique européenne postérieure et doul nous nous occuperons spécialement dans le chapitre III •tu livre II de celle première partie.
||] Gftho, tac, cit., I, pp.
et s.; Fiore, Nouveau oYeft..., I.
Lt-:S PFIOLECOJIÉNES ET LES THEORIES CKXfcHÀI.ES
L'Europe, épuisée par les guerres de la Révolution et de l'Empire, sentit le besoin de consacrer à la paix une longue période de relèvement, Le monde international est alors dominé par \a.Suintr-.\l(ituu'.e {{), créée entre les grandes puissances européennes, dans le but d'assurer l'exécution des stipulations du Congrès de Vienne, Puis, s'établit la célèbre Pcutanhir (2) ou réunion des cinq puissances continentales dirigeantes (France, Angleterre, Autriche, l'eusse, Russie — traité d'Aix-la-Chapelle dis 3U septembre et 21 novembre 1818), laquelle devint bientôt un insupportable instrument de despotisme. Elle s'arrogea, en effet, un droit abusif et constant d'intervention dans les affaires intérieures des Etats, en faveur du principe de la légitimité. En vertu de ce principe, l'Autriche intervint, à la suite du Congrès de Troppan [1820), en Halte, et y rétablit le pouvoir absolu de la royauté battu en brèche par les liberaux. La France, ù son tour, intervint eu Espagne, en 1832, a la suite du Congrès de Vérone, pour y restaurer aussi le pouvoir des princes légitimes.
Toutefois, les puissances européennes n'osèrent pas intervenir en faveur de l'Espagne, à la suite de la rébellion de ses colonies américaines rjui s'émancipèrent successivement, de (816 à 182i, ne laissant à la métropole de ses immenses possessions que Cuba et Puerto- Rien. (Jette abstention de l'Europe était due a ralliliiiie énergique du président de la République des Elals-l ni-
(t) Muhîenbeck, Etude sur tes origines de la $uinte-Al(î"n< ■ , I 888 .
(2) F, de Marteng, toc. cit., I, pp. 17(iets,; Caho, lac. cit., I, pp. 7 1 et s ; hespagnet, toc. cit., g 23 ; Ilonfils-Faucliille, toc. cit., i i Ui ; Fîore, Nouveau droit. , ., I, $£ 43 et s.
PKKUtritt PARTIE
dl rjhnèli^Uf du Hort, Monroe", qui, dans un message du 2 déreinhrc 1823, sur la portée ri les otl'eis duquel nnn« mit «-lama la célèbre dnr-
trine portant son n<»ni il destinée ;i une renommée que n'avait probablement pas prévue son autour (I livre H. Chtp, III
Depuis longtemps, les Grecs luttaient contre le des- !» remuant de la Turquie L'Europe îiitienfin, au moment DB le dernier boulevard de la liberté hellénique venait de succomber ; et un protocole du 22 mars 1820 praétalM l'autonomie de la fiftaa qui fut dérlarée complètement indépendante le .1 février IR.'tlt 1 \. Le I V st'pli'Hilin* 1R20. la Itussie victoriens! imposa a la Porte le traité d'AndrinnpIo érippanl la Servie en principauté indépendante el plaçant la Moldavie et la Valachie sous la suzeraineté turque. La Russie recevait le titre de protectrice des principautés danubiennes.
Quelques mois après le traité d'Aiidrinople, la révolution française de 4830 substitua Sa branche cadette des Bourbons à la branche aînée el Louis-Philippe l*r monta sur le trône au moment où la France venait de rnnqnérir Alçer. La révolution de 1830 eut un fïïWÊÂ ■ment en Europe, Les BttgM se révollèreril contre les Hollandais et la Conférence de Londres de 1880- 1831 proclama leur indépendance qui ne fut reconnue parla Hollande qu'en 1ÎW9 (2). Des mouvements popti-
(I) lsatnliert. TMte mr CindépBtdtuice frtcqué, Paris, t9«0.
(t) Consulter snr le* points indique» au teïte : I>rscamp», La neutmliti: et la BtlgiqUB, 1901, pp. 135 et s, ; de Rrogtie , La «s*» trviltté de In tttalfMÊKÊM Il fleetfcf de* heur-Mondes, en 1889 et tWO ; Bannis Pmjrhitl«, lac cit., $ 148 ; PourgM»it;, La neutralité de ta Belgique, tbèie de Paris de \¥M,
LES PROLÉGOMàWHS VT LES TUÉoiurs CKVICRALF.S 3f>
laires se produisirent en Pologne, en Suisse, en Italie. Dans ce dernier pavs, L'iriit'rv^filimi <li> l'Àut riche fat nécessaire pour rétablir certains princes expulsés. L'émotion fui également 1res vive en Allemagne où plusieurs souverains durent donner des constitutions plus libérales ou renoncer an trône. Les mesures répressives maladroitement prises par la Diéle de Francfort seméren^ partout la méfiance et ajournèrent la réalisation de l'unité politique. Toutefois, l'union économique fut établie en 1833, grâce à la création d'une vaste association duiKiniire appelée '/.nllrerrin. Dans le domaine du droit international, la révolution de 1S30 fil surtout prévaloir le principe de non-intervention dans les affaires intérionrea de* Etats, combattant ainsi la théorie de la Pentarrliie ' H- La France eut principalement à rieur de faire admettre le principe nouveau auquel elle obéit scrupuleusement.
Le Eronvcrnomenl de Louis-Philippe eut, entre autres questions RUriuunui, à s'occuper de l'Egypte où régnait, sous le nom do vice-roi, le pacha Meh.emet-A.li, soldat de fortune, qui, avec l'aide de ses lils Isnmïl et Ibrahim, tourna son ambition du coté de la Syrie. Après avoir Ici tin Tarin ée turque, Ibrahim marchait sur Constant r impie quand ri fut arrêté parla Russie ; le traité de Kuiaioh (M mai 1S38) céda la Syrie H vin-roi.
On peu plus lard, les hostilités recommencèrent ; Ibrahim vainqueur menaçait de nouveau C.onslaiilinople et le Sultan Ahdul Medjid, à peine âgé de seize ans, liait subir probablement les conditions de son vassal, lorsque les puissances intervinrent . La France favo-
ri > La GoéronmAre, (ûc, cit., I, p. *7Î.
r-DKMIKHE PARTIE
risail Ibrahim devenu chez nous 1res populaire ; pendant que le ministère Thiers négociait avec le cahinet britannique, en s'efforçimt fie ménager les intérêts du vice-roi, l'Angleterre et la Russie, entraînant avec elles la Prusse et l'Autriche, signèrent le traité île la Otuuirvpie attiance du lî> juillet 1840, d'où la France était écartée. Ce procédé montrait quelle cou li. un. • celle dernière devait avoir dans une entente avec la Grande-Bretagne, qu'on avait essayé d'obtenir pur les plus grands sacrifices. L'opinion publique vivement surexcitée voulait la guerre; muis le gouvernement v finît oppoêé, et finalement il signa la Convention dé» détroit* du 31 juillet 1841, par laquelle le vice-roi conservait l'Eg\plë héréditaire, en renonçant a la Syrie 1 1 .
La question d'Egypte était close pour le moment, ce qm permettait aux Anglais et aux tinsses de se tourner vers l'Asie centrale et d'y accentuer une lutte d'influence déjà ancienne, les premier* portant leur effort vers l'Jlindouslan et les seconds du Côté des territoires qui entourent la mer Caspienne, L'Angleterre, d'autre pari, engageait ave, la Chine la guerre de l'opium terminée par le traité de Nankin du 20 ftoèl L838, qui ouvrit au commerce international certains grands ports chinois. Le traité du 24 mai INH accorda à la France ta même» avantages écminniiques que ceu\ coiuédès pur le traité de Nankin aux Anglais.
En février 1848. la République fut proclamée <mi Franco et, comme M 1830, le mouvement populaire réfléchît sur l'Europe entière, spécialement sur l'Alle-
(I) Conf. les IfeèMS dt M. Coclieris mr La ttttiation internationale de ÏEiiijpte ri du Soudan el Je M. MisL-bttf îiir ta mrr notre et tes éitroiti dt toustantinople. P&rii, 1903 el 1899,
LES PROLÉGOMÈNES ET LES THF-OlUES CÉNÉ RALES
magne, la Russie, les principautés danubiennes el enfin sur l'Italie où la France intervint pour restaurer le pape. La première guerre qui se produisit sous le rè-ne de Napoléon III. fui la guerre de Crimée, terminéepar le traité de Paris du 30 mars 1S5G (I) par lequel la Russie renonçait a loule espèce âû protectorat sur les principautés danubiennes, dont l'organisation était réservée, et à toute immixtion dans les affaires intérieures de l'Empire ottoman, La liberté de navigation sur le Danube était reconnue ; la mer Noire neutralisée était fermée aux vaisseaux de guerre européens et accessible aux seuls navires marchands. Deux ans après le traité de Paris, la convention du 19 août 1S!>8 liva délinilivement l'organisation de la Moldavie el do la Valacbîe constituées désorm;iis sous le titre de « Provinces unies de Moldavie et de Valachie » et dont le traité de Berlin devait plus lard faire la Roumanie. La Turquie, placée sous la garantie collective et solennelle des grandes puissances, 6ta.il admise h participer aux avantages du droit public européen. Le sultan communiquait aux puissances les actes par lesquels il avait précédemment reconnu les privilèges accordés aux chrétiens étahlis dans ses Etals.
Le 16 avril 1856, les puissances participantes au Congrès de Paris, d'où élail sorti le traité du 30 mars, signaient la fameuse Déclaration de Paris, dans laquelle étaient posés des principes fort importants au sujet du droit maritime international, principes admis aujour-
(l]i Conf, de MonïcaulL, Le Traité de Paris cl ses suites (1856, 1871), 180S ; Angeberg, Le Traite de Paris de i85Q et les Conférenres dr Londres de (97 i : Bonfill •[■'.■un liillc. toc, <it-, % i23; Gourdon, Histoire du Congrès de Paris, i$">~ ; La Qoéronoière, lac, cit., I, pp. 319 et s. el 11, pp. 283 et s.