DIFFÉRENTES ESPECES
§ Lit. Définition des rapports de droit !ïi
§ LUI Des différentes espèces de rapports de
droit 3 a'»
^ LIV Droit de la famille 335
§ LV. Suite 3/,6
§ LVÏ. Droit des biens 357
§ LVII Suite 369
§ LVtil. Coupd'œil général sur les institutions du
droit 3v S
§ LIX. Des divers systèmes de classification du
droit 38o
VPPENDICE.
I Jus nalurale, gentium, civile /toi
II L. 2, C quae sit Tonga consuetudo 407
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PRÉFACE
Quand une science comme celle du droit repose sur les efforts non interrompus de plusieurs siècles, la génération actuelle, dont nous faisons partie , se trouve en possession d'un riche héritage, Indépendamment des vérités acquises, toutes les tentatives de l'esprit scientifique , bien ou mal dirigé , sont làpour nous montrer laroute qu'il faut suivre ou celle qu'il faut éviter, et nous permettent en quelque sorte d'ajouter ainsi à nos forces les forces des siècles passés. Renoncer, par présomption ou par paresse , aux avantages de notre position , ou nous contenter de jeter un regard superficiel sur les travaux de nos devanciers, en abandonnant au hasard la part d'influence qu'ils doivent exercer sur notre développement , ce serait répudier l 'hé
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ritage lc plus précieux de la science . la communauté des convictions scientifiques, et cette continuité vivante de progrès, sans laquelle la communauté des convictions pourrait dégénérer en une lettre morte. Aussi est-il à désirer que de loin en loin on concentre sous un seul point de vue les tentatives et les résultats isolés de la seience. En effet , de graves dissidences séparent souvent les dépositaires de la science existant à une même époque , et les dissidences sont encore plus prononcées si l'on compare deux époques différentes. M s'agit bien moins alors d'adopter ou de rejeter certaines doctrines que de résoudre les oppositions au sein d une unité supérieure , et telle est la seule voie où la science marche avec sûreté. Respecter tout ce que nos devanciers ont fait de grand est la disposition la plus favorable à cette œuvre de concentration; mais , de peur que le respect ne nous mène à des idées exclusives et n'offusque la liberté de nos jugements , nous devons constamment tourner nos regards vers le dernier but de la science. Rapprochée de ce but , la production de l'homme la plus achevée nous ré\ èle son imperfect ion Si la sagesse des siècles .1 travaillé poui
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nous à enrichir la science, la possession même (le ces trésors nous expose à de grands dangers. Dans la masse des idées , des règles et des expressions techniques que nos devanciers nous transmettent, un fonds considérable d'erreurs , nécessairement mêlé aux vérités acquises, soutenu par l'autorité traditionnelle d'une ancienne possession, peut aisément usurper une autorité injuste. Aussi estil à désirer que de loin en loin on soumette cette masse d'idées à un nouvel examen , qu'on remette leur vérité en question et que l'on interroge leur origine. Dans ce but , nous cjtevons nous supposer en présence d'un individu qui ignore les traditions de la science , suspecte ou méconnaît leur légitimité. La liberté d'esprit, l'indépendance de toute autorité, sont les dispositions les plus favorables à cet examen critique : mais pour que l'indépendance ne dégénère pas en présomption , nous devons mesurer notre propre faiblesse , et puiser dans la conscience de ce sentiment l'humilité salutaire qui seule peut féconder l'esprit l'indépendance.
Ainsi , ces deux points de vue opposés nous ramènent à la reconnaissance d un seul et même besoin pour la science, la révision
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périodique des travaux de nos devanciers la critique des erreurs, la confirmation des vérités et une prise de possession nouvelle, qui, dansla mesure de nos forces, nous fasse faire un pas vers le but définitif. Soumettre l'époque actuelle à l'application de ces procédés, tel est le hut de mon ouvrage.
Mais, peut-être , les événements qui se sont passés de nos jours dans le domaine de la science élèveront contre mon entreprise une prévention dont je dois parler tout d'abord. Vu nom seul de l'auteur, plusieurs seront tentés de révoquer en doute la généralité du but assigné à l'ouvrage ; ils le croiront entrepris moins dans l'intérêt pur de la science que dans les vues exclusives de l'école historique , et dicté par un esprit de parti contre lequel doit se mettre en garde quiconque n'appartient pas à cette école.
L'action combinée de plusieurs facultés différentes est indispensable au succès de la science. Pour designer une de ces facultés el la direction scientifique a laquelle elle répond principalement, le mot école historique a été employé par moi et par d autres, sans aucune arrière-pensée. En appelant l'attention vers une des faces de la science , nous ne
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voulions en méconnaître ou en déprécier aucune; mais l'élément historique, ayant été surtout négligé, demandait à être réhabilité et rétabli dans ses droits. A ce nom d'école historique se rattache une polémique longue et animée , qui , dans les derniers temps encore, n'a pas été sans aigreur. Ici , la nature des attaques rend la défense inutile et en quelque sorte impossible , car, le débat mettant plus en jeu les répugnances personnelles que la science, les adversaires de l'école historique ont compris et condamné sous ce nom toute production littéraire qui éveillait leur susceptibilité ou contrariait leurs goûts. Quelle justification opposer à ce système de critique? Il est néanmoins un reproche qui , à cause de sa généralité, mérite réfutation. On a prétendu que les partisans de l'école historique, méconnaissant l'esprit de leur siècle y voulaient l'asservir au passé , et surtout fonder la tyrannie du droit romain au détriment du droit germanique et des institutions nouvelles que la théorie et la pratique ont substituées aux institutions romaines. Ce reproche a un caractère scientifique, et je ne saurais le passer sous silence.
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Prétendre , connue on I a fail souvent , que la science , envisagée sons le point de vue Instorique, pose la forme antique du droit comme type absolu ri immuable pour le présent et pour l'avenir > c'est défigurer entièrement ce point de vue. Considéré sous son véritable jour, il nous apprend, au contraire, a reconnaître le mérite et l'indépendance de chaque siècle; surtout il cherche à mettre en lumière le lien vivant qui rattache le présent an passé ; car si ce lien nous échappe , nous pouvons bien saisie les manifestations extérieures du droit, mais non en pénétrer l'esprit. Dans son application particulière an droit romain , cette doctrine ne lui reconnaît pas, comme souvent on se l'imagine, une autorité sans limites; mais elle étudie l'ensemble du droit moderne, afin de découvrir et de fixer tout ce qui a une origine romaine certaine, de peur (pie nous n'en soyons dominés à notre insu ; puis elle décompose l élémenl romain, et si quelques-unes de ces parties mortes en réalité ne conservent que l'apparence de la vie , elle élimine cette su perfétation , afin d'ouvrir un champ plus libre au développement et à Taction salutaire < le ! élément vivant. Le present ou\ rage .