PR] I \( I
présenter l'esprit général de la science étaienl beaucoup moins rares de leur temps que du nôtre, Mais si Ton envisage la chose de plus haut, on se convaincra aisément que ce phénomène n'a rien de particulier an droit . «jim! se retrouve dans toutes les sciences et tient à la disposition générale des esprits.
J'ai dit que le praticien devait posséder [ élément théorique, et par là je n'entends pas qu'il doive composer des ouvrages ou faire une étude approfondie des livres; la multiplicité des travaux de sa profession ne le lui permettrait pas ; mais c'est l'esprit de la science qu'il doit constamment manifester dans ses travaux mêmes, n'oubliant jamais que la science véritable est l'ensemble des règles qu'il envisage séparément, dans un but d'applications particulières. Quand il s'agit d'apprécier le mérite d'un praticien , la promptitude et la facilité du travail sont presque les seules qualités dont on tienne compte, qualités estimables sans doute, mais qui peuvent très-bien s'allier avec la légèreté la plus coupable. Si maintenant nous considérons les résultats généraux de la pratique moderne, ils accusent souvent l 'absence de l'esprit scientifique. Là où régnerait cet es-
PRÉFACE
prit, la pratique affermirait la marche du droite viendrait en aide à la théorie, en réprimant ses écarts, surtout préparerait les voies au législateur, de sorte que la loi et son application, étroitement réunies, suivraient la même carrière de progrès. Tout cela n'est-il pas précisément le contraire de ce que nous voyons?
La séparation, chaque jour plus prononcée , de la théorie et de la pratique , étant surtout le mal qui travaille le droit actuel, le remède ne se trouve que dans le rétablissement de leur unité naturelle. Or, le droit romain sainement employé peut ici nous être d'un grand secours. Chez les jurisconsultes romains , l'unité nous apparaît dans sa pureté primitive et dans sa réalisation vivante. C'est le caractère du temps où ils vivaient, de même qu'aujourd'hui la destruction de l'unité n'est pas l'œuvre des individus, mais du cours général des choses, Si, par une étude sérieuse et naïve, nous savqns nous transporter à un point de vue si différent du nôtre , nous pourrons nous approprier l'esprit de ces jurisconsultes et rentrer ainsi dans la bonne voie.
Mais comme il y a plusieurs manières d é-
wv i pu i i \< i
tudier le droit romain, il importe de déterminer celle qui mène au l>u r proposé. On comprend bien que je parle ici d une etude approfondie d'après une méthode vraiment scientifique; mais plusieurs pourraient être détournés de l'entreprendre, s'ils croyaient qu'elle embrasse la totalité des recherches sur l'antiquité et la critique complète des sources. Malgré l'importance de cette partie de la science , on ne doit pas abandonner le principe salutaire de la division du travail, et le plus grand nombre pourra se contenter des résultats obtenus par les auteurs qui ont traité spécialement ces matières. D'un autre côté, on se tromperait complètement, si pour le but que je propose on pensait tirer la moindre utilité des principes généraux du droit romain tels que les enseignent les compendiums d' Institutes, ouïes cours des écoles de droit en France. Ces connaissances élémentaires ne sont bonnes qu'à conserver pour des temps meilleurs la lettre du droit romain , et pour celui qui s en contente elles valent à peine le peu de temps qu elles lui ont coûté. Le seul moyen approprié à la (in que nous cherchons est de lire et de méditer le> écrits mêmes des anciens juriscon-