‹ Traité de dynamoscopie, ou Appréciation de la nature et de la gravité desChapitre 2 sur 64 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

creux de la main sur mon oreille. Bientôt je fus fatigué du bourdonnement que j'y entendais. Ma curiosité s'éveilla sur la cause qui pouvait le produire. Au lieu de la main, je mis le bras, et le bruit cessa ou diminua considérablement. J'appliquai mon oreille contre le fauteuil; je n'entendis plus rien. Je vis là ime étrange singularité.

Cependant, je fus près d'une année sans m'en occuper davantage. Au bout de ce temps, une rechute de mon ami, que je veillai de nouveau, lûe donna occasion, en me trouvant par hasard dans la même posture, d'être frappé du même phénomène. Alors je fus porté à étudier attentivement ce singulier bourdonnement. Je le comparai au bruit de la flamme d'un foyer, à l'agitation des feuilles par le vent , au roulement d'une voiture. Je me souvins qu'une coquille univalve , appliquée contre l'oreille , produisait un bruit analogue. Il s'en trouvait une sur la cheminée ; je la pris, et, comparant les deux bruits, j'en constatai l'extrême difiFérence, et fus amené ainsi à conclure que le bourdonnement était un bruit sui generis. Pour vérifier mon sentiment, je commençai dès le lendemain des expériences à l'hôpital de Toulouse, où j'étais attaché. En portant l'oreille sur plusieurs parties du corps, je trouvai que le maximum du bourdonnement était dans le creux de la main et à l'extrémité des doigts. Je fis le plus grand nombre de mes premières expériences par l'introduction du doigt dans l'oreille, à cause de la facilité de cette opéi'ation. Après avoir ausculté de cette manière

Page 1