PRÉFACE. IX
plusieurs personnes, je constatai chez toutes, à l'état de santé, une parfaite identité dans le bourdonnement. L'une d'elles était attaquée d'une paralysie du bras gauche, survenue à la suite d'une luxation de Tépaule non réduite. De ce côté, l'extrémité des doigts ne donnait aucune espèce de bruit, tandis que le côté non paralysé laissait entendre le bourdonnement d'une manière normale. Ce fut pour moi un trait de lumière. Des deux côtés, les artères du bras marqaient le même nombre de pulsations, et avec la même ampleur; les muscles étaient également développés, la température était la même au thermomètre à mercure ; j'en conclus que les nerfs seuls pouvaient être la cause du phénomène que j'étudiais. Cette conjecture^ non encore basée sur des expériences suffisantes, était peut-être téméraire; néaiunoins elle me fut utile, car elle fut le point de départ de tous mes travaux.
J'étais lancé dans une voie nouvelle, et désormais décidé à la parcourir, malgré tous les obstacles, et à atteindre, à force de soin et de travail, le but que je m'étais assigné. Je songeai immédiatement à trouver des moyens propres à faciliter mes expériences, et à assurer l'utiUté pratique de mes études. Voyant, dans bien des cas, des inconvénients à l'introduction des doigts dans l'oreille, je cherchai un conducteur intermédiaire qui ne gênât pas l'audition du bruit et qui le rendit plus fort.
Le premier qui me tomba sous la main, un bouchon de liège, me' sembla le plus simple de tous, à
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cause de la facilité avec laquelle on peut le tailler, et il se trouva que ce conducteur était très-bon. Il eut rinconvénient plus tard d'enflammer le conduit auditif par im usage trop fréquent; je le remplaçai avec avantage par un petit instrument en métal convenablement façonné, auquel je donnai, pour abréger, le nom de dynamoscope, à cause du nom de dynamoscopte. Dès ce moment j'employai ce moyen d'auscultation pour le pronostic, dans la plupart des maladies que j'eus à traiter.
Les premiers malades sur lesquels je fis des observations sérieuses furent les paralytiques. Je voulus savoir si tous présentaient la même absence de bruit du côté attaqué ; je ne fus pas longtemps sans la reconnaître uniformément chez tous.
C'était un résultat encourageant, et qui m*en promettait d'autres. Je crus pouvoir dès lors, sans trop de témérité, soumettre mes essais aux juges les plus compétents. Je préparai un Mémoire, que j'adressai à l'Académie des sciences, sur le phénomène important que j'avais remarqué chez les paralytiques.
Tout en continuant mes études avec succès sur l'hémiplégie, je voulus observer de même les diverses maladies, pour savoir si elles présentaient entre elles des diJBTérences sous le rapport du bruit entendu. Je ne tardai pas â remarquer que les malades qui allaient mourir n'avaient pas de bruit aux extrémités; que ceux qui étaient très-malades en avaient un intermittent ; que ceux qui l'étaient peu