Le malade sort guéri
Résultats de la bynamoscopie. — Malade entré à Thôpital le 3. Ausculté le même jour : Bourdonnement clair, uniforme, fort, baisse, profond, reprend et disparaît; pétillement nul. Le 3, bourdonnement roulant, uniforme, égal, continu; pétillement nul. Le k , bourdonnement doux , un peu faible. Le 5, id. Le 6, bourdonnement doux, égal, petit, un peu faible. Le 7, id.LelO,guérison.
484 DE LA DYNAMOSCOPIE.
Éry«ipèlei
f Obs. I. — Glaiser, âgé de 22 ans, soldat au 3' du génie, d'un tempérament sanguin, est couché à la salle Saint-Charles, n"* 2. Depuis cinq jours, il se sentait indisposé, et cette indisposition se trahissait par un malaise général, un sommeil nul ou agité; céphalalgie vague et un certain dégoût pour les aliments. Il ne se fait porter au rapport que lorsque Térysipèle a tuméfié sa figure, le ik mars. On le transporte immédiatement à l'hôpital Saint-Éloi.
Le 14* au soir, Térysipèle a envahi toute la face et non le cuir chevelu ; il y a plusieurs phlyctènes remplies de sérosité jaunâtre. Le malade a la langue sèche, brune ; la soif est ardente. Cette tension continuelle des téguments de la face le font s'agiter et souffrir beaucoup. Il a toutes ses idées ; tous ses sens sont en bon état. Le pourtour des yeux est tuméfié, il peut à peine les ouvrir. Sa figure forme une tumeur informe, où l'on ne pourrait certainement reconnaître aucun de ses traits. Il n'a pas pu dormir, mais c'est à cause de la douleur tensive brûlante de la face; il n'est pas allé du ventre. Il a beaucoup saigné du nez, et s'en est trouvé soulagé.
Le 15 au matin, l'érysipèle semble ne pas avoir augmenté depuis la veille ; il s'étend sur toute la face et ne dépasse pas le milieu du front ; il a défiguré le malade. Là est la cause de ses souffrances, qui l'ont empêché de dormir un seul instant; il s'agite, mais il conserve toute son intelligence. Il a saigné beaucoup du nez plusieurs fois dans la nuit. Il n'a pas faim ; il n'est pas allé à la selle ; sa langue est un peu sèche et la bouche chaude et douloureuse. Le pouls est un peu fréquent, 75, dur, rénitent, égal. Larespinition est normale. Le malade crache et tousse un peu.
DE LA DTNAMOSGOPIE. 185
Auscultation des doigts. — Bourdonnement doux, clair, au* cune rudesse, égal, régulier, continu; petSlement nul.
Auscultation sur les parties envahies par Térysipèle. — Bourdonnement fort, évident, assez rapide là où Ton ne devrait pas Tentendre du tout; pétillement nul.
Prescription : Diète de vin ; tisane de mauve et tilleul édul- Corée chaude; vésîcatoire camphré au bras; six bols camphrés et nîtrés, à prendre de deux heures en deux heures.
16 mars. Les phlyctènes de la face se sont crevées, mais Térysipèle, qui diminue à la face, augmente au cuir chevelu et menace de devenir envahissant. Ainsi, il s'avance jusqu'à l'union des pariétaux avec le frontal. La face est un peu moins tuméfiée; les oreilles sont rouges, et le conduit auditif externe est presque obstrué. Aussi le malade n'entend-il pas facilement. La langue est sèche, les papilles hérissées ; il n'a pas dormi de la nuit, tourmenté par le feu de cette inflammation diffuse. Il se plaint de l'amertume de la tisane ; le tube digestif ne souffre pas; il a eu une selle. La respiration est normale. Le malade jouit de toute son intelligence, et il se couche, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre. Le pouls est fréquent, 90, roide, tendu.
Auscultation des mains. — Bourdonnement roulant, un peu dur, pas trop rapide, continu, égal, régulier; pétillement bas, éteint, simple et double.
Prescription : Bouillon mmgre ; diète le soir ; limonade cuite gommée ; six bols camphrés et nitrés de deux en deux heures ; sinapismes.
Le soir, le malade a saigné du nez ; la tuméfaction de la face diminue encore, mais Férysipèle gagne plus avant dans l'épaisseur et la surface du cuir chevelu; il ne peut rien supporter sur la tête. Il a dormi deux heures dans la journée. La langue est sèche; pas de selles. Le pouls présente les mêmes caractères.
18B DE LA DTNAMOSCOPIE.
AuseuUation des parties envahies par Térysipèle. — Le bourdonnement est évident; il ne Test plus à la face; il y a même des parties envahies qui ne font entendre aucun bourdonnement.
Le 17 au soir, le malade a moins mal à la tête; aussi a-t-il pu dormir la nuit dernière; il a encore saigné du nez, et ces hémorrhagies lui apportent toujours du soulagement. L'érysipèle gagne en arrière. La langue est moins sèche, et elle est sale, recouverte d'un enduit brunâtre. Le pouls n'est pas aussi fréquent, 90 pulsations; il est moins dur, moins fort.
Auscultation dés mains. — Bourdonnement un peu rude, mais continu, égal, pas trop rapide, régulier; pétillement petit, double, simple, élevé.
Le 18 au matin, la tuméfaction et la rougeur sont arrivées aux téguments du cou ; ainsi la tête tout entière a été envahie ; mais à mesure qu'elles avancent d'un côté, elles se retirent de l'autre. La souflTrance n'est plus aussi forte; le malade peut dormir pendant la nuit. Les traits se refont, et la langue est humide; elle est blanchâtre sur le milieu; le malade a. faim; il est allé une fois à la selle; le ventre est souple au toucher. Le pouls est un peu plus fréquent que la veille; il est dur, rénitent. La peau est chaude, mordicante; le malade a sué beaucoup la veille avant de s'endormir. Les urines sont sédimenteuses.
Auieultation des mains. — Bourdonnement un peu rude, continu, égal, régulier, peu rapide; pas de bourdonnement sur l'érysipèle; pétillement simple, peu élevé.
Le 19, amélioration notable manifestée par l'arrêt de l'érysipèle, qui tend à disparaître peu à peu. La figure a repris son volume normal; elle est remplie de croûtes farineuses. L'intelligence est complète ; le malade a dormi. La langue est humide, légèrement sale; le malade n'est pas allé du ventre. Le pouls
DB UL DYNÀMOSCOPIE. iS7
est régulier et presque rare, 60 pulsations. Il y a encore eu une petite hémorrhagie du nez.
Auscultation des doigts. — Bourdonnement doux, égal, continu, régulier; il est lent, assez clair; pétillement petit, sec, quelquefois éclatant.
Le 20, la figure se dépouille de ses croûtes furfuracées; le cuir chevelu n'est pas douloureux au toucher; il n'est pas tuméfié, ni rouge; aucun trouble dans la circulation, ni dans le canal digestif, ce qui autorise la permission d'une soupe, d'une côtelette et de Teau rougie. Du reste, le malade boira de la limonade et prendra une tasse d'infusion de rhubarbe le matin.
Auscultation, — Bourdonnement doux, normal, égal, continu, régulier, faible ; pétillement simple et rare.
Les 21 et 22, la face est nette; le cuir chevelu est guéri. Le malade pourra se lever dans la journée; il est allé une fois à la garde-robe ; les matières étaient moulées, très-dures. Le pouk est devenu rare, 49 pulsations ; il est régulier, égal, fort, vite. La peau est chaude, sèche; cependant le malade a sué beaucoup la veille. La guérison semble assurée.
Auscultation. — Bourdonnement doux, normal, assez fort, régulier, continu; pétillement simple. (2 soupes; quart de pain et de vin; une côtelette; limonade'' cuite; une tasse d'infusion de rhubarbe.)
he2ky la guérison se confirme; le majade se promène; le bourdonnement acquiert le type mâle.
Le 28, la guérison est consolidée, et le malade sort. Le bourdonnement a tous les caractères de la santé.
Résultats de la dynamoscopie. — Malade entré le 14 mars. Ausculté le 15 : Bourdonnement doux, clair, égal, régulier, continu ; pétillement nul. Sur les parties envahies par l'érysi-
i88 DE LA DTNAMOSCOPIE.
pèle, bourdonnement fort, évident, rapide; pétillement nul. Le 16, bcïurdonnement roulant, un peu dur, pas trop rapide, continu, égal, régulier; pétillement bas, éteint, simple et double. Le 17, bourdonnement un peu rude, continu, égal, pas trop rapide, régulier; pétillement petit, double^ simple, élevé. Le 18, bourdonnement un peu rude, continu, égal, régulier, pas rapide; pas de bourdonnement sur Férysipèle; pétillement simple, peu élevé. Le 19, bourdonnement doux, égal, continu, régulier, lent, assez clair; pétillement petit, sec, un peu éclatant. Le 20, bourdonnement doux, normal, égal, continu, régulier, faible ; pétillement simple et rare. Les 21 et 22, bourdonnement doux, normal, assez fort, régulier, continu; pétillement simple. Le 24, bourdonnement mâle. Le 28, guérison, bourdonnement ayant tous les caractères de la santé.
Erysipèle avec Méniiisile.
Obs. II. — Gamier, fusilier, âgé de 21 ans, entre à Thôpital le 31 juillet.
1®' août. Le malade a déliré toute la nuit et le matin. Pouls fréquent, dépressible, 120; ôbaleur de la peau, acre et mordicante; face rouge, vultueuse; rougeur érysipélateuse sur la figure et sur le nez; la figure est tuméfiée, langue sècbe, brune, fendillée ; lèvres cou^jertes de ïulîginosités. Le malade ne répond pas aux questions qu'on lui adresse ; résolution musculaire. (Bain de pieds sinapisé; limonade, 0,001 tartre stibié; cataplasme sinapisé; un vésicatoire à cbaque bras).
Le soir, le malade déliré; il ne répond à aucune question; face moins vultueuse que le matin. Pouls très-fréquent, faible, dépressible, 120. Peau cbaude et halitueuse; langue brune, rougeâtre, sèche; lèvre supérieure encroûtée; dents supé-
D£ LA DYNAMOSGOPIE. 189
rieures fuligineuses; yeux bons; soif ardente. Le malade se plaint des sinapismes qu'on lui a mis aux poignets. (Limonade à la glace; glace au citron}.
2 août. Délire toute la nuit; face décomposée et rouge ; langue sèche, brune, fendillée. Rien dans la poitrine ; peau chaude ; le malade veut se jeter par la fenêtre; on l'arrête au moment où il l'enjambe. L'érysipèle de la face se dissipe.
Auscultation. — Bourdonnement tremblotant, profond, irré-gulier.
Le soir, mêmes symptômes. (Potion : k gr. quinquina ; eau de mélisse et de menthe ; de chaque, 15 gr.; sirop de fleur d'oranger, 30; eau distillée, 3 p. 180; une cuillerée d'heure en heure.)
Auscultation. — Bourdonnement profond, irrégulier, tremblotant, se supprime tout à coup et reste longtemps sans reparaître.
3 août. Mort à dix heures.
Autopsie le 4 août. — La face du cadavre a perdu la couleur violacée d'un rouge sombre qu'elle présentait; les joues sont d'un jaune terne, avec une très-légère teinte bleue sur les pommettes.
La partie supérieure du corps, y compris les parties postérieures des cuisses, sont partout recouvertes* d'une sutfusion couleur violacée (cadavérique). Le ventre est ballonné et présente un certain degré de mollesse et d'empâtement.
La surface des vésicatoires est recouverte de plaques d'un gris noirâtre, gangreneuses ; les plaques sont plus larges sur le bras gauche.
Cerveau, — Les vaisseaux de la dure-mère ne présentent pas de trace d'injection ; une abondante quantité de sérosité est épanchée entre les feuillets de l'arachnoïde ; les vaisseaux de la
DE LA DYNâMOSCOPIE.
pie-mère sont très-injectés. En enlevant le cerveau, une grande quantité d'un sang noirâtre et diffluent sort du crâne. Vive injection sur les parties des méninges qui correspondent au sonunet et à la partie antérieure du cerveau. Injection des plexus choroïdes; substance cérébrale présentant un piqueté plus marqué qu'à l'état normal.
CcBur ramolli, surtout au niveau du ventricule gauche. Le sang qu'il contient est noir et diffluent; ecchymose de la valvule sygmoïde,
Poumons. — Point de trace d'épanchement dans les plèvres; quelques adhérences récentes faciles à détacher à droite. Les poumons sont crépitants et surnagent; le tissu est gorgé de sang très-noir.
Foie. — Tissu à l'état normal; la vésicule biliaire est remplie d'un liquide décoloré. Les attaches de cette vésicule sont incolores.
Rate hypertrophiée, gorgée de sang, ayant une fois et demie son volume normal.
Rien dans les glandes de Brunner et de Peyer; la muqueuse est verdâtre et ramollie. »
Résultats de la dtnamoscopie. — Malade entré le 31 juillet. Ausculté le 2 août : Bourdonnement tremblotant, profond, irrégulier. Le soir, bourdonnement profond, irrégulier, tremblotant, se supprime et reste longtemps sans reparaître. Mort le 3 août.
TABLEAU BÉSVMÉ DO BODBDONNEMENT DANS L^ÉBYSIPÈLE.
Nous remarquerons que, dans les cas très-graves d'érysipèle, deux ou trois jours avant la mort, le bourdonnement parait
DS LÀ DTNAMOSGOPm. iOl
comme par jets, en s'arrétant brusquement et en reparaissant de même. Le pétillement est nul.
Les fièvres éruptîves, étudiées au point de vue du bourdonnement, ne font pas exception à ses lois ordinaires. On doit remarquer seulement, qu'au moment où Téruption commence, alors que l'agitation est vive, qu'il y a oppression, anxiété considérable, le bourdonnement peut paraître intermittent, trèsrapide, très-fort. Dans ce cas, le pronostic ne nous permet pas d'établir un danger aussi grand que dans les autres maladies en général. Ici, et par exception, nous ne concluerons quelque chose de très-fàcheux que si les interruptions du bourdonnement sont brusques, Q^sez prolongées, et si le pétillement est nul.
fièTre catarrfaale.
Obs. — Pireau (Honoré), infirmier militaire, âgé de 25 ans, après être resté longtemps assis sur l'herbe qui couvre les remparts de la citadelle de Montpellier, dans la journée du 9 avril, a ressenti une douleur très-forte le soir dans la région lombaire, et des frissons mêlés de chaleur assez forts. Une céphalalgie intense sus-orbitaire l'empêche de dormir; il voit trouble autour de lui ; il n'a nulle envie de prendre son repas habituel du soir. Le pouls est fréquent, 85 pulsations, assez résistant.
Auscultation. — Bourdonnement roulant, assez rapide, inégal, irrégulier; pétillement fréquent, simple. (Diète; tisane de violette chaude.)
10 avril. Le malade n'a pu dormir de la nuit; il n'a pas cessé d'avoir des alternatives de froid et de chaud; la céphalalgie est intense, et principalement localisée sur le côté gauche; la figure n*a rien de particulier; la langue est sale; l'inappétence complète; il n'est pas allé du ventre; douleurs vagues sur diverses
i92 DE LÀ DYNAMOSGOPIE.
régions du corps; faiblesse générale; fièvre intense; chaleur à la peau ; elle est humide.
Auscultation. — Bourdonnement roulant, fort, rapide, égal, quelques inégalités, régulier, continu; pétillement fréquent, simple. (Limonade végétale pour boisson; vomitif avec 1 gram. d'épicacuanha et 5 centigrammes de tartre stibié).
Le 11, au matin. Le malade a vomi quatre ou cinq fois; les matières étaient vertes, bilieuses; ces vomissements Tout tracassé et fatigué beaucoup ; la céphalalgie n'est pas complètement passée; elle n'est plus aussi intense ; le malade n'éprouve plus d'alternative de froid et de chaud ..Le pouls est fréquent et la peau chaude; le malade a sué dans la nuit; il n'a plus un goût aussi prononcé pour les boissons acidulées. Il est allé du ventre une fois. Ses urines sont rouges, chargées.
Auscultation. — Bourdonnement roulant, moins rapide que les jours précédents, plus doux, égal, régulier, continu ; pétillement rare, simple et double. (Bouillon; une pomme cuite; orge miellé.)
Le 12, Pireau se trouve très-bien ; la céphalalgie a disparu ; le malade a dormi, et il n'a souffert d'aucun trouble dans la sensibilité ; il a sué, et on a dû le changer de chemise plusieurs fois. Le pouls est à peine au-dessus de sa fréquence ordinaire, 70 pulsations; il est égal, régulier, assez 'développé, mais peu résistant. Le malade a faim. La langue est nettoyée ; elle n'a plus d'enduit jaunâtre. Il est allé à la selle une fois. Quand il s'est levé un i«stant, il n'a plus senti .cette faiblesse de l'avantveille, et sa vue n'était pas trouble. Il est évident que le purgatif a produit la solution de la maladie.
Auscultation. — Bourdonnement doux, petit, un peu dur, quelquefois égal, régulier, continu; il n'est pas faible; pétillement petit, assez fréquent. (Soupe; bouillon; pomme cuite; orge miellé.)
DE lA DTNAMOSGOPIE. i93
Le 13, la guérison se consolide; aussi, en consultant les fonctions et les organes, trouvons-nous que leur jeu n'ofire aucune altération.
Auscultation. — Bourdonnement doux, presque moelleux, égal, régulier, continu, peu faible; pétillement nul.
Les 15 et 16, Piveau s'est levé, promené, et il a mangé successivement le quart et la demie.
Le bourdonnement n'a jamais perdu sa douceur ; sa force s'est consolidée , et il a offert tous les caractères de la santé.
Résultats de la dtnamosgopie. — Le bourdonnement, qui est doux avant la fièvre, devient rude ; de lent, il est rapide ; de bas, il est élevé; de faible, il est fort. C'est, en un mot, le bourdonnement roulant, rapide, tantôt fort, tantôt faible, sourd ou rapproché. Après avoir conservé deux, trois et quatre jours au plus le caractère roulant, il redevient doux, égal, uniforme, et ces changements annoncent que la maladie disparaît. U n'est pas rare d'entendre deux, trois jours cette modification, avant môme que les symptômes de la maladie fassent présager une issue heureuse.
Wièvite Phamattomale.
Obs. L — M. V..., ftgé de 28 ans, grand'rue, 19, à Passy, a été atteint, pendant deux mois, d'un rhumatisme articulaire aigu à toutes les articulations successivement, avec gonflement.
Il y a toujours eu un bourdonnement très-fort, roulant, rapide, et jamais sa suppression n'a pu être constatée, même pendant l'extrême paroxisme de la fièvre.
Obs. U. — C..., ftgé de 38 ans, rue Neuve-de-l'Eglise, 6, à
Passy, a été atteint d'un rhumatisme articulaire fixe au poils
iU DELk DTNAMOSGOPUS.
gnet droit, avec gonflement^ raideur dans les doigts, et dont la durée a été de troi$ mois.
Jamais le bourdonnement n'a été absent des extrémités; il a toujours été fort, roulant, rapide; le pétillement a été très-variable.
Obs. ni. — M"»» G.., , âgée de 50 ans, d'un tempérament sanguin, est atteinte de rhumatisme articulaire aigu. Les deux genoux sont gonflés, douloureux; tout mouvement est impossible; pouls 108; sécheresse de la langue; agitation trèsgrande. La fièvre existait un peu la veille.
Auscultation. — A Textrémîté des doigts, bourdonnement ronflant, rude, fort, rapide; pétillement rare. Sur les genoux, le bourdonnement est très-fort et très-distinct, alors qu'il n'est pasàTétat normal.
Pendant un mois et demi qu'a duré la maladie , il y a eu des variations ; toujours une articulation ou une autre a été entreprise, et toujours, dans les parties tuméfiées, il y a eu augmentation du bourdonnement en force et en rapidité. Il a paru quelquefois tremblotant, et jamais il n'a été nul.
. Nous pourrions citer bien d'autres observations pour une maladie aussi commune, et il sera toujours facile de s'assurer que le bourdonnement peut devenir tremblotant dans certains cas de fièvre rhumatismale aiguë, et qu'il ne devient jamais nul.
fièvre interiiiltteiite.
Obs. 1. — Coste, âgé de 25 ans, a, depuis neuf jours, des accès de fièvre qui le prennent de onze heures à midi , et durent jusr qu'à la nuit. Le froid se fait sentir pendant trois-quarts d'heure ; la chaleur, une heure.
Le 6 juin, il n'y eut pas d'accès; le malade n'a ressenti que
DE LA DYNAHÛSCOPIE. 195
des frissons irréguliers. Â deux heures, le bourdonnement est roulant, sonore, rapide, un peu égal, continu, régulier. A quatre heures et demie, le malade a chaud. Le bourdonnement est redevenu un peu doux; les pétillements sont très-nombreux.
Le soir, le malade a beaucoup sué.
Ces trois stades ont été incomplets.
Obs. II (fièvre tierce). -- Les trois stades de la fièvre sont observés chez Gulia, salle Saintr-Vincent, n*" 17, le 22 juillet 1856. Accès à dix heures et demie. Période de froid : Bour-' donnement roulant, sourd, profond de temps en temps, tremblotant, tellement grave qu'il est difficile à saisir.
La période de chaleur arrive une demi-heure après Taccès : Bourdonnement roulant, rapide, uniforme et tremblotant. Il y a des exacerbations ; pétillement rare et très-fort.
Période de sueur : U y a peu de différence dans le bour^ donnement et le pétillement avec la période de chaleur.
Obs. in (fièvre quotidienne!) . — Julien, salle Saint-Yincent, n» 31. Le 17 juin, accès de fièvre, frisson et tremblotements : Bourdonnement roulant , sourd , très-bas ; quelques trépidations ; pétillement nul.
Deuxième période : Le bourdonnement est beaucoup plus fort et plus éclatant. Il est toujours trépidant.
Troisième période : Le bourdonnement est le même quedaa: la période précédente.
Obs. IY. — Sajle Saint^Jean, n° 3. Jean a passé deux ans en Crimée sans éprouver de maladie. Il est âgé de 27 ans, est arrivé en France depuis quelques jours. Le 23, il prend la fièvre, qui revêt le type tierce. Elle a commencé à sept heures.
Période de chaleur : Bourdonnement roulant, rapide, bruyant, fort, égal, continu, régulier; pétillement nul.
Période de sueur: Bourdonnement roulant ; il baisse ou reste doux.
106 DE LÀ DYNAMOSCOPIE.
Obs. V. — Salle Saint-Jean, n"* 5. Bordeaux a un accès de fièvre tierce le 16 février 1856. A sept heures du matin, froid et tremblement.
Période de froid : Bourdonnement sourde profond , grave , tremblotant et continu, lent; pétillement rare.
Période de chaleur : Bourdonnement fort, rapide, rude, roulant; pétillement fréquent.
Période de sueur : Bourdonnement fort ; il baisse, devient doux et rapide.
Obs. VI. — Salle Saint-Jean, n** 7. Dunal est atteint de fièvi'c tierce. Nous avons assisté à trois accès complets, qui tous se sont produits de la même manière : céphalalgie, bâillements, froid aux pieds.
Période de froid : Bourdonnement sourd, très-grave, éloigné, roulant, rapide; il baisse ; pétillement petit, rapide.
Période de chaleur : Bourdonnement rapide, plus rapproché, fort, roulant, continu; pétillement fréquent.
Période de sueur : Bourdonneihent rude, fort, un peu plus doux; pétillement rare.
Obs. VII (fièvre quarte). — Salle Saint-Lazare, n®29. Genier, soldat au 21* de ligne, après deux jours de dyssenterie, a été atteint d'un accès de fièvre : envies de vomir, pouls inégal, céphalalgie.
Période de froid : Bourdonnement sourd, profond, trèsgrâve, lent, embarrassé ; pétillement rare et fort.
Période de chaleur : Bourdonnement fort, rapide, rapproché, tremblotant et roulant; pétillement fréquent.
Période de sueur : Bourdonnement fort, rapide, tendant à la douceur.
Obs. VIII. — Salle Saint-Lazare, n"* 7. Chabrant, âgé de 22 ans, est atteint, le 30 juin, d'un accès de fièvre, à onze heures du matin.
DE LA DYNAMOSQOPIE. 19?
Période de froid : Bourdonnement sourd, profond, éloigné, embarrassé, continu, lent; pétillement très-fort et très-rare.
Période de chaleur : Bourdonnement fort, rapide, continu, roulant; pétillement petit, fréquent.
Période de sueur : Bourdonnement rapide, continu, roulant et plus doux ; pétillement moins fréquent.
Obs. IX. — Salle Saint-Lazare. Garis, âgé de 21 ans, est atteint de fièvre tierce.
Période de froid : Bourdonnement sourd, profond, très-grave, continu, lent; pétillement très-fort et rare.
Période de chaleur : Bourdonnement tremblotant, fort; il baisse; pétillement très-fréquent.
Période de sueur : Bourdonnement roulant, rapide et continu ; pétillement très-fréquent.
Le bourdonnement, pendant les accès de fièvre intermittente, a trois caractères différents :
!• Dans la période de froid, il est sourd, très-profond, trèsgrave, très-embarrassé.
2o Dans la période de chaleur, il est moins sourd, plus rapproché, plus rapide.
3<* Dans la période de sueur, il est plus doux que dans la période de chaleur, tout en conservant son caractère : il est quelquefois inégal et baisse.
Le pétillement est généralement plus fréquent et moins fort dans les deux dernières périodes.
fièTre heetiqne.
Dans la fièvre hectique, le bourdonnement est toujours trèsgrave, bas, lent, ou même absent. Du reste, cette fièvre, le plus souvent, ne se rencontre que dans le troisième degré des maladies chroniques, comme la phthisie, le cancer, les ramolis-
idfi DE LA HtlfAltOSCOPlS.
semeûts ; en un mot, dans tontes les maladies organiques bien définies, arrivées à leur période ultime. Le scorbut ofire aussi ce caractère fébrile ; et comme il nous a été donné *de l'observer très-attentivement, nous nous contenterons de renvoyer à ces observations, pour suivre la manière dont le bourdonnement et le pétillement se sont présentés.
An^ne coaeDiien«e.
Obs. I. — P... habite une maison à Montrouge, où plusieurs personnes sont atteintes d'angine couenneuse. Atteint lui-» même par cette maladie, il se retire auprès de sa mère^ le 11 février, rue de Longchamp, 31, à Passy. C'est un jeune homme de 16 ans, d'une belle constitution. L'angine est couenneuse, la fausse membrane est assez épaisse et a envahi le voile du palais, la luette et tes deux amygdales. Le pouls est à 116 pvl* sations. Le malade ouvre la bouche pour respirer; les fosses nasales ne contiennent pas de fausses membranes. L'auscultation de la poitrine est excellente. (Cautérisation au nitrate d'argent ; potion au chlorate de potasse ; bouillon ; potages.)
Auscultation, — Bourdonnement profond et difficile ; pétillement fréquent.
Le i% il n'y a pas d'amélioration. La gorge est envahie de tous côtés, la bouche est entr'ouverte. La nuit a été mauvaise.
Auscultation. — Bourdonnement nul ou difficile à entendre; pétillement tantôt fréquent, tantôt rare.
• Le soir, le pouls est très-fébrile ; les fausses membranes ne semblent pas modifiées par le nitrate d'argent ; j'emploie l'acide chlorhydrique pur.
Auscultation. — Bourdonnement tantôt nul, tantôt petit, sourd ; pétillement rare.
DB LA DTNAMOSCOPIE. i99
Le 13, le malade a passé une meilleure nuit; ii a rendu énormément de fausses membranes, et le côté gauche de Tamygdale est à découvert. (Continuation de la cicatrisation avec Tacide chlorhydrîque).
Auscultation, — Bourdonnement nul, sourd, embarrassé et oulant ; pétillement petit.
Le 14, Tamygdale droite est également à découvert, et il ne reste plus que la luette à guérir. Le nitrate d'argent a suffi, quoiqu'il ait fallu quelque temps avant de voir le malade revenir à l'état normal.
Le bourdonnement, jusqu'à la guérison, s*est maintenu, et il a repris peu à peu l'état de douceur, de continuité, d'égalité et de netteté qu'il a dans l'état de santé.
Résultats de la dynamoscopie. — Auscultation le 11 février : Bourdonnement profond et difiScile; pétillement fréquent. Le 12, bourdonnement nul ou difficile à entendre; pétillement tantôt fréquent, tantôt rare. Le soir, bourdonnement tantôt nul , tantôt petit , sourd , pétillement rare. Le 13, bourdonnement nul , sourd, embarrassé et roulant; pétillement petit. Le li, id. jusqu'à la guérison , où il a repris sa douceur, sa, continuité et son égalité.
Obs. II. — Mademoiselle Ch... est atteinte, le 4 janvier 1860, de scarlatine, et le quatrième jour de la fièvre éruptive, il se déclare une angine couenneuse, caractérisée par des ganglions sous-maxillaires très-saillants, un râle trachéal, et on trouve, à l'examen de la gorge, des fausses membranes larges comme deux pièces de cinq francs sur chaque amygdale. Il y a, du reste, de la fièvre, de l'agitation, de l'impatience. (Cautérisation au nitrate d'argent; potion au chlorate de potasse).
Auscultation, — Bourdonnement faible, profond, continu; pétillement fréquent et fort.
200 DE tA DTNAMOSCOHE.
Le 9, les plaques cautérisées n'ont pas diminué, et je les cautérise encore. Fièvre, agitation extrême. (Même traitement.)
Auscultation. — Bourdonnement faible et difficile, lent; pe* tillement Irës-fréquent et très-petit.
Le 10, rétat n'est pas amélioré. Je trouve 130 pulsations, une respiration difficile ; les plaques augmentent, la luette est envahie. (Cautérisation avec l'acide chlorhydrique.)
Auscultation. — Bourdonnement rapide; il devient intermittent.
Le soir, le bourdonnement et les autres symptômes n'ont pas changé. (Nouvelle cautérisation.)
Le 11, la fièvre est moindre, l'agitation est moins forte, et les plaques, qui n*ontpas été modifiées, semblent être arrêtées.
Auscultation. — Bourdonnement fort, disparaissant peu à peu ou devenant excessivement petit.
Le i4<, la malade va bien et est hors de danger. Le bourdonnement, bien que faible, a repris sa continuité.
Le 18, la malade est tout à tait bien, et le bourdonnement ne présente rien de particulier.
Résultats ns la dynamosgopus. — ' Auscultation le k janvier : Bourdonnement faible , profond , continu ; pétillement fréquent et fort. Le 9, bourdonnement faible et difficile, lent; pétillement fréquent et petit. Le 10, bourdonnement rapide , intermittent. Le 11, bourdonnement fort, disparaît et redevient petit. Le ik , le bourdonnement , quoique faible , a repris sa continuité. Le 18, guérison.
Obs. m. — Mademoiselle Y... est atteinte d'une angine couenneuse le 5 juillet 1859. A mon arrivée, les symptômes sont des plus alarmants. Pouls 120, respiration difficile ; il y a des
DE LA DTNAMOSCOPIE. 201
accès de suffocation; la voix est éteinte; les plaques de fausses membranes ont envahi le nez, toute la gorge et la bouche.
Auscultation, — Bourdonnement petit, profond, éteint et disparaissant tout à fait.
Observés plusieurs fois dans la journée, les symptômes ne s'amendent pas, et le bourdonnement est, ou d'une faiblesse extrême, ou complètement nul; le pétillement est tantôt nul et tantôt petit et très-fréquent.
Le 12, la malade a tous les symptômes de Tagonie, et l'on constate l'absence du bourdonnement à l'extrémité des doigts.
Croup.
La fréquence du croup chez les enfants nous permettrait de citer plusieurs exemples; mais comme tous les médecins peuvent vérifier facilement les résultats de la dynamoscopie, nous nous contenterons de dire que, dans la période asphyxique, le bourdonnement est le plus souvent absent aux extrémités digitales. Il peut être quelquefois excessivement petit, profond, lent, et avec des caractères reconnaissables, quand on l'a entendu après la mort.
Il faut beaucoup de soin pour cette auscultation , dans le croup, parce que ce sont presque toujours les enfants qui sont atteints de cette maladie, et que l'auscultation dynamoscopique est très difficile, à cause de la petitesse de la surface digitale, et à cause aussi de l'agitation ou des cris de l'enfant.
Pnenmoiile.
Nous rappellerons ici l'observation de fièvre typhoïde, transformée en pneumonie , terminée par la mort, et donnée à l'article Fièvre typhoïde.
202 DE LA BTNAMOSCOPIE.
Obs. — Guillot (Rosalie), âgée de 42 ans, blanchisseuse, est accouchée, le 27 janvier, à THôpital général , d'un enfant à terme bien portant. Dès le 1^ février, son mari a voulu la ramener chez lui. Elle va à la campagne, à deux lieues de Montpellier, s'exposant imprudemment à l'intempérie de l'air. C'était le quatrième accouchement heureux qu'elle avait eu. Depuis ce moment, les lochies se sont supprimées, et, peu de jours après, elle crachait du sang et était obligée de garder le lit à cause de la fièvre. Elle ne peut nous expliquer quels sont les remèdes qui ont été employés. La maladie a empiré, surtout à cause du manque de soins, et la malade se décide à entrer à l'hôpital le 22 février.
État actuel : La voiture qui l'a transportée l'a tellement secouée , qu'elle est d'une pâleur violacée et qu'on craint de la voir expirer d'un moment à l'autre. La langue est large, d'une couleur rouge-vineux. La malade a eu deux selles. Les fonctions digestives paraissent être à l'état normal. Elle respire difficilement ; elle est assise sur le lit, la tête inclinée en avant. La respiration est fréquente, pénible. L'auscultation à la base de la poitrine fait entendre, en avant et en arrière, ainsi qu'à la base des deux poumons, des râles sous-crépitants à grosses bulles. Les crachats viennent assez difficilement, ils sont sanguinolants ; leur couleur est noirâtre. La toux est pénible. Les membres inférieurs sont œdématiés et infiltrés , et présentent les caractères du phlegmasia aîba dolens.
Auscultation. — Main gauche : Bourdonnement roulant, fort ou faible^ et à ressauts, continu, inégal ; pétillement simple, bas, éteint.
Main droite : Le bourdonnement baisse, il devient obscur et masqué par le pétillement ; il se supprime.
Le 23 février, le calme de la nuit , le repos du lit causent à la malade un bien-être momentané. Elle n'a pas dormi ; elle est allée trois fois à la selle; elle est très-altérée et boit beaucoup. Son agitation recommence toutes les fois qu'il lui faut
DE LA BTNÂMOSCOPIË. 203
expectorer les mucosités qui la gênent pour respirer. Les crachats ont toujours la même teinte ; ils semblent moins noirs. . La face est bouffie , les traits altérés. Elle se plaint d'une dou* leur qui part des fausses-côtes et s'étend jusqu'au creux axillaire du côté gauche. Elle est assise sur le lit ; elle s'impatiente , et les questions qu'on lui fait la fatiguent. Elle ne répond pas.
Auscultation, — Main gauche : Bourdonnement obscur ou absent.
Main droite : Bourdonnement incertain, peu clair ; s'il parait, !1 est petit, tremblotant, profond, peu nourri; pétillement faible et assez fréquent, simple.
Prescription : Eau de goudron coupée avec du lait; bouillon crème de riz; potion avec: infusion de tilleul, 14-0 grammes; kermès, 5 centigrammes; sirop de Tolu, 15 grammes; eau de fleur d'oranger, 15 granmies ; une cuillerée d'heure en heure.
Le soir, la malade est continuellement assoupie ; elle est allée quatre fois à la selle. Les crachats présentent les mêmes caractères que le matin.
Le SiSp, la douleur qu'elle ressent au côté gauche l'empêche de respirer et de tousser , et lui fait souvent pousser des cris. Le toucher exaspère le mal : c'est une pleurodynie qui s'est surajoutée à la pneumonie , et qu'elle a contractée en venant à l'hôpital. Elle est assise sur son lit , parce que la position horizontale l'empêche de respirer ; elle urine beaucoup ; elle a eu deux selles. Les seins sont tuméfiés , ce qui s'explique parce qu'elle n'allaite plus son enfant. Les crachats sont mêlés de sang, assez nombreux. La toux est pénible , et l'auscultation fait entendre des raies muqueux à la base de la poitrine.
A w^cwWa^ton. —Bourdonnement petit, profond, continu; pétillement fréquent, petit, bas, simple.
Prescription : Confiture ; un peu de volaille avec un peu de pain. Eau dé goudron et potion comme ci-dessus.
Le 25, le pouls est petit, fréquent, 80 pulsations. La malade
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est tranquille. La douleur du cdté gauche a diminué , mais la respiration semble plus difficile. La langue est rouge. 11 s'est produit dans la bouche une éruption aphteuse. Les symptômes de la poitrine sont les mêmes. La tuméfaction des membres pelviens augmente, et la bouflSssure de la face n'est pas moindre.
Auscultation. — Bourdonnement roulant, à ressauts ; pétillement rare.
Même prescription.
Le 269 les crachats sont difficiles, mêlés de sang^ la respiration plus pénible. La malade est assise sur son lit et n'a pu dormir de la nuit. Elle est très agitée. Le point pleurodinyque a repris son caractère douloureux. Elle se plaint de ne pouvoir supporter un point douloureux qui réside au creux épigastrique. L'agitation est plus grande, la figure plus pâle et les traits plus altérés. Les membres inférieurs acquièrent un .volume énorme. Elle n'a eu qu'une selle. Le pouls est fréquent , petite dépresçible.
Auscultation. -^ Bourdonnement petit, clair, tremblotant, quelquefois roulant, il baisse et est toujours tremblotant ; pétillement rare.
Le soir , elle semble aller plus mal ; le pouls est plus fréquent, 110 pulsations, irrégulier. Elle est allée deux fois à la selle.
Prescription : Eau de goudron; deux vésîcatoîres au bras ; potion au kermès. ^
Le 27, il a fallu la changer de salle, à cause de nombreux malades arrivés de Crimée. Le transport a produit un trouble nouveau à son état déjà si menaçant. L'anxiété est grande. La malade ne peut pas se coucher sur le dos, et la douleur de côté l'empêche de dormir et de tousser. Ses crachats sont plus nombreux, ils sont moins unis et toujours mêlés de sang. Le pouls est petit, irrégulier, très-variable, 70 pulsations. C'est avec la peine la plus grande qu'elle arrive à pouvoir expectorer. Elle est allée plusieurs fois à la selle.
Auscultation. — Bourdonnement le plus souvent nul , quel-
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quefois roulant, petit; il baisse et parait clair, peu nourri, tremblotant ; pétillement nul ou petit, simple, éteint.
Prescription : Volaille, poisson, confiture. Eau de goudron coupée avec du lait; julep, 5 centigranunes; kermès.
Le 28, la face est bouleversée. Quand la malade n'est pas endormie ou assoupie , ce sont des plaintes continuelles. Les crachats ont diminué en nombre, mais non en mauvais carac^ tère. L'œdème gagne de plus en plus et devient général. Le ventre contient de la sérosité. Les membres inférieurs n'ont
pas diminué de volume. Le pouls est très-irrégulier ; les voies digestives ne sont pas altérées. Les sensations sont plus obtuses que la veille, et l'assoupissement plus grand.
Auscultation. — Bourdonnement se ralentissant , petit , se supprimant; il est éteint; pétillement nul.
Le 29, la malade meurt à sept heures moins un quart.
Résultats de la dynamoscopie. — Malade accouchée le 27 janvier. Auscultation le 22 février : Main gauche , bourdonnement roulant^ fort, faible, à ressauts, continu, inégal; pétillement simple, bas, éteint. Main droite, bourdonnement baissant, obscur et masqué par le pétillement; il se supprime. Le 33, bourdonnement obscur ou absent à la main gauche. Main droite, bourdonnement incertain , peu clair , petit , tremblotant , profond, peu nourri; pétillement faible et assez fréquent, simple. Le 24 , bourdonnement petit , continu ; pétillement fréquent , petit, bas, simple. Le 25, bourdonnement roulant, à ressauts; pétillement rare. Le 26» bourdonnement petit, clair, tremblo^ tant, roulant ; il baisse ; pétillement rare. Le 27, bourdonnement nul, roulant, petit, baisse, parait clair, peu nourri, tremblotant; pétillement nul, petit, simple, éteint. Le 28, le bourdonnement se ralentit , petit , se supprime, éteint; pétillement nul. Le 29, mort.
206 D£ Lk DTNAMOSGOPIE.
Bronehllc.
La bronchite , au point de vue du bourdonnement et du pétillement, n'offre rien de particulier. Il est possible que, dans cette maladie , le bourdonnement ne soit pas altéré ou qu'il ne présente que les caractères qu'on lui trouve dans le^ simples états fébriles. La bronchite, du reste, à moins qu'elle ne, se complique d'un autre état pathologiqne, est en général peu grave.
Pl€iiré(iie.
11 ne m'est arrivé qu'une fois, sur les nombreux cas de pleurésie que j'ai eu à traiter , d'assister aux derniers moments du malade, et alors, le bourdonnement à l'extrémité des doigts a suivi les lois qu'on remarque dans les maladies mortelles : il devient intermittent , n'est pas entendu ou est d'une faiblesse telle, qu'il rappelle celui qu'on observe aprèsla mort à la région du cœur. En général, dans la pleurésie, le bourdonnement s'altère très-peu.
Pépicapdite.
Obs. — Ramboud , âgé de 25 ans, est malade depuis trois mois. Il a eu les fièvres intermittentes, le scorbut. Il est resté dix jours à Constantînople, et a déliré tout le temps. II a fait une bonne traversée. U est arrivé le 10 avril à Montpellier, Les jambes et les cuisses sont un peu gonflées. Il y a de la sérosité dans l'abdomen; la poitrine en renferme aussi, et il y a matité dans la région précordiale ; les bruits du cœur sont profonds, tumultueux, sourds. La respiration est très -difficile ; la langue
DE LA DTNAMOSCÛPIE. 207
n*est pas chargée. U y a beaucoup de raies crépitants et bouscrépitauts dans toute l'étendue et à la base de la poitrine; res* piration également nulle à la partie postérieure.
Auscultation. — Bourdonnement sourd , roulant , tremblotant, à ressauts difficiles.
Le soir, respiration difficile, fréquente, 35. U est endormi, assoupi. U a vomi beauboup dans la matinée, parce qu'on l'a transporté du rez-de-chaussée au premier étage. Le pouls a un temps de silence long, et les deux temps du bruit du cœur sont rapprochés. Aussi y a-t-il deux pulsations rapprochées, et un temps de silence assez long.
Auscultation, — Quelques essais de bourdonnement, roulant, rare; il baisse, il reste presque toujours absent.
Le 12, respiration toujours difficile , pénible, fréquente. La face n'est pas aussi violacée que les autres jours. Le malade n'a pas eu de diarrhée; il n'a pas sué. Il y a de la matité à la région précordiale. A FauscuUation, on trouve, à la partie antérieure, du râle sous-crépitant àTinspiration. Ces râles sont secs. Pouls petit, fréquent.
Auscultation. — Quelques essais de bourdonnement; il tend à se supprimer. Ce sont des fusées.
Le 13, le malade meurt à sept heures moins un quart du matin.
Auscultation à neuf heures et demie à la région précordiale, sur le rebord des fausses-côtes. — ^Bourdonnement distinct, petit, rare, peu nourri, continu, faible. Il est plus distinct à la partie inférieure du sternum. Sur le reste de la poitrine, il est très peu distinct. On Fentend sur la cuisse et aux jambes, non aux pieds, n est entendu au cou, et non à la tête.
. A onze heures , bourdonnement distinct à la région précordiale ; il est entendu par M* Cbamerot, élève externe très^dis-*